Leon       Lettre à Mireille        Mains jointes

et à toutes mes amies, à tous mes amis de par le monde.

 

Jeudi 18 janvier 2018

 

Mireille,

 

C'est un des sujets du journal télévisé du soir qui a retenu récemment mon attention. Le sujet : une nouvelle mode, qui consiste à se lever très tôt. On nous expliquait que c'est devenu une mode, dans la bonne société, que de se lever très tôt Plus précisément vers 4 ou 5 heures du matin.

Je n'ai pas très bien compris quel était l'avantage d'une telle habitude. En tout cas, c'est contraire à mes manières de penser et d'agir : j'ai toujours eu du mal à me lever tôt. Aujourd'hui encore, alors qu'il faut que je sois debout pour accueillir les personnes qui viennent quotidiennement m'assister pour les premiers soins dont j'ai besoin depuis mon retour de l'hôpital, vers 7h30 ou 8 heures.

Pensez donc : au petit séminaire, nous nous levions chaque matin à 5h30. J'estimais alors – et je le pense aujourd'hui encore – que c'était une forme de sadisme de la part des autorités qui avaient concocté ce règlement. Aussi, lorsque je parvins à l'âge de la retraite, je décidai de récupérer toutes ces heures de sommeil qui m'avaient si longtemps fait défaut et de me lever lorsque j'en aurais envie. Ce qui n'est pas toujours possible, bien sûr. Mais souvent je me répète les paroles du psaume qui déclare « Vanum est vobis ante lucem surgere », ce qui signifie qu«il est parfaitement inutile de se lever avant la lumière du jour ».

Lorsque j'étais jeune vicaire, mon curé était de cette sorte d'hommes qui ont du mal à se lever tôt. Il n'arrivait jamais à arriver à l'heure pour célébrer la messe matinale quotidienne. Ce qui le rendait de mauvaise humeur pour le début de chaque journée. Aussi, il était bon et salutaire de ne pas chercher sa compagnie lors du petit déjeuner. J'ajoute que, le reste de la journée, notre curé était d'excellente humeur et homme de bonne compagnie.

Bref, je ne vois toujours pas – sauf cas de nécessité absolue – l'interêt qu'il y a d'un lever trop matinal. Certes, je connais le proverbe qui dit que « l'avenir est à ceux qui se lèvent tôt ». Mais je ne crois pas que c'est universellement vrai. Personnellement, je ne fais pas dépendre mon avenir de l'heure de mon lever. Et vous ?      

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Dimanche 14 janvier 2018

 

Mireille,

Lundi dernier, je suis retourné à l'hôpital dans lequel j'ai passé plusieurs mois l'été dernier. Le chirurgien qui m'avait opéré alors tenait à vérifier la qualité de son travail Ce qui est bien légitime de sa part et manifeste une réelle conscience professionnelle. Celui qui m'avait opéré une première fois et dont l'intervention s'était révélée catastrophique n'aurait certes pas pu en faire autant.

 

Mes séjours d'été en trois établissements successifs ne m'ont pas laissé que d'heureux souvenirs, si bien que j'appréhendais de retourner une fois encore à l'hôpital central, même s'il ne s'agissait que d'une simple visite de contrôle. Je craignais même – certes à tort – qu'on ne trouve en cet examen un prétexte pour me garder de nouveau pour une raison imaginaire.

 

Il n'en fut rien, bien au contraire. J'ai même apprécié la qualité des services qui m'ont accueilli, et, toujours avec le sourire, m'ont dirigé successivement, de couloirs en couloirs de ce vaste labyrinthe, sans aucune vaine attente, jusqu'au bureau de mon chirurgien. Et quand sa porte s'ouvrit, c'est lui-même qui m'accueillit, accompagné de sa secrétaire. Voilà que je n'étais plus un numéro, ni même un objet, fût-ce un objet de soins, mais une personne. Certes, lors de mon hospitalisation, nous avions eu quelques échanges rapides, toujours, de sa part, d'ordre professionnel, mais lundi dernier, le professionnel cédait la place à un homme, tout simplement. Il a regardé l'état du pied qu'il avait opéré six mois plus tôt, s'est montré satisfait du résultat, puis m'a confié qu'au moment où il avait fait cette opération, qui en fait était la réparation d'une opération précédente, il avait éprouvé une certaine crainte tant le travail s'avérait délicat. Alors, nous avons pu échanger, en toute simplicité, lui, le chirurgien originaire de Syrie, et moi le prêtre qui s'efforce toujours d'être « catholique » c'est-à-dire « universel », au sens étymologique du terme.

 

J'aurais bien voulu que notre rencontre dure plus longtemps, mais il fallait penser à ceux qui attendent, n'est-ce pas ? Dans les longs couloirs qui mènent à la sortie, je me suis pris à me chanter une vieille chanson de ma jeunesse – c'est un texte de Paul Fort :

 

« Si tous les gars du monde / Décidaient d'être copains /:
Et partageaient un beau matin / Leurs espoirs et leurs chagrins...
Si tous les gars du monde / Devenaient de bons copains /
Le bonheur serait pour demain. »

 

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Dimanche 7 janvier 2018*

 

Mireille,

 

Avant-hier, j'avais le plaisir de recevoir trois de mes amis. Ils sont, parmi mes anciens paroissiens, de ceux qui me sont particulièrement proches. Nous avons vécu ensemble tant d'années, avec nos joies, nos entreprises, nos soucis et nos divers jours de bonheur. Or, au cours de notre conversation qui ne manquait pas de sujets variés, j'ai eu la surprise de les entendre me demander quand j'avais l 'intention de reprendre la gestion de notre site Murmure. Surprise pour moi ; Et grannd étonnement de leur part lorsque je leur annonçai que la publication de Murmure aavait repris depuis trois semaines. Eux, ils ne le savaient pas. Ils continuaient à chercher désespérément, soit la Lettre à Mireille, soit une homélie pour le dimanche suivant, soit l'une ou l'autre des rubriques rédigées par les membres de l'équipe. Et chaque fois, Google les renvoyait à des pages d'autrefois ; mais jamais au « nouveau Murmure ». Il a fallu que je leur raconte mes ennuis, mes recherches, toutes les démarches qui étaient restées infructueuses, jusqu'à ce que récemment survienne Nicolas, qui nous a créé un nouveau site, Grace à lui, nous avons pu conserver l'appellation : « murmure-est-la.eu » ainsi que la page contenant toutes archives de notre ancien site. Finies donc les anciennes « pagesperso » du serveur Orange. On se demande maintenant comment les faire disrparaître des divers moteurs de recherche..

Mais cela ne suffit pas. Et sans doute, vous aussi ainsi que tous les amis lecteurs fidèles, vous pouvez contribuer à la notoriété du nouveau murmure-est-la.eu : particulièrement en en parlant autour de vous. Ou par d'autres moyens de communication tout aussi efficaces. Pour le moment , la diffusion de ces pages est assez importante : plus de 1 000 lecteurs pour la pemière quinzaine, selon les chiffres du compteur. Mais que ne ferions-nous pas pour parvenir à une diffusion efficace de la Parole de Dieu ?

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Lundi 1er janvier 2018

 

Mireille,

 

En ce premier matin de l'an nouveau, je tiens à vous souhaiter une BONNE ANNEE .

Mais...

Je me demande dans quelle mesure nous sommes vraiment sincères lorsque nous souhaitons une Bonne Année à toutes les personnes que nous rencontrons ou avec qui nous aurons la chance de pouoir communiquer par tous les moyens de communication aujourd'hui à notre disposition. Il en est ainsi de tous les rites de notre vie en société : ils relèvent souvent d'un pur formalisme ou d'un reste de politesse héritée d'autrefois.

 

Souhaiter une bonne année à quelqu'un, c'est envisager avec confiance et bienveillance l'avenir qui sera le sien. C'est facile et cela ne nous engage pas beaucoup.Mais surtout, il faut préalablement, pour être sincères, nous demander comment nous enisageons notre propre avenir : bel et bon ? Ou farci de désagréables événements. Si je me pose la question c'est parce que je rencontre de plus en plus de gens qui, loin d'envisager leur avenir avec confiance, sont tournés avec nostalgie vers leur passé. Est-ce peur d'un avenir incertain ou regret d'un passé et de tout ce qu'il nous a apporté de petits bonheurs ou de grandes joies ? Comme si on vivait encore dans le regret du « bon vieux temps ». Je rencontrais récemment une de mes vieilles connaissances ; nous nous connaissons depuis une cinquantaine d'années.A mes yeux, il a bien réussi dans la vie professionnelle aussi bien que familiale. Or toute sa réflexion était d'un incroyable pessimisme. A ses yeux, rien n'est valable dans notre monde actuel, et même pas les remarquables découvertes qui, journellement, nous facilitent l'existence. Par contre, je me souviens avec bonheur de grands malades rencontrés à l'hopital, qui envisageaient leur avenir avec confiance, et dont l'allure réflétait cette confiance. A ceux-là on pouvait souhaiter une « Bonne Année » avec sincérité.

 

A chacun et à chacune d'entre vous, amis qui me lirez en ce premier jour de l'an, je souhaite donc que vous puissiez accepter avec plaisir mes vœux de Bonne Année. Pas seulement ce matin, mais tous les jours et tous les mois que nous aurons à vivre sur notre vieille terre. Avec un large sourire.

 

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30 decembre 2017

Mireille,

Depuis longtemps j'attendais ce jour pour le fêter. Et particulièrement tout au long de ces quatre mois d'hopital que je viens de vivre. C'esr alors que j'y pensais particulièrement, me demandant si j'atteindrais cette fin d'année suffisamment rétabli pour reprendre le service de notre site MURMURE.

Les soucis n'ont pas manqué, et particulièreent depuis mon retour à la maison, quand j'ai constaté que le serveur Orange de cette « page-perso » ne répondait plus et que les techniciens les plus compétents de ce serveur n'y pouvaient rien. Ce qui nous a obligés à créer un nouveau site, avec heureusement le même titre : murmure-est-la.eu. J'espère que la plupart d'entre vous, fidèles amis de Murmure, ont pu retrouver son chemin. Le compteur installé en fait foi. Et chacun de vous se chargera bien, j'en suis persuadé, d'en faire la publicité

Mais, au fait qu'avons-nous à fêter en ce 30 décembre 2017 ? Tout simplement l'anniversaire de Murmure. Notre site a vingt ans aujourd'hui. Cela mérite de se fêter. Il y a 20 ans, en effet, rares étaient les sites Internet. Nous en étions à la préhistoire de l'informatique. Il n'y avait que trois ans qu'avait été créée la FAI (le fournisseur d'accès à Internet) A l 'époque je me demandais comment j'allais occuper mes années de retraite à partir de 2001. C'est la constante fréquentation de mes jeunes paroissiens qui m'a poussé à envisager d'utiliser ce nouveau moyen de communication pour continuer à être prêtre, chargé de transmettre la Parole de Dieu par des moyen nouveaux.

 C'est Christophe qui se chargea de la réalisation du projet. Il était alots étudiant à l'ENST (Ecole supérieure des telecommunications, aujourd'hui Télécom ParisTech) A ma demande, il nous consacra une de ses rares journées de vacances, quelques jours après Noël. Ce fut une longue journée de travail, plus précisément de création, interrompue uniquement par un rapide repas à midi. Et voilà que vers 18 heures, Murmure était né ! Très rapidement il connut la notoriété. Si vous saviez le nombre de personnes au monde qui sont devenus mes correspondants, puis bientôt mes amis. L'un des premiers était missionnaire au Japon ; et un autre, enseignant en retraite à Izmir, en Turquie. Grâce à ce site Internet, ils ont donné sens et valeur à ma vie de prêtre retraité. C'est pourquoi, comme vous, j'aurais été très malheureux de le voir disparaître. Grâce aux compétences de Nicolas, l'aventure reprend, sous un nouveau format, avec la même équipe : Catherine, Gérard, Gilles et Kristo, et avec votre fidèle soutien. En cette journée du vingtième anniversaire de MURMURE, je tenais à partager avec vous toutes et tous mon propre bonheur. Merci pour tout. Pour, encore, je l'espère, de nombreuses années de bonheur à partager.

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25 décembre 2017

Mireille,

Fidèle à la tradition, j'ai plaisir à vous souhaiter, comme chaque année, un JOYEUX NOEL  Tradition oblige, certes, mais en évitant toute convenance purement formaliste. Comment donc mettre tout mon cœur dans cette fomule ? Que faire pour qu'en ce Noël vous soyez dans la Joie ?

Le sens des mots que l'on utilise couramment varie avec les époques. Sous le mot Joie par exemple on met des réalités diverses. Je me souviens d'une controverse passionnée qui m'avait opposé à un groupe de jeunes, un soir, au cours d'une réunion. Il y était question de joie et de bonheur. J'en était à expliquer qu'un homme pouvait posséder une joie profonde, même s'il connaissait le malheur. Ma réflexion avait choqué mes interlocuteurs. Pour eux, la joie était un sentiment passager et superficiel, contrairement au bonheur qui seul était un état permanent et profond. Exactement le contraire de ce que je pensais, et que je pense toujours, notamment lorsque j'en viens à prier « Jésus, que ma joie demeure ». Et vous, qu'en pensez-vous ?

Bien sûr, tout dépend de ce que l'on ressent en utilisant telle ou telle expression. C'est ce que j'ai éprouvé la semaine dernière, au cours d'une conversation amicale avec un ancien paroissien. Il avait assisté à la messe du 3e dimanche de l'Avent au cours de laquelle revient comme un slogan cette invitation « Soyez dans la joie ». Ce qui l'avait choqué. « C'est tellement facile d'employer de telles expressions, me disait-il. Mais la joie à laquelle on nous invite peut n'être qu'une évasion. Et comment peut-on se montrer joyeux dans ce monde d'aujourd'hui qui connaît tant de malheurs, de drames et de situtions désastreuses » ? J'ai essayé de lui expliquer que ni le bonheur ni le malheur ne dépendent jamais de nous : ils nous arrivent souvent par hasard. Par contre, la joie est un état d'esprit que nous pouvons sans cesse cultiver en nous.

C'est pourquoi, ce matin, je vous souhaite de pouvoir cultiver votre joie intérieure pour qu'elle demeure et grandisse en vous, en toutes circonstances.

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Dimanche 17 décembre 2017
 
Mireille,
 
« La vieille dame ne voulait pas mourir, qui toujours apprenait ».
De qui est cette réflexion ? Je l'ignore. En tout cas, depuis que je l'ai découverte – il y a bien longtemps – je me la répète comme une sorte de devise. Comme une résolution personnelle. Je ne peux pas vivre sur mes acquis ; je ne peux surtout pas me replier sur mon passé. Ni sur ce que j'ai appris, ni sur ce dont je me souviens. Je tiens à vivre aujourd'hui avec « l'aujourd'hui » : ce qui est recherche, découverte, ouverture au present et au futur. Je n'en suis pas à faire mien le slogan « Du passé faisons table rase » clamé par l'Internationale, certes. Mon passé m'est utile et me nourrit. Mais de plus en plus je me tourne avec intérêt vers mon futur. J'ai tellement à apprendre !
Je m'en rends particulièrement compte grâce à la fréquentation des plus jeunes. C'est fou ce qu'ils m'apprennent. Ce matin encore, c'était la jeune personne qui m'assiste du lever au petit déjeuner, chaque matin de ma « convalescence » pour mes besoins élémentaires, car je suis encore très dépendant A ma demande, sur mon imprimante dont je ne maitrise pas l'usage et en moins de deux minutes, elle a photocopié un document qui m'était nécessaire.
Il en fut de même pour la réalisation de cette nouvelle version de notre site Murmure. L'ancienne version ne fonctionnait plus. Pendant plus d'un mois, j'ai cherché ; j'ai tout essayé, j'ai peiné, j'ai fait appel à plus compétent que moi ; j'ai reconnu ma nullité en la matière... jusqu'à cette rencontre avec un jeune Nicolas qui, en quelques heures, nous a confectionné le nouveau Murmure, plus élégant et moins austère que son prédécesseur. Et voilà le vieux Paillot « qui toujours apprenait », qui se remet lentement à l'apprentissage d'un nouveau moyen de comunication avec chacun et chacune d'entre vous.
Je crois que c'est cela qui m'a le plus aidé à surmonter ces cinq mois – dont quatre mois d'hospitalisation - que je viens de vivre : la perspective pleine d'esperance de mon avenir. Oui : je parle bien d'espérance, car mon avenir est entre les mains d'un Dieu « Jeune ensemble qu'Eternel » tel que le décrivait le poète Charles Péguy.
 
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Jeudi 14 décembre 2017,
 

Bonjour, amies et amis de cette Lettre a Mireille dont la parution vient d'être interrompue depuis quatre mois. La cause ? Un accident dont j'ai été victime le 9 juillet avec rupture des malléoles du pied droit. J'ai été immédiatement opéré à l'hopital du Nord-Franche Comté de Trévenans. Survinrent des complications, une infection, et le mois suivant une nouvelle opération, reussie celle-la. Mais interdiction de poser le pied par terre pendant six semaines. Début de rééducation en octobre... jusqu'à mon retour à la maison le 10 novembre dernier. La rééducation ne fait que commencer. Je me déplace grâce a un déambulateur dans une piece de la maison réanimagée pour répondre à mes besoins élémentaires. Deux aides-soignantes par jour, matin et soir, et l'aide constante de la famille, soeur, bellle-soeur et frère, nièces et neveux. Heureux, tellement heureux d'avoir pu réintégrer mon chez-moi !

 

Certes - vous le devinez - ce n'est pas la grande forme. Je me sens fatigué, j'ai maigri... Tout cela est passager, du moins je l'espère. Je pense à vous. Beaucoup m'ont écrit, se sont inquiétés. Je n'ai pas eu toujours le courage de leur répondre ; je les prie de m'en excuser : la fatigue était la plus forte, et je n'avais pas d'ordinateur à ma disposition ; seulement une tablelle.

 

Et puis - comble des soucis - il nous a été impossible de reprendre la parution de Murmure. Depuis plus d'un mois, j'ai tout essayé. Notre serveur Orange nous a conseillés. Ses techniciens se sont même révélés impuissants. J'en suis réduit à relancer nos envois sur un nouveau site.

 

J'espère retrouver l'énergie nécessaire pour reprendre la tâche entreprise il y aura vingt ans a la fin du mois. Avec la collaboration efficace de Catherine, de Gérard, de Kristo et de Gilles, C'est possible.

 

Et encore merci pour tous vos gestes d'amitié.

 

Léon Paillot

Vous êtes le 1957ème visiteur