Les étonnements de Catherine

Mardi 7 juillet 2020

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Cette semaine, les annonces de la faculté de théologie de Strasbourg sont meilleures (elles n’effacent pas pour autant les précédentes…). Les résultats des examens ont été publiés. Je suis licenciée en théologie protestante, avec, c’est la cerise sur le gâteau (et une très bonne surprise) la mention bien. Ce qui me ravit aussi, c’est que toute la bande d’amis, jeunes étudiants en premier cycle ou anciens en reprise d’étude, en particulier tous ceux qui faisaient partie du voyage en Israël ont réussi. Le « feuilleton » de mes études à distance est donc achevé. Certains me demandent « qu’est-ce que tu vas faire avec ta licence ? ». La réponse est simple : rien. Car je vais déjà prendre le temps de digérer tout ce que j’ai vu et entendu. Je vais pouvoir enfin lire ce que j’ai entrevu mais n’ai pu approfondir ou relire ce qui a été parcouru trop vite pour enfin le savourer.

Une seconde bonne nouvelle hier a été la publication d’un message sur les réseaux sociaux par mon ami Timothée qui venait de faire sa première liturgie en tant que suffragant (ou apprenti pasteur remplaçant). Il partageait sa joie d’avoir trouvé sa voie. J’étais très heureuse de le savoir heureux. C’est une évidence pour moi que Timothée sera un très bon pasteur car il est la bonté incarnée. Il prend soin de ses proches, anime les rencontres avec beaucoup de naturel et de talent et du coup attire les personnes à lui.

Mais hier, m’a été annoncée encore une bien meilleure nouvelle, aux yeux de la maman que je suis. Mon garçon est embauché au premier septembre prochain dans une grande cave du Beaujolais, à un poste intéressant, celui de « maître de chai », après un long processus de recrutement fait d’une succession d’entretiens. Lui aussi est ravi et semble avoir trouvé sa voie. Cet emploi décroché en pleine crise économique et période de chômage de masse est une grâce. « Maître de chai » est la dénomination traditionnelle du poste (qui figurait sur l’annonce). Le nom moderne (et moins poétique) est « responsable de cuverie ». Le travail consiste à élever le vin,  superviser l’embouteillage, veiller à la qualité, créer de nouveaux assemblages en fonction des souhaits des clients, animer des dégustations, accueillir la clientèle étrangère….

Le fruit de la vigne donne un emploi durable à mon garçon. Alléluia !

Je crois que je vais pouvoir souffler et passer un bel été.

Je vous en souhaite tout autant.

A bientôt.

Amicalement comme  toujours.

Catherine

 

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Dimanche 28 juin 2020

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Décidément, rien ne se passe comme je l’avais imaginé.

J’aurais dû passer une semaine d’examens en mai dernier à Strasbourg, soutenue par mes amis de promotion, jeunes et vieux (comme nous appellent les étudiants) et je me suis retrouvée seule cloitrée dans ma chambre-bureau (en lieu et place d’une bibliothèque universitaire) pour faire mes révisions. J’avais imaginé un temps de fête dans une taverne alsacienne pour célébrer la fin du cycle d’étude, et j’ai dû me contenter d’un apéritif confiné sur la terrasse de mon jardin (le petit paradis dont je vous ai déjà parlé).

Depuis une semaine maintenant, je scrute ma boite mail, guettant l’arrivée d’un message du doyen de la faculté annonçant la publication des résultats et je l’espère une bonne nouvelle pour moi. Un mail m’est bien parvenu, mais avec une toute autre annonce, sidérante :

« Jan Joosten, professeur à la Faculté de Théologie Protestante de l’Université de Strasbourg et à Oxford (Faculty of Oriental Studies et Christ Church), a été condamné le jeudi 18 juin 2020 par le tribunal de Saverne pour détention d’images pédopornographiques. Il a été condamné notamment à une année de prison ferme (avec aménagement de peine), à un suivi psychiatrique et à une inscription sur le fichier des délinquants sexuels.

La justice a fait son indispensable travail. La Faculté pense à ses étudiants, anciens étudiants, collègues et amis sidérés par la gravité des faits commis. L’Université de Strasbourg a pris une mesure conservatoire visant à suspendre l’ensemble de ses enseignements. »

A ce niveau, on ne parle plus « d’étonnement », mais de consternation, de sidération, auxquels s’ajoutent du dégoût, un vague sentiment de honte, beaucoup de tristesse…

La condamnation est lourde car les téléchargements étaient massifs, et le contenu des vidéos particulièrement déviant puisqu’il s’agissait parfois de viols d’enfants. C’est d’ailleurs à ces enfants (souvent d’origine asiatique ou d’Europe de l’Est) martyrisés pour alimenter les fantasmes de messieurs (ou de dames) en mal de plaisir sexuel, que je pense en premier.

Ce Jan Joosten a été mon professeur d’Ancien Testament en première année. L’année suivante,  il est allé rejoindre l’université d’Oxford pour occuper la prestigieuse chaire d’hébreu biblique. Dieu merci, j’ai eu d’autres professeurs d’Ancien Testament par la suite qui m’ont d’ailleurs beaucoup plus marquée que ce monsieur. Je pense en particulier à ce tout jeune professeur orthodoxe, à l’accent roumain délicieux qui m’a permis de comprendre le redoutable livre des Juges (où les histoires sont plus sordides les unes que les autres et où la pédopornographie aurait pu trouver sa place si elle avait eu cours).

Mais ce qui me trouble le plus, c’est de penser que ce monsieur a été aussi pasteur. Et là, je ne peux pas ne pas me demander s’il n’est pas un jour passé à l’acte avec des enfants qu’il a pu côtoyer, au catéchisme par exemple. Comme un pasteur de l’Eglise réformée d’Alsace-Lorraine l’a fait pendant des années dans la région de Metz en toute impunité….

Voilà, j’ai hésité longtemps à partager cette nouvelle sur  Murmure. Mais je crois qu’il faut que le vérité soit connue du plus grand nombre. Car elle est un des meilleurs outils pour combattre le mal.

Amicalement comme toujours.

Catherine

 

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Samedi 13 juin 2020

Amis de Murmure, bonjour à tous.

La campagne toute entière est en fête (Ps 95,12) et en particulier mon jardin.

Mon jardin est un véritable petit paradis en ces derniers jours du printemps. Il faut dire qu’il a bénéficié de l’attention et des soins prodigués par tous les membres de la famille confinée pendant de longues semaines et aujourd’hui il est comme régénéré.

Pour le plaisir du nez, il y a le seringat (ou jasmin du poète), le chèvrefeuille et le tilleul qui embaument.

Pour celui des oreilles, il y a les roucoulements matinaux du couple de tourterelles, et les sifflements de la troupe de rouges-queux qui prend mon chalet pour son HLM. Sans parler du bourdonnement des abeilles du pyracantha transformé en véritable ruche…et des jacassements des pies qui repoussent le corbeau venu attaquer leur nid !

Pour le plaisir de la vue, il y a les rosiers, les géraniums et les phlox qui rivalisent de couleurs.

Pour le goût, il y a les cerises, venues en abondance cette année. Les bigarreaux croquantes, les burlats exquises, les cœurs de pigeons, même les cerises aigres sont savoureuses, presque sucrées, et font de délicieuses tartes que tout le monde adore… Dans le sous-bois au fond du jardin, il y a des fraises sauvages à l’arôme puissant, que l’on peut déguster sans craindre d’attraper la redoutable échinococcose, et des mûres (de mûrier noir).

Le toucher n’est pas en reste avec le feuillage des cosmos tout doux à caresser entre les doigts….

Il faut dire que j’ai enfin le loisir de savourer tous ces plaisirs. Depuis mercredi midi, je suis libérée de mes études de théologie. Enfin, après 6 ans d’effort non stop. En fait, je n’ai pas vu le temps passer et je ne regrette pas de m’être lancée dans ce projet que je suis très heureuse d’avoir mené au bout.

Reste à attendre les résultats qui seront publiés à la fin du mois. Mais j’ai confiance, je serai licenciée en théologie. Et j’en suis très fière. Ces études m’ont régénéré l’esprit.

Donc je suis aujourd’hui comme mon jardin, repartie pour une nouvelle tranche de vie.

« Si Dieu le veut ». Oui, je sais,  Dieu n’écourte pas ou n’allonge pas la vie des uns ou des autres selon son désir, il ne veut la mort de personne (c’est dit dans la Bible) mais je me formule les choses ainsi. Comme le faisaient mes vieilles tantes mennonites qui ont vécu jusqu’à 99 ans !

Elles s’en remettaient complétement à Dieu. Ça leur a plutôt réussi…

Et vous, vous vous en remettez à qui ou à quoi ?

Amicalement comme toujours.

Catherine

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 Lundi 25 mai 2020

Amis de Murmure, bonjour à tous.

J’espère que vous avez fait une belle Ascension jeudi dernier…

Pour ma part, j’ai béni Saint Valbert d’être venu se confiner un jour de l’an 620 dans une grotte entre Fougerolles et Luxeuil-les-Bains. C’est dans son ermitage, plutôt bien conservé, que j’ai pu retrouver mes petites filles que je n’avais pas vues depuis Noël dernier en raison des mesures sanitaires. L’ermitage se trouve respectivement à 95 km de mon domicile et 98 km de chez elles. Ainsi, sans enfreindre la loi, nous nous sommes retrouvés le temps d’un pique-nique juste à côté de la grotte de Valbert. Les petites ont pu courir dans les allées cailloutées de ce qui fut autrefois un jardin (à la française),  boire l’eau fraîche de la source et barboter dans l’eau de la fontaine située dans une grotte (qui fait un peu peur aux petits enfants).

Valbert était un jeune seigneur originaire de la terre de Nant près de Meaux dans la Brie, et possédait de nombreux biens. Il avait reçu une formation guerrière. Mais un jour il s’est dépouillé de tout, et est venu frappé à la porte du monastère de Luxeuil, non pas pour y entrer mais pour expliquer au supérieur, l’Abbé Eustaise, qu’il voulait se rendre « au désert », c’est-à-dire dans une grotte taillée à même le grès, située non loin de l’abbaye, en pleine forêt.

Il a vécu ainsi en ermite dans sa grotte pendant quelques années, ce qui semblait être sa vocation. Jusqu’au décès de l’abbé Eustaise, où là, nouveau retournement de situation,  il fut appelé à prendre la tête du monastère où il poursuivit l'œuvre entreprise par son fondateur Saint Colomban. Il introduisit  la règle de Saint Benoît et suscita un développement considérable puisque plus de trente fondations naquirent à son initiative, dont Hautvillers où fut inventé le vin de champagne, et lorsqu'il mourut le 2 mai 670, l'abbaye de Luxeuil était une grande métropole monastique (comme il en existait beaucoup au Moyen-Âge) de rayonnement européen.

Puis l'ermitage devint  un lieu de pèlerinage où, selon le témoignage d’un certain Adson, au Xème Siècle, on se rendait par milliers. En ce qui me concerne, je n’ai croisé que quelques rares personnes qui venaient promener leur chien ou chercher de l’eau à la source dans de gros bidons. Une ambiance en définitive plus fidèle au choix de vie de Valbert, et qui m’a bien convenu en ces temps d’épidémie….à mes petites filles aussi qui ont bien joué avec simplement de l’eau et des cailloux à l’ombre de beaux et grands arbres.

Un vrai coin de paradis l’ermitage de Saint Valbert…

Amicalement comme toujours.

Catherine

 

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Jeudi 14 mai 2020

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Je vous espère tous en bonne santé, comme à chaque fois que je vous écris ou pense à vous.

Car je ne vous oublie pas même si ma page reste vide. Surtout en ce moment où les examens s’enchaînent. Mais ça y est, j’en ai fini avec les « grands oraux », ces épreuves redoutables dont je vous ai déjà parlé. Un grand oral, c’est un feu roulant de questions de culture générale à partir d’un programmes de lecture , mené par trois professeurs pendant 30 minutes. « Feu roulant », c’est l’expression des enseignants, moi j’appelle cette épreuve « Question pour un champion »…

Enfin ça y est, la théologie naturelle, pratique, révélée, c’est plié. L’éthique, la musicologie, la sociologie et la philosophie, idem. Mais j’y reviendrai vite à tout ça, c’est certain.

En raison du confinement, tous les examens ont eu lieu à distance en Visio. Pas de séjour à Strasbourg donc. Plus que la cité, c’est les copains, les temps de convivialité au R.U ou à la terrasse d’un café  qui m’ont manqué ainsi que le soutien des amis étudiants pendant les heures de révisions à la bibliothèque.

J’ai cru tout oublié de la théologie en reprenant mon travail (à distance lui aussi). Et là surprise, j’ai découvert la dernière lettre de mon grand patron (il est le patron de la plus grande entreprise publique et donc laïque du pays). Il me remerciait avec mes milliers de collègues d’avoir assurer ce qu’il est devenu commun d’appeler « la continuité de service » pendant le confinement. Jusque là rien d’extraordinaire. Sauf que tout à coup sont apparus les termes inattendus de FOI et d’ESPERANCE. Il ne manquait plus que la charité, et on retrouvait les trois vertus théologales dont j’avais  parlé pendant mon grand oral !

J’ai cru un instant que je m’étais trompé de boites mail. Il faut croire que l’heure est grave car ce vocabulaire est totalement inhabituel. L’auteur de la lettre m’annonce, sans véritablement les nommer, des changements certains dans un avenir proche. Mais foi et espérance sont là pour me donner du courage me dit-il ! En prévision de quoi ? A moi de l’imaginer…

Mon patron termine sa lettre en évoquant  le dévouement et l’engagement dont je dois être capable envers les usagers du service public. Elle est là la charité non ? Et pour ceux qui connaissent Ricoeur, ils reconnaîtront ce que le philosophe désigne sous le nom de Socius…

« Maintenant donc ces trois-là demeurent, la foi, l’espérance et l’amour, mais l’amour est le plus grand » rappelle l’Apôtre Paul. 1 co 13,13.

Amicalement comme toujours.

Catherine

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Mardi 28 avril 2020

Amis de Murmure (que j’espère tous en bonne santé…), bonjour à tous.

Ça y est, j’ai mis un point final hier à mon mémoire de Licence. Quel soulagement !

Il fait 30 pages. C’est donc un petit écrit universitaire. En volume, c’est comme si j’avais écrit 30 billets pour Murmure. Sauf que c’est beaucoup moins léger. Pas question de raconter sa vie, de bavarder et de s’étonner de tout. Il faut faire preuve de réflexion, documenter son propos avec la pensée de toutes sortes d’auteurs et argumenter. Mais ça y est, j’ai bouclé mon analyse comparée de 9 outils de préparation au mariage, catholiques, protestants, et interconfessionnel.

Bon, je ne suis pas au bout de mes peines, il faut que j’attaque maintenant la révision des grands oraux, et j’aurai encore un rapport à faire sur une expérience de catéchèse visuelle au Musée des Beaux arts, où je devais retourner d’ailleurs, mais ça ce n’est plus envisageable du tout pour le moment…

Il est temps que ce projet d’étude en théologie (un peu fou) arrive à son terme. La mousse de mes écouteurs audio se désagrège et les écouteurs me font mal aux oreilles…Hormis ce détail, on ne sort pas indemne de ce genre d’étude et je n’ai pas encore appréhendé tout ce qui s’est transformé (et se transformera) en moi. Mais une chose est sûre déjà, ces études de théologie m’ont sauvée d’un péril que je ne soupçonnais pas quand j’ai débuté (il y a 6 ans) : la fracture numérique que certains appellent « illectronisme » liée à la transformation digitale de la société.

Oui, parce qu’en 24h, le 16 mars dernier, j’ai basculé dans la digitalisation complète de mon travail. Celle-ci avait déjà commencé avec la dématérialisation des services publics, mais il restait néanmoins encore beaucoup d’échanges par courrier, des notes prises sur format papier et surtout beaucoup de rencontres interpersonnelles, pour des entretiens individuels ou des réunions en petits groupes. Tout cela est terminé. Tous les échanges interpersonnels se font en Visio (conférences) via toutes sortes d’applications, dont des classes virtuelles, exactement comme celles que je pratique pour mes études à distance.

Du coup, je me sens plutôt à l’aise avec ce type d’outils, en connais l’intérêt et les limites aussi. Par contre il a fallu que je passe « de l’autre côté » : je ne suis plus un participant (plus ou moins passif) mais un animateur avec plein de choses à orchestrer. Mais j’apprends vite car j’ai l’expérience des situations grâce à mes études. Et j’aime bien animer les visios (à condition que le réseau ne soit pas saturé…). Surtout quand on peut voir les visages des participants. J’aime moins lorsqu’il n’y a qu’un cadre noir avec le nom de l’invité…

Ceci dit, je serai très heureuse de retrouver mes interlocuteurs en chair et en os à la sortie du confinement. Même si je risque de ne rien voir de leur visage car il sera masqué…

Etonnante période que celle que nous vivons, vous ne trouvez pas ?

Amicalement comme toujours.

Catherine

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Jeudi 16 avril 2020

Amis de Murmure, bonjour à tous.

J’espère que vous avez passé de belles fêtes de Pâques malgré le confinement et que mon message vous trouvera en bonne santé.

Vous savez que le Seigneur est ressuscité, qu’il est vraiment ressuscité comme disaient les premiers chrétiens. Donc il ne peut rien nous arriver de définitivement grave, même si un jour nous irons à ce bal comme disait mon ami François, à ce RDV avec le terme de notre vie.

J’aimais beaucoup François. J’aimais lui rendre visite dans sa maison de l’ile d’Oléron où chacun était accueilli avec une grande attention et beaucoup de chaleur humaine, comme l’enfant de la maison. Il faut dire que François et son épouse n’avaient pas pu avoir d’enfant, ce qu’ils regrettaient profondément. Cette épreuve malgré sa dureté ne les avait nullement aigris. Ils reportaient l’affection qu’ils n’avaient pu donner à des enfants, à leur entourage.

François habitait une belle maison de l’île, faite en grande partie de ses mains (François était menuisier). Je lui rendais visite en été et souvent lorsque j’arrivais, il était en train de peindre sa maison qui était parfaitement blanche comme le sont les maisons du bord de mer. Il interrompait ses travaux de peinture, retirait son masque, nous faisait rentrer dans sa maison toujours fraîche et préparait un délicieux gin fizz.

Quand François descendait de son échelle, il était toujours un peu essoufflé. Il était un ancien « tubard » comme il disait, c’est-à-dire un tuberculeux, guéri mais affaibli par la maladie qui ne lui avait laissé qu’une partie de ses poumons opérationnelle. François avait failli mourir alors qu’il était très jeune. De son séjour en sanatorium, il gardait le souvenir douloureux des nombreux décès de ses compagnons d’infortune partis au fameux bal dont on ne revient pas… Son regard décrochait quand il évoquait cet épisode, mais cela ne durait pas, François revenait vite au temps présent pour partager son délicieux cocktail et s’intéresser à votre vie.

Il avait dû se reconvertir car il ne pouvait plus exercer son métier de menuisier en raison de la poussière de bois. Il est alors devenu responsable de l’entretien des bâtiments d’une énorme colonie de vacances. Des années durant, des milliers d’enfants ont été accueillis dans de beaux bâtiments bien entretenus grâce François.

Toute sa vie, il a fui la poussière et tous les produits chimiques, sous toutes leurs formes car il ne les supportait pas. Il produisait ses propres légumes, s’alimentait sainement et en petites quantités, vivait sobrement mais toujours entouré de belles choses et de belles personnes.

Un jour François s’est rendu au bal. Mais bien plus tard et rassasié de jours.

Sa maison a été rasée suite à la tempête Xynthia (heureusement François et son épouse n’étaient plus de ce monde pour le voir). Mais quelques temps après le drame, un parc d’activités pour enfants a surgi sur la bande de terre où se situait sa maison.

Amicalement comme toujours

Catherine

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Vendredi 3 avril 2020

Amis de Murmure, bonjour à tous.

J’achève ce jour ma troisième semaine de télétravail.

J’apprécie beaucoup cette modalité. Fini les trajets quotidiens pour me rendre au bureau. Je gagne 1h30 par jour, et 6h par semaine. Pour le moment, c’est surtout mon jardin qui bénéficie de ce gain de temps personnel. Il n’a jamais été aussi beau ! Et je n’ai jamais eu autant de plaisir à y être. Et plus il est beau, plus j’ai envie d’y retourner, c’est un cercle vertueux.

La cerise sur le gâteau est le retour à la maison de ma fille étudiante. Elle était partie en Allemagne pour un stage qui n’a pas commencé en raison de l’épidémie. Elle n’a pas supporté longtemps le confinement dans sa colocation à Nuremberg et est rentrée à la maison dare-dare. Elle aussi est accro du jardin où elle dépense toute son énergie. Les pissenlits ont intérêt à se faire discrets car elle n’a aucune pitié pour eux…

La première semaine de télétravail a été un peu curieuse. Elle a surtout consisté à désorganiser tout ce qui avait été organisé. La seconde a été consacrée à la prise en main de nouveaux outils de travail à distance : Nextcloud (pour partager des fichiers), Zoom (pour de la visioconférence) etc… C’était ludique. Cette dernière semaine en revanche a été marquée par un changement d’ambiance. J’ai passé beaucoup de temps à gérer l’inquiétude chez mes interlocuteurs et à lutter contre un climat anxiogène. Mes correspondants voulaient toutes sortes de certitudes, de garanties, ils voulaient être rassurés tout le temps et sur tout. C’était usant parfois. L’information en continue sur la situation sanitaire, la maladie qui se manifeste tout à coup pour soi ou l’entourage, et les changements de repères dans le quotidien expliquent certainement ce climat d’inquiétude.

Heureusement, j’ai mon RDV quotidien sur #linstantcommunion. C’est un temps de prière communautaire sur Facebook tous les soirs à 18h organisé par l’Église réformée de France et d’Alsace-Moselle. La vidéo en direct dure une dizaine de minutes. L’instant communion regroupe 150 personnes chaque soir, parfois beaucoup plus. Je ne manque pas ce moment de recueillement car il permet de retrouver la paix intérieure en fin de journée.

Hier le pasteur Joëlle WETZSTEIN de Troyes a proposé une très belle méditation à partir du psaume 116 : « Je dois retrouver mon calme, car le Seigneur m’a fait du bien ».

Le groupe public #linstantcommunion compte 2 126 membres à ce jour. Je vous invite à le rejoindre, il suffit d’avoir un compte Facebook.

Je vous souhaite une belle fin de semaine et un bon dimanche.

Amicalement comme toujours.

Catherine

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Samedi 21 mars 2020

Amis de Murmure, bonjour à tous.

J’espère que vous vous portez bien ou pas trop mal si vous avez attrapé le coronavirus.

Le confinement a du bon. S’il n’y avait pas le souci permanent pour la santé des proches, je dirais même que c’est très bon.

Je dois dire que je suis une privilégiée car (pour le moment) je suis en bonne santé, j’habite à la campagne et j’ai un jardin. C’est le printemps et il fait un temps magnifique, l’idéal pour les travaux extérieurs. Comme je n’ai plus à me déplacer pour mon travail (je suis en télétravail), je gagne un temps précieux que je passe dans mon jardin à faire des travaux que je différais faute de temps, en particulier résorber les dégâts des tempêtes de cet hiver. Donc, je balaye, je taille, ratisse, plante…un vrai bonheur. Les jacinthes, narcisses et forsythia sont en fleurs, c’est une pure merveille. Contempler la beauté de la création est mon remède dans les périodes redoutables.

La création, justement, j’essaie d’en prendre soin. Depuis le confinement, j’ai intégré un nouveau groupe sur Facebook qui s’appelle : Gestion budgétaire-Entraide-Minimalisme. L’idée est de dépenser moins et mieux, de privilégier les produits naturels, et de tendre vers le zéro déchet. Le groupe très dynamique compte 60 000 membres et partage toutes sortes d’initiatives pour consommer de manière responsable en ayant le moins d’impact possible sur les ressources naturelles.

Alors justement, à ceux qui ne trouvent plus de papier toilette dans les rayons dévalisés des supermarchés, plusieurs contributeurs du groupe ont proposé une solution originale : l’usage de lingettes. L’idée est de remplacer le PQ par des lingettes lavables (donc réutilisables) découpées dans un éponge usager par exemple. Comme cela se fait déjà pour les lingettes démaquillantes, mais cette fois-ci, ce n’est pas pour les yeux, mais pour le pipi (le caca, non). Une fois la lingette utilisée, elle est placée soit dans un petit saut, soit dans un sac qui se trouve dans les toilettes. Et une fois par semaine les lingettes sont lavées.

J’ai testé ce système depuis le confinement. J’ai découpé des carrés de 13 cm (10 cm comme les lingettes démaquillantes, c’est trop petit) dans une serviette de toilette usagée. L’idéal est de faire un ourlet avec un biais, mais ça ce sera pour une autre période de confinement. Effectivement, je constate que c’est pratique et économique. Je consomme beaucoup moins de papier toilette.

Ma fille, confinée actuellement à Nuremberg en Allemagne, s’est lancée dans la fabrication de shampoings et déodorants faits « maison ». Elle assemble des ingrédients naturels, bicarbonate, huile, fécule, cire…qu’elle conserve ensuite dans des flacons récupérés. Exit l’aluminium, les conservateurs chimiques et autres perturbateurs endocriniens et les flacons en plastiques à jeter.

Moralité : le covid 19 est une saleté car il tue des tas de gens. Mais le confinement, avec sa mise forcée « au désert » est un bienfait.

Vous ne trouvez pas ?

Amicalement comme toujours.

Catherine

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Lundi 9 mars 2020

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Je suis allée de surprise en surprise dimanche dernier en me rendant au temple.

Déjà, pour me rendre sur les lieux, j’ai dû suivre une déviation qui m’a retardée. Puis, l’accès à mon parking habituel était bloqué par un usager en difficulté à la barrière d’entrée. Il a fallu que je m’engage dans le parking sous-terrain qui m’éloignait du temple.

Arrivée enfin devant la porte du temple, j’ai eu la surprise de la trouver fermée. Le culte (commencé depuis plusieurs minutes déjà) avait lieu un peu plus loin dans une salle paroissiale. Arrivée à la porte de la salle paroissiale, il m’a fallu sonner car la porte était fermée. Mon entrée dans la salle fut tout sauf discrète, d’autant plus que tous les sièges du fond étaient occupés, j’ai dû remonter toute l’allée pour m’assoir au premier rang.

Et là nouvelle surprise, pas de pasteur mais un prédicateur laïc ce qui est inhabituel. Comme c’était les vacances, j’en ai déduit que le pasteur était en congé. Pas du tout ai-je appris lors du pot de l’amitié qui suivait le culte. Il avait quitté la paroisse (démission ? renvoi ? rupture conventionnelle ?). Parce qu’il n’était plus en accord avec l’EPUdF (l’Église protestante unie de France). C’est une bonne raison effectivement, mais c’est troublant tout de même… Il n’est pas le seul m’a expliqué la présidente du conseil presbytéral. D’autres paroissiens ont quitté l’Église suite à la décision de l’EPUdF d’autoriser la bénédiction des couples de même sexe à l’occasion de leur mariage.

Que cette question suscite des débats et des discordes, je peux tout à fait comprendre. Par contre ce qui m’étonne, c’est qu’elle entraîne de telles ruptures. Parce que dans les faits, il n’y a pas eu de demande de bénédiction par des couples homosexuels dans ma paroisse. Preuve s’il en fallait, que ces demandes restent à la marge. Ensuite, cette question de la bénédiction des couples de même sexe constitue ce que les moralistes appellent un adiaphoron, c'est-à-dire une question secondaire. Que l’on soit pour ou contre, cette question (et la réponse) ne concerne pas le cœur de la foi chrétienne. Il n’a pas d’enjeu pour l’Église (normalement). Ça ne veut pas dire que le sujet doit être balayé du revers de la main, mais il ne devrait pas entraîner de scission. C’est une question brûlante aujourd’hui, mais une question de société, pas de foi. Par exemple, dans le passé, on s’enflammait dans l’Église (protestante) au sujet des jeux de carte. La question était de savoir si lorsqu’on est chrétien, on peut jouer aux cartes (ou danser ou encore aller au théâtre). Cette question nous paraît aujourd’hui anecdotique, mais elle a passionné l’Église au XVIIème.

Dernière surprise de la journée : la quête. Les fameux sacs en velours avec leur grand manche avaient disparu au profit d’une corbeille en osier équipée d’un lecteur de carte bancaire. Je pouvais choisir entre plusieurs montants : 5, 10, 20 ou 30 euros. J’ai trouvé cette innovation formidable. Car je n’ai jamais la monnaie ou le billet qui convient. Là au moins, je peux choisir le montant. Le versement se fait sans contact donc sans saisie du code, c’est rapide. Le don en monnaie est toujours possible, directement dans la corbeille.

La quête avec TPE (terminal de paiement électronique), ça aussi c’est un changement. Mais que l’on apprécie ou pas, ça ne change rien au message de l’évangile n’est-ce pas ?

Amicalement comme toujours.

Catherine

 

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Jeudi 20 février 2020

Amis de Murmure, bonjour à tous.

C’est le bazar à la Résidence autonomie où réside Anne, 96 ans. L’ascenseur est « en maintenance », comprenez inutilisable, pendant 3 semaines. Je n’ai aucune connaissance dans le domaine mais je trouve étonnamment longue la période de mise hors service de l’ascenseur au seul motif d’un changement de moteur.

Le problème est  que l’ascenseur en question est le seul de l’immeuble. Donc les 40 résidents âgés (voire très âgés) de la résidence de 5 étages n’ont pas d’autre moyen pour aller et venir que d’emprunter les escaliers. Bon, la direction de l’établissement a anticipé en réalisant une enquête sur les besoins des résidents et a mis en place des services comme le portage de repas et la collecte du linge, pour les résidents les moins autonomes.

Anne a décliné en bloc les offres de services et a décidé qu’elle s’adapterait, que les montées et descentes de l’escalier seraient comme des « séances de rééducation avec un kiné ». Parce que Anne n’emprunte plus les escaliers depuis plusieurs mois en raison d’essoufflements engendrés par une tachycardie.

Les premiers jours ont été compliqués tout de même car « l’adaptation » n’a pas été immédiate. Anne se plaignait de douleurs aux jambes (et non d’essoufflements comme je le craignais), qui se sont révélées être comme des courbatures qui ont disparu au bout de quelques jours. Il faut savoir qu’une sorte de compétition s’est instaurée entre résidents : c’est à celui ou celle qui montera et descendra le plus vite les marches et le plus souvent dans la journée…

Anne, qui loge au 2ème étage, ne descend pas faire sa lessive car les machines à laver sont au rez de chaussé donc trop loin. En revanche, elle monte au 4ème étage les après midis pour jouer aux cartes avec des résidents du 5ème !

Aujourd’hui, j’ai reçu un message de sa petite fille qui l’a emmenée faire des courses au super marché du quartier (en voiture tout de même, mais la voiture ne monte pas les escaliers, donc il reste les étages à remonter à pied au retour des courses…), « parce qu’il faisait beau et doux dehors ». Le message posté sur le groupe WhatsApp familial comportait une photo intitulée « un caddie d’étudiant » et un commentaire : gâteaux X 4, apéro X 5, bonbons, coca, vin, chocolat… ce n’était pas le caddie de la petite fille étudiante mais celui de sa grand-mère !

« Il manque juste les verres de bière-pong » (un jeu à boire américain) a commenté le petit fils…

Moralité : renoncez aux ascenseurs et vous rajeunirez !

Amicalement comme toujours.

Catherine

 

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Dimanche 9 février 2020

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Dans ma nouvelle Bible en français courant, j’ai commencé par lire comment la prière du Notre Père, « la prière par excellence » comme la nommait le théologien protestant Dietrich Bonhoeffer, était traduite dans le livre de Matthieu (au chapitre 6). C’est alors que j’ai eu une bonne surprise.

Voici ce que cela donne :

Vous donc, priez ainsi : Notre Père qui es dans les cieux (pas de changement),

Que chacun reconnaisse qui tu es ( ça c’est une trouvaille ! C’est bien plus audible aujourd’hui que le « que ton nom soit sanctifié » et le sens du verset est respecté même si la formulation en français s’éloigne du sens littéral car dans la Bible, le nom de quelqu’un n’est pas une simple appellation, c’est toute sa personne, ce qu’elle est, ce qu’elle fait, sa personnalité),

Que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme dans les cieux (pas de changement),

Donne-nous aujourd’hui le pain dont nous avons besoin (la formule est une réussite je trouve car elle restitue les deux sens possibles du verset dont la traduction est un défi. Ce verset contient en effet ce que les spécialistes nomment un hapax, c’est-à-dire un terme qui n’apparaît qu’une fois dans un seul texte ce qui le rend difficile à traduire. Or la traduction rend bien l’idée à la fois de la « nécessité », de ce qui est « essentiel », qui est un des sens possible et celle du « moment » :le jour d’aujourd’hui, qui est l’autre sens).

Pardonne-nous nos torts (un mot plus actuel que « péché » ou encore « dettes »),

Comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont fait du tors.

Et ne nous laisse pas entrer dans l’épreuve, mais délivre-nous du Mauvais (excellent le « Mauvais » très parlant dans le langage d’aujourd’hui, et moins abstrait que le « Mal »).

Bon, beaucoup de ces trouvailles figurent déjà dans la TOB, mais dans son ensemble, je trouve que ce célèbre passage de l’Evangile est très bien formulé. Qu’en dites-vous ?

Amicalement comme toujours.

Catherine

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Vendredi 31 janvier 2020

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Je me suis acheté une nouvelle bible.

J’en ai déjà plusieurs pourtant, au moins une dizaine…

La plus ancienne est au fond du tiroir de mon bureau. Sa couverture est en cuir et elle est aussi épaisse que large. Elle est écrite en allemand. Elle comporte une dédicace indéchiffrable et une date, 1846. Un cadeau de mariage de mes grands-parents certainement (c’est en effet une tradition chez les protestants que d’offrir une Bible à l’occasion du mariage). L’édition est plus ancienne, 1811, et le traducteur, encore plus mais non moins célèbre : Martin Luther. Malgré la notoriété du traducteur, je ne la lis jamais.

Ensuite, j’ai la Sainte Bible Segond (LA Bible protestante de Genève, traduite par Louis Segond), celle à 1,50 euros et celle reçue le jour de ma confirmation, avec sa couverture en plastique. C’est moi qui couvrais mes livres d’école, alors j’avais dû faire de même avec la Bible. Celle-là, je la lis rarement, sauf quand j’ai envie d’entendre parler de l’Eternel, le mot qu’emploient les protestants à la place de « Seigneur » lorsqu’ils veulent nommer Dieu. L’Eternel est mon berger, je ne manquerai de rien…(Ps 23).

Car je lui préfère la TOB (la traduction œcuménique de la Bible), la Bible de mon instruction religieuse. C’est ma Bible de référence, celle que je connais le mieux, et que j’aime le mieux pour son œcuménisme justement. Elle date de 1988 (version finale). Sa dimension œcuménique semble une évidence aujourd’hui (pour ceux qui conservent l’Esprit Vatican II), mais c’était un défi quand elle est parue (1972 pour le NT). Les traducteurs de l’époque ont commencé par le livre qui comportait à leurs yeux le plus d’enjeu : la Lettre de Paul aux Romains dont la compréhension diverge selon les confessions chrétiennes. Comme ils ne se sont pas entretués, ils ont traduit tout le reste… La TOB, je l’ai en version enrichie de notes (très bien celle-ci)., pour l’étude de texte. Je l’ai en édition de poche aussi, facile à glisser dans un sac. Elle est toute surlignée, annotée, un peu chiffonnée. J’en ai en général un deuxième exemplaire, prêt à être donné quand l’occasion se présente (à un couple dans le cadre de la préparation au mariage par exemple).

J’ai deux exemplaires de la Bible dite « Bayard », dont un de poche. C’est une Bible très actuelle et surtout littéraire, que j’aime beaucoup. Mais qui malheureusement a été mal accueillie parce que le mot « ressuscité » a été remplacé par « relevé » ou « éveillé » (ce qui est juste au plan de la langue) … Frédéric Boyer qui a coordonné la traduction a reçu des menaces de mort !

Dans ma bibliothèque, il y a aussi les redoutables NA 28 (Nestlé Aland), le Nouveau Testament en grec et la BHS (Biblia hebraica stuttgartensia), l’Ancien Testament en hébreu. Ça c’est pour les travaux universitaires…

Enfin j’ai aussi une Bible en français courant illustrée de 1971, œcuménique comme la TOB.

C’est cette dernière que j’ai souhaité renouveler en me procurant la Bible nouvelle en français courant de la Société biblique française. Elle est toute belle avec sa couverture bleu et rouge au graphisme moderne. J’ai commencé à la lire et j’ai eu de bonnes surprises. Je vous en parlerai…

Amicalement comme toujours.

Catherine
 

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Mercredi 22 janvier 2020

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Vous aimez les documentaires ? Et en particulier la nature ? Alors ne manquez pas le dernier film de Jean-Michel BERTRAND, Marche avec les loups.

Ne vous fiez pas au titre, ce documentaire n’est pas un film QUE sur les loups même si le loup est le sujet central. Le loup est un prétexte pour revisiter les rapports entre l’homme et la nature, entre l’homme et la faune sauvage avec laquelle nous sommes censés partager notre espace.

Marche avec les loups est la suite du premier documentaire du même réalisateur, La vallée des loups sorti en 2017. Dans son premier documentaire sur les loups, Jean-Michel BERTRAND nous avait familiarisé déjà avec ses bivouacs dans la neige et la pose de caméras sur les troncs d’arbre. Il nous avait appris à lire les traces des animaux et à attendre patiemment les images de ses caméras autonomes.

Dans Marche avec les loups, on retrouve les bivouacs improbables en haut des falaises, dans les grottes et les refuges et surtout ces images d’animaux sauvages qui arrivent directement sur le portable du naturaliste depuis les caméras autonomes. Vraiment, ces images prises sur le vif, par les animaux eux-mêmes en quelque sorte puisque c’est eux qui déclenchent les cameras par leur mouvement, sont extraordinaires. On les attend pendant toute la durée du film.

A cela s’ajoutent l’apport des nouvelles technologies et les images (vertigineuses) de montagne prises par un drone, le spectateur est comblé…

Dans Marche avec les loups, Jean-Michel BERTRAND tente de suivre la trace d’un jeune loup âgé de un an qui quitte sa meute natale parce que repoussé par les siens (c’est ainsi que cela se passe chez les loups) et qui part en quête d’un nouveau territoire qu’il devra arraché à d’autres animaux et à l’homme également. Cette quête conduira le naturaliste des Alpes du sud jusque dans le Jura.

Le commentaire en voix off du réalisateur est forcément engagé en faveur de l’animal sauvage. Aux hommes selon lui à se débrouiller pour vivre avec le loup, et à réactiver le métier de berger dont la vocation première est de protéger le troupeau contre des attaques d’animaux sauvages à l’aide de chiens. La voix off critique les dogmes religieux à un certain moment, mais c’est succinct et je pardonne le naturaliste qui ignore certainement tout de la pensée chrétienne en matière d’écologie.

Ne tardez pas à vous rendre au cinéma si vous voulez voir ce film étonnant, car je doute qu’il ne reste longtemps à l’affiche. Quoique, le précédent documentaire de Jean-Michel BERTRAND a dénombré 200 000 entrées tout de même…

Amicalement comme toujours.

Catherine

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Mardi 7 janvier 2020

Amis de Murmure bonjour à tous.

Heureuse de vous retrouver sur cette page de Murmure en ces premiers jours de la nouvelle année. Une nouvelle année que je vous souhaite joyeuse et sereine.

Un homme joyeux et serein, j’en ai rencontré un lors de mon voyage en Israël. Un samaritain. Il s’appelle Yefet Husni Cohen et il est directeur du musée samaritain de Kyriat Luza, une ville située au Mont Garizim, en Cisjordanie non loin de Naplouse (anciennement Sichem, capitale de la Samarie).

Dans son musée, créé par ses soins, j’ai pu voir de près les herbes amères et le pain sans levain mentionnés dans la Bible. Et un séfer, un rouleau comportant les cinq livres de la Torah. J’ai parcouru l’arbre généalogique de sa famille, encadré et exposé au musée, qui remonte jusqu’aux patriarches de la Bible ( !). Évidemment, les jeunes étudiants du groupe ont raillé (gentiment et discrètement) ce document. J’ai pris la défense de Yefet en argumentant que s’il y en avait un dans l’assistance qui pouvait revendiquer être issu de la famille de Jacob, c’était bien lui…

Yefet nous a longuement parlé de sa communauté (tout en répondant à ses nombreux appels téléphoniques provenant de deux portables, un pour les correspondants israéliens et un pour les correspondants palestiniens…), une communauté qui ne compte plus que 820 personnes, ce qui n’inquiète nullement Yefet qui est foncièrement optimiste.

Il nous a expliqué que la communauté actuelle était coupée en deux groupes, un situé sur le mont Garizim en Cisjordanie et un à Holon, dans la banlieue de Tel Aviv. Les samaritains ne sont pas considérés comme juifs, mais pas non-juifs non plus. Ils sont éligibles à la citoyenneté israélienne, même s’ils sont considérés (par eux-mêmes et le Grand Rabbinat) comme une communauté religieuse distincte. Au temps des romains, ils étaient de puissants rivaux politiques et religieux des juifs de Jérusalem. Leur divergence concerne, entre autres, le lieu où Dieu aurait commandé de bâtir l’autel pour les sacrifices : le Mont Garizim selon les samaritains, Jérusalem selon les juifs. Les uns et comme les autres ont vu leur temple entièrement détruit. Si certains juifs espèrent la reconstruction d’un troisième temple, les samaritains eux, n’ont aucun projet de ce type. En revanche, ils continuent à fêter Pessah chaque année de manière traditionnelle (avec abattage des moutons) au Mont Garizim.

Yefet n’est pas inquiet pour l’avenir de sa communauté. Les samaritains attirent des femmes étrangères à qui ils offrent un mode de vie à la fois traditionnel et moderne: les femmes font des études, travaillent, et pendant leur menstruation, sont dispensées de toutes tâches ménagères et éducatives, qui reviennent alors entièrement aux maris (ou aux voisines aussi…).

Étonnant non ?

Amicalement comme toujours.

Catherine
 

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Dimanche 22 décembre 2019

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Ça y est, la 4ème bougie de la couronne de l’Avent est allumée. Noël est tout proche.

Dans la soirée, mon amie Anna allumera aussi une bougie, la première de son chandelier qui en compte neuf, en l’honneur de la fête juive d’Hanoukkah. Elle placera ensuite le chandelier sur le rebord de sa fenêtre à l’extérieur alors que je garderai ma couronne de l’Avent sur ma table d’entrée à l’intérieur. Mais qu’elles soient placées à l’intérieur ou à l’extérieur, nos bougies illumineront nos maisons et repousseront les ténèbres.

Hanoukkah est une fête « secondaire » du judaïsme, comparativement à Yom Kippour ou à Pessah, mais c’est une fête joyeuse. Les enfants jouent au traditionnel jeu de la toupie, mangent de délicieux beignets (les adultes aussi…) et comme la date correspond à la période de Noël, ils reçoivent souvent des cadeaux.

Hanoukkah, aussi appelée « Fête des lumière », est célébrée en souvenir de la consécration du nouvel autel du Temple de Jérusalem par Judas Maccabées en 165 avant notre ère. L’autel précédent ayant été profané par les envahisseurs grecs, des « païens » donc, un groupe juif était alors entré en résistance contre l’hellénisation ambiante et avait finalement obtenu gain de cause. L’envahisseur avait fini par annuler les décrets interdisant la pratique du culte juif et celui-ci avait pu reprendre au Temple. C’est un épisode biblique que vous pourrez retrouver dans 1 Maccabées 4,51-59 et 2 Maccabées 10, 1-8.

Hanoukkah est aussi la commémoration d’un miracle, celui de la fiole d’huile. La dernière fiole d’huile consacrée qui restait et qui avait été retrouvée dans un coin du Temple, aurait suffi à alimenter le chandelier du lieu saint pendant huit jours. C’est en souvenir de ce miracle qu’on allume chaque jour une bougie de plus sur le chandelier à huit (ou neuf) branches jusqu’à ce que toutes soient allumées.

Mais vous l’aurez compris, Hanoukkah commémore avant tout une résistance spirituelle.

Allumons donc nos bougies et contemplons la lumière.

Joyeux Hanoukkah et joyeux Noël à tous.

Amicalement comme toujours.

Catherine

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Lundi 9 décembre 2019

Amis de Murmure, bonjour à tous.

J’ai souffert samedi matin. C’était le grand DST (Devoir Sur Table) du semestre en théologie. Une grosse épreuve. Le thème, nous le connaissions d’avance puisque c’était le sujet du cours à savoir l’Esprit-Saint. Autrement dit de la pneumatologie (si on veut faire savant).

Durée : 4h de préparation à l’aide d’une série d’articles + 20 minutes de restitution orale au professeur (via une classe virtuelle, en visio-conférence).

J’ai donc mis le réveil à sonner comme si j’allais travailler. Et pendant le petit déjeuner, j’ai expliqué à mon mari ce que signifiait le mot « pneumatologie ».

Et à 8h tapantes, le sujet est apparu à l’écran sur la plateforme pédagogique : le Baptême dans l’Esprit selon la théologie pentecôtiste.

?!?!

J’avais révisé un tas de choses en lien avec le cours comme la trinité chez Augustin, mais aussi chez Barth et Moltmann. J’avais lu des écrits de Basile de Césarée, de Grégoire de Nazianze, de Calvin à propos du témoignage intérieur du Saint-Esprit auquel je crois beaucoup (c’est l’action du Saint-Esprit qui permet de comprendre l’Ecriture). Mais absolument rien sur le pentecôtisme, qui n’était pas au programme du cours…

Donc le choc a été rude quand il a fallu engloutir à tout allure les 50 pages du dossier du professeur et toute une théologie qui m’était étrangère (Anthony PALMA, Dennis et Rita BENNETT), et démêler si l’Esprit Saint venait de l’intérieur ou de l’extérieur (les deux mon capitaine d’après les pentecôtistes).

Heureusement, la Pentecôte et les Actes des Apôtres, ça me parlait bien (même si je n’en ai pas du tout la même compréhension que les pentecôtistes). J’ai pu faire un exposé correct, distinguer baptême de conversion (d’eau) et dans l’Esprit, ce qui signifie être rempli d’Esprit saint (ce qui peut se produire n’importe où selon les pentecôtistes, même en conduisant sa voiture). Le tout sans juger, en restant neutre et le plus « scientifique » possible comme me l’a demandé mon professeur de théologie pratique qui m’a sermonnée la veille de l’examen car il me trouvait « trop protestante » (comprenez « réformée »), trop entière dans mes points de vue (!).

Le professeur a exprimé sa satisfaction mais je me méfie, car il peut vous dire que c’est bien et vous donner un 11/20.

Personnellement, je crois en une chose à propos du Saint Esprit : Il souffle où Il veut , quand Il veut et comme Il veut…

Bon temps de l’Avent.

Amicalement comme toujours.

Catherine

 

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Mercredi 27 novembre 2019

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Est-ce que le voyage en Israël aurait été le même si nous avions dormi dans des chambres individuelles au lieu de dortoirs de 6, 8 voire 12 personnes ?

Je ne pense pas. Le fait de séparer les couples et de dormir en dortoirs, hommes et femmes séparés, a suscité un esprit d’équipe, un collectif.

Une tribu. Voilà ce qu’est devenu notre groupe. Au plan anthropologique, la tribu désigne « un groupe social, généralement composé de familles se rattachant à une souche commune, qui présente une certaine homogénéité, physique, linguistique, culturelle... ». Notre groupe était plutôt hétérogène au niveau de l’âge, de la forme physique, des origines ethniques et sociales. Mais la souche commune était la passion pour la théologie, les langues anciennes, l’histoire et l’archéologie aussi.

Pour en revenir au couchage, nous avons été hébergé en premier lieu à l’Auberge arménienne, catholique romaine de Jérusalem, au cœur la vielle ville. Là, il a fallu s’habituer au lit qui grince et au réveil en pleine nuit au son de l’appel à la prière du muezzin de la mosquée voisine. Puis nous avons passé une nuit au kibbutz Shluhot, dans la vallée du Jourdain, là où en 1942, a été battu un record de température jamais égalé depuis, soit 53,9°. Ce kibbutz, où vivent actuellement 600 personnes, se situe non loin de Beth Shéan, le célèbre et monumental site archéologique romain d’Israël. C’est là aussi que le roi Saül serait mort. Dieu merci, il ne faisait pas 53 degrés quand j’y ai dormi (mais 32 tout de même…). Au Kibbutz, je suis arrivée la dernière dans le dortoir, et là mauvaise surprise, tous les lits étaient occupés. Du coup je me suis vue attribuer une chambre seule que j’ai pu partager exceptionnellement avec mon mari. Au Kibbutz, il a fallu s’habituer à une odeur étrange, qui ressemblait à celle du poulailler de mon enfance, sans que cela ne soit tout à fait ça et pour cause : le directeur du Kibbutz nous a expliqué que la nuit, les pelouses étaient arrosées avec de l’eau de récupération qui provenait du bassin où étaient élevés des poissons ! D’où l’odeur bizarre…Heureusement, le lendemain matin l’odeur avait disparu lorsque nous avons pris le petit déjeuner sur la terrasse entourée de pelouses verdoyantes malgré la forte chaleur.

Ensuite, il y a eu les nuits dans les Abraham Hostel de Nazareth et de Tel Aviv. Des auberges de jeunesse. A Nazareth nous étions dans une très belle et ancienne demeure, avec une grande terrasse intérieure et des douches minuscules. A Tel Aviv, l’auberge de jeunesse était très moderne, fonctionnelle et décorée avec des graffitis de couleurs vives et là, on faisait sa vaisselle soi- même au petit déjeuner.

Mais entre Nazareth et Tel Aviv, il y a eu la nuit à Naplouse. Dans l’auberge de jeunesse Turquoise tenue par deux anciens prisonniers politiques et l’épouse de l’un deux qui est italienne (et architecte, comme son mari palestinien). Là nous a été servi, en terrasse sur le toit de l’auberge, un repas traditionnel préparé par des palestiniennes. Ce dîner a été, comme la datte du Mur les lamentations, absolument divin.

Après la nuit à Naplouse, au Mont Garizim, j’ai rencontré le Bon Samaritain. Mais ça, c’est une autre histoire…

Amicalement comme toujours.

Catherine

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Samedi 16 novembre 2019

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Ça y est, le voyage en Israël est fini.

Le retour en France a été un choc. J’ai quitté Tel Aviv, une ville moderne, animée et balnéaire, où le thermomètre affichait 32° pour me retrouver le lendemain dans mon village franc comtois, en plein hiver avec un thermomètre autour de 0° et des chutes de neige.

L’allée aussi a été un choc. J’ai quitté Strasbourg en pleine nuit, sous la pluie et me suis retrouvée quelques heures plus tard dans une Jérusalem ensoleillée, en plein coeur de la vieille ville, Via Dolorosa, précisément à la station IV où se trouve l’auberge arménienne (catholique romaine) où j’allais passer 5 jours et 6 nuits. A peine la valise défaite dans le dortoir des femmes, j’emboîtais le pas de notre guide franco-israélien qui nous conduisit jusqu’au pied du Mur des Lamentations. L’arrivée sur l’esplanade et la découverte du Mur éclairé par les derniers rayons du soleil couchant a été un émerveillement. Après quelques minutes de contemplation, je me suis rendue du côté réservé aux femmes et j’ai regardé toutes les femmes juives rassemblées contre le mur prier et lire la Torah. Plusieurs membres du groupe ont voulu toucher le Mur et prier à la manière des juives (qui n’ont pas toujours apprécié ce comportement et l’ont manifesté…).

En ce qui me concerne, je me suis tenue à l’écart. C’est alors que tout à coup, une femme juive s’est approchée de moi et m’a offert une datte. Ce fruit avait un goût divin. Elle était savoureuse, et très fraîche. Dans les deux sens du terme : elle venait visiblement d’être cueillie et n’avait pas encore séché, et elle était froide, comme sortant d’un frigidaire. Son goût était exquis. J’appris par la suite qu’il est dans les coutumes de cueillir des dattes à peine mûres à l’automne et de les placer au congélateur, cela leur retire leur amertume.

Mais avant de commencer à vous raconter mon voyage je voulais vous donner, un peu comme dans les livres bibliques, la liste des noms des participants au voyage. Car cette liste parle d’elle-même : elle dit le nombre mais surtout la diversité des membres du groupe, au niveau de l’âge (21 à 68 ans) mais aussi des origines.

Participaient au voyage en Israël :


 

 

Eran

Elise

Ludovic

Régina

Nicolas

Timothée

Réza

Clément

Allain

Marie

Triomphe

Karsten

Gabrielle

Haingo

Marie-Jeanne

Théophile

Maurice

Nancy

Noé

Marie-Sarah

Marcelle

Nejla

Mélanie

Didier-Kinanga

Marie-José

Mary

Catherine

Frédéric

Bettina

Daniel

Pierre

Christophe

Olivier

Emilien


 


 


 


 

Amicalement comme toujours.

Bonne semaine à vous.

Catherine


 

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Dimanche 27 octobre 2019

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Ça y est ! La valise pour le voyage d’étude en Israël-Palestine est prête.

Faire ce bagage a été un véritable défi, car je n’ai droit qu’à une valise cabine (56 x 45 x 20 cm roulettes comprises) et le voyage dure 13 jours tout de même. Et pas de sac à dos ou à main en plus. Cette valise est l’unique bagage.

Il a fallu faire des choix et se limiter à l’essentiel : un exercice somme toute intéressant.

Pas si simple car les activités durant le séjour sont multiples et diverses. Il y a les visites des sites archéologiques mais il y a également des baignades de prévues en Méditerranée, à Césarée maritime, dans le lac de Tibériade et dans la Mer morte aussi. Donc il faut trouver une place pour le maillot de bain et surtout la serviette (microfibre car l’éponge est trop volumineux). Sachant qu’en plus, il faut prévoir des tongs en vue d’une visite du tunnel d'Ezéchias à Jérusalem, où nous marcherons dans l'eau (à peu près 70 cm de hauteur !).

Il faut penser à la prise de note lors des conférences. Impossible d’emporter ordinateur ou tablette, un carnet petits carreaux fera l’affaire. A l’image de la valise, il sera minimaliste : 9X14 cm.

Ah, et puis il faut emporter des vêtements adaptés aux visites des sites religieux chrétiens, juifs et musulmans (monastères, synagogues et mosquées) : chemisier à manches longues, pantalon, jupe longue (ça je ne trouve pas dans ma garde robe). Bon, j’ai opté pour une espère de châle qui servira à couvrir tout ce qui devra l’être : tête, bras, jambes…

Surtout ne pas oublier les écouteurs à prise jack pour les audiophones, les lunettes de soleil, l’anti moustique pour les nuits au kibboutz, le chapeau contre le soleil, les médicaments contre la tourista, un k-way en cas de pluie et un vêtement chaud car il fait frais la nuit à Jérusalem à cette saison, un haut un peu sympa car on fait la fête le dernier jour à Tel-Aviv…et des boules Quies car on dort à 8 par chambre à l’auberge arménienne de Jérusalem et à 10 dans celle Nazareth.

J’essaierai de trouver une place à mon guide touristique et de conversation en hébreu moderne, il peut-être utile car les israéliens ne parlent pas l’hébreu biblique que j’ai appris à la faculté, bien évidemment.

Reste à souscrire l’option « Evasion » chez mon opérateur téléphonique pour conserver une connexion internet durant le séjour. C’est important pour s’orienter sur place, envoyer des photos aux proches et réviser les prières en anglais sur YouTube en prévision du culte à la Lutheran Church of the Redeemer de Jérusalem.

Je vous raconterai Mé’a She’arim et les quartiers orthodoxes de Jérusalem, l’office de Shabbat auquel je vais assister, Hébron et les check-points, Qasr al-Yahud au bord du Jourdain, Qûmran et ses secrets, Naplouse et son auberge turquoise, et Kiryat Luza au mont Garizim chez les samaritains.

Pour le moment, je vous souhaite une belle fête de Toussaint.

Amicalement comme toujours.

Catherine

 

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Lundi 14 octobre 2019

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Il y a 10 ans je vous écrivais ceci :

Il faut que je vous parle d’Esther DUFLO qui était l’invitée des Matins de France Culture aujourd’hui. Sa voix tout d’abord est étonnamment jeune. On dirait celle d’une lycéenne. Certes, Esther DUFLO est « jeune », mais elle a 36 ans tout de même et ça fait déjà 10 ans que la jeune économiste (ancienne éclaireuse de France) enseigne au Massachusetts Institute of Technology…

Le propos, lui, était carrément enthousiasmant ce qui est plutôt étonnant quand on traite d’un sujet aussi grave que celui qu’elle a choisi,  à savoir la pauvreté ! En guise d’introduction, elle annonce en effet des chiffres terrifiants : « 1,4 millions de personnes vivent avec moins d’un dollar par jour ; chaque année, au moins 27 millions d’enfants ne reçoivent pas les vaccinations essentielles, 536 000 femmes meurent en couches et plus de 6 millions et demi d’enfants meurent avant leur premier anniversaire ».

Face à ces chiffres, aucun défaitisme de sa part du genre « il y aura toujours des pauvres et de la pauvreté ». Ni démagogie du genre « dans un siècle la pauvreté sera éradiquée ». Deux discours qu’elle qualifie de stériles. Mais une troisième voie, la sienne qu’elle présentait ce matin sur les ondes.

La troisième voie donc : pas de longs discours savants mais un travail expérimental sur le terrain. En résumé : on agit c'est-à-dire, on met en œuvre l’un des nombreux plans de lutte contre la pauvreté,  on évalue, on tire un enseignement de l’expérience menée, puis on continue le travail en modifiant l’action pour l’améliorer en fonction des résultats de l’expérimentation puis on réévalue et ainsi de suite.

L’idée, si j’ai bien compris, est de ne pas « zapper » continuellement d’un programme de développement à un autre, mais d’aller au bout d’un programme en le faisant évoluer en ayant pris soin de tirer des enseignement des l’expériences menées.

Elle a donné l’exemple d’une campagne de vaccination en Inde qu’elle a étudiée. L’idée paraît simple, encore fallait-il y penser et la mettre en œuvre : de la nourriture pour l’enfant en échange d’une vaccination. Cet échange a permis d’augmenter significativement la proportion d’enfants vaccinés.

Une fois les expérimentations et observations « terrains » réalisées, Esther DUFLO exploite sur un plan théorique les connaissances acquises et fait progresser les savoirs dans les domaines de l’économie du développement, l’éducation, la santé, la gouvernance et la lutte contre la corruption. Ses champs d’investigation sont immenses et bonne nouvelle : il paraît que la jeune économiste suscite l’enthousiasme auprès des jeunes et entraîne dans son sillage une foule de jeunes doctorants qui intègrent le laboratoire d’action contre la pauvreté qu’elle a créé.

La bonne nouvelle de 2019 maintenant : Esther DUFLO s’est vue attribuer aujourd’hui le prix Nobel d’économie. Une récompense et une reconnaissance qui l’aideront à faire rayonner sa pensée et donc la lutte contre la pauvreté.

Amicalement comme toujours.

Catherine

 

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Samedi 5 octobre 2019

Amis de Murmure, bonjour à tous.

J’ai un cours sur le Saint Esprit au premier semestre.

Pour explorer ce qui a été écrit sur le sujet, j’ai parcouru le rayon de pneumatologie de la Bibliothèque de la faculté de théologie. A mon grand étonnement, j’ai constaté qu’il y avait relativement peu d’ouvrages sur le sujet comparé à la christologie par exemple, où là, la littérature est surabondante.

Le numéro 13 des Cahiers théologiques de l’actualité protestante (une revue ancienne) rédigé par un certain Théo Preiss a attiré mon attention. Il s’intitule « le témoignage intérieur du Saint-Esprit ». Théo Preiss était maître de conférence à la Faculté libre de Montpellier dans les années 40. Sa leçon sur le Saint-Esprit est ancienne mais est restée inégalée nous avait expliqué notre professeur de théologie pratique. Cette remarque m’avait intriguée. Peut-être allais-je comprendre la célèbre formule de Calvin à propos du témoignage intérieur du Saint-Esprit et trouver une doctrine accessible de l’Esprit-Saint ? N’ayant pas le temps de commencer la lecture sur place en raison des nombreux cours qui s’enchaînaient (je participais au week-end de rentrée des étudiants en Enseignement à distance), j’ai voulu emprunter la revue. Hélas, elle ne pouvait être consultée que sur place.

Frustrée, j’ai consulté Rakuten, et là, miracle, j’ai trouvé la revue d’occasion pour 7 euros. Elle m’est parvenue quelques jours plus tard, dans son édition d’origine de 1946 chez Delachaux et Niestlé (1,75 francs suisses à l’époque). L’exemplaire, bien qu’ancien, était en bon état. Il y avait bien quelques phrases soulignées au stylo, mais ce n’est pas gênant car le choix des passage est judicieux. Du coup, j’hésite à surligner la revue avec mon stabilo car cela me semble anachronique…J’ai juste retiré une couverture en plastique qui se décomposait.

Curieusement, les deux premières pages étaient encore soudées sur un côté. J’ai utilisé un cutter pour découper la reliure et là est apparue une dédicace : aux étudiants de la faculté de théologie de Montpellier morts pour la libération. Suivait une liste de 7 noms d’hommes, jeunes très certainement puisqu’étudiants, morts entre 1940 et 1945, au service de la CIMADE ou tués dans un bombardement, ou dans le maquis de la Drôme, ou disparus dans le maquis du Vercors, ou encore morts en camp de concentration.

La préface apporte les éclaircissements nécessaires : le contenu de la revue est en fait une leçon d’ouverture donnée le 3 novembre 1943 à la faculté de Montpellier, au début d’une année « qui ne devait pas être de tout repos » (c’est un euphémisme) explique l’auteur qui évoque ensuite : la fermeture de la faculté par l’occupant, les activités clandestines, les bombardements, la résistance, plusieurs étudiants blessés, tués ou disparus dans le maquis.

C’est au cours de ces jours redoutables (comme disent les juifs) que Théo Preiss va donner une leçon lumineuse sur le Saint-Esprit qui a fait date (Rien à voir avec le contexte dans lequel j’ai écouté la leçon d’ouverture sur le comparatisme entre Bible et Coran à Strasbourg vendredi dernier).

Le témoignage intérieur du Saint- Esprit, pour faire court, c’est grâce à lui que le texte biblique lu (ou entendu) se transforme en Parole de Dieu (pour soi) et est reconnue comme telle.

Amicalement comme toujours.

Catherine

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Vendredi 20 septembre 2019

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Grâce à Ludo (qui sera du voyage en Israël), j’ai renouvelé ma prière du soir. Ludo est prédicateur laïc dans une église évangélique d’Allemagne, il célèbre des cultes et fait des baptêmes. Un soir où il a été inspiré, il a rédigé une belle prière qu’il a publiée sur sa page Facebook, en français, car Ludo est breton. Je l’ai faite mienne et depuis j’alterne avec celles de ma Petite liturgie quotidienne.

Prière du soir

Ô Dieu, garde nous par ton amour et par ta force !

Accorde à nos âmes, air et lumière !

Apprends-nous à voir nos ombres dans ta splendeur.

Transforme nos soucis et nos blessures en salut et en joie.

Oppose ta vérité à nos colères

Et offre nous bénédiction et paix.

Amen

Ensuite, j’enchaîne avec le Notre Père en anglais. En anglais car lors du voyage en Israël, je vais assister à deux cultes dans cette langue. Or mon niveau en anglais est très médiocre, d’autant qu’il n’est pas du tout entretenu, et surtout pas dans le domaine liturgique où à peu près tous les mots m’échappent. C’est pourquoi j’apprends le Notre Père par cœur (grâce à un tuto de YouTube), ainsi je pourrai un tout petit peu participer au culte. Eh bien, à mon grand étonnement, le Notre Père en anglais, j’ai bien du mal à le retenir et surtout à le réciter à un rythme normal…

Et vous, vous priez le soir ?

Amicalement comme toujours.

Catherine

 

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Dimanche 8 septembre 2019

Amis de Murmure, bonjour à tous.

On dirait que la Providence se mêle des préparatifs de mon prochain voyage en Israël-Palestine.

En faisant une course au Tabac-presse, j’ai trouvé tout à coup un Hors-série du journal Le Monde consacré à l’Histoire de la méditerranée (que je vous recommande). J’ai parcouru rapidement le sommaire : Histoire, Civilisations anciennes, Culture, Economie, Géopolitique et sujets d’actualité comme la migration, tout cela était parfaitement adapté en vue de mon futur voyage et complémentaire à mon guide touristique. Je me suis donc empressée de l’acheter.

Puis je me suis rendue à la ressourcerie de mon village pour acheter des porteurs à mes petites filles (des jouets sur lesquels on peut s’assoir et avancer en roulant). Et là, en traversant le rayon livre, à la hauteur de mes yeux, (vraiment je ne pouvais pas le rater et pourtant il y avait des centaines de livres), j’aperçus l‘un des derniers romans de l’écrivain israélien Amos OZ, Judas ( !) qui m’attendait visiblement, au prix imbattable de 1,5 euros (état neuf, édition d’origine). La littérature, rien de tel pour découvrir une culture, et pour le coup une ville en particulier, Jérusalem. Le roman en effet s’y déroule. Ça aussi, ce sera complémentaire au guide touristique et au Hors-série du Monde, me suis-je dit en le glissant dans mon sac. J’ai entamé la lecture le soir même, et je n’ai pas été déçue car cet ouvrage est idéal pour se familiariser avec la ville, le nom des lieux, des rues,  mais aussi comprendre les mentalités. Dès les premières pages en revanche, il a fallu sortir le dictionnaire car je butais sur des mots inconnus dont un mot bizarre Hiérosolymitain. Eh bien c’est simplement le nom des habitants de Jérusalem (le gentilé)... Etonnant non ?

Et pour finir, je me suis rendue à une messe de mariage. Et là, nous avons chanté, ce qui n’est pas très courant dans ma région, ce célèbre chant hébreu Evenou shalom alérem,  « nous vous annonçons la paix ». Depuis, j’écoute en boucle sous YouTube le flashmob qui a eu lieu l’an passé à l’aéroport Ben Gourion, réalisé par la Jérusalem Académy (de danse et de musique) à l’occasion de l’arrivée en Israël de 2000 jeunes dans le cadre du programme Taglit (découverte). Taglit est une fondation qui offre un voyage éducatif et culturel de 10 jours en Israël aux jeunes de confession juive, âgés de 18 à 26 ans qui souhaitent découvrir Israël.

Maintes fois au cours de mon parcours en théologie, j’ai remarqué avoir trouvé en chemin (en bibliothèque, en librairie, en écoutant la radio ou au cours d’une discussion), au bon moment, L’article ou LA revue dont j’avais besoin pour un devoir par exemple ou un examen alors que je ne cherchais rien. Dernièrement, sur Facebook, je suis tombée sur une publication des derniers Rendez-vous de la pensée protestante qui alimentera la conclusion de mon futur mémoire je pense. La question avait été posée de savoir si « la théologie était nécessaire dans un monde où Dieu est importun ? » à Elisabeth PARMENTIER. Réponse de la théologienne : elle est plus que nécessaire ! Et elle le démontre, mais c’est un autre sujet…

Et vous, vous y croyez à la Providence ?

Amicalement comme toujours.

Catherine

 

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Dimanche 1er septembre 2019

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Heureuse de vous retrouver sur cette page de Murmure, en ce jour de rentrée.

Au programme cette année : toujours quelques étonnements à partager sur des sujets divers comme le contenu de mes études de théologie que je poursuis encore pendant un an à Strasbourg, ou mes activités en doyenné comme la préparation au mariage, des rencontres, ou mieux, mon prochain voyage en Israël-Palestine que je commence à préparer sérieusement car la date du départ (le 31 octobre prochain) approche.

Ce voyage sera certainement source de nombreux étonnements. Je ne pense pas avoir le talent d’un Guy Delisle pour rédiger des Chroniques de Jérusalem (une bande dessinée documentaire et autobiographique, Fauve d'or au Festival d’Angoulême en 2012 dont je vous recommande la lecture), mais j’aurai de quoi alimenter un modeste carnet de voyage que je ne manquerai pas de partager avec vous à mon retour.

Pour le moment, j’en suis aux préparatifs. Le passeport est refait et le billet d’avion est réservé. C’est le minimum. J’ai commencé à étudier le programme, qui me fait un peu peur tellement il est dense. Il est vrai qu’il est pensé (par un jeune professeur originaire d’Israël) pour des étudiants, donc des jeunes, et je sens qu’il va falloir « s’accrocher ». D’autant plus que le voyage (de 12 jours) commence par une nuit blanche, l’heure du départ étant fixée à 3h du matin !

Nous passerons tout d’abord 3 jours à Jérusalem et ses environs pour visiter la vieille ville, Mé’a she’ arim (le quartier juif orthodoxe), Silwan (la cité de David), la mosquée Al-Aqsa, le musée Rockefeller, le Mont des Oliviers, le musée d’Israël, Yad VaShem (l’institut pour la mémoire de la Shoah), le monastère Saint-Georges dans la vallée Wadi Qelt. Puis nous nous rendrons au bord du Jourdain, à Qasr al-Yahud, site présumé du baptême de Jésus, puis au célèbre site de Qumrân, après quoi nous irons nous baigner dans la mer morte.

Puis nous irons à Hérodion visiter le palais d’Hérode, à Bethléem voir la Basilique de la Nativité, à Hébron, voir le caveau des patriarches, avant de rejoindre Tel Aviv que nous visiterons avant de faire un p’tit tour chez les samaritains au Mont Garizim.

Au programme aussi : plusieurs sites archéologiques (Beth Shéan, Sepphoris, Médigo, Césarée) et les hauts lieux comme Capernaum, Tibériade, Nazareth, sa Basilique et son souk.

Le voyage comprend deux cultes (luthériens), un à Jérusalem et un à Nazareth.

Sans oublier la vie nocturne : restos, soirées sont annoncés…

Ni pèlerinage, ni tourisme religieux, ni voyage d’agrément, le voyage se veut « voyage d’étude en Israël-Palestine ». Personnellement, je pense il y aura un mélange des genres selon les participants…

Mais pour le moment, il faut que je soigne ma sciatique si je veux arpenter Israël et la Palestine le mois prochain.

Bonne rentrée à vous tous.

Amicalement comme toujours.

Catherine

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Mercredi, 10 juillet 2019

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Je suis invitée à deux mariages cet été.

J’ai déjà assisté au premier, celui de Séverine et François qui a eu lieu samedi dernier. J’ai fait la connaissance de ce couple lors d’une session de préparation au mariage que j’ai animée à l’automne dernier.

J’ai particulièrement apprécié la célébration de mariage à l’Eglise. Tous les composants étaient réunis : un couple amoureux, deux petits enfants adorables, une famille attentionnée, une église lumineuse, un temps sec et chaud (mais pas trop), une assemblée recueillie qui a chanté et porté les mariés, un prêtre chaleureux et plein d’humour.

A ma grande surprise, il y a même eu une messe. C’est de plus en plus rare les « messes de mariage ». Du coup, la célébration a duré 1h30, mais je n’ai pas vu le temps passé.

J’ai apprécié les chants, ceux que l’on aimait chanter à l’école des ministères, soutenus par une belle chorale.

Le couple qui se mariait avait déjà une longue vie commune, 19 ans, et un parcours de vie qui n’a pas toujours été facile a rappelé le prêtre. Mais après avoir fondé une famille, et fait baptiser leurs enfants, ils ont décidé de s’engager plus avant dans leur vie de couple et de celer une alliance durable entre eux, et devant Dieu ; c’est le sens même du mariage chrétien quelque soit d’ailleurs la confession chrétienne, qu’il y ait sacrement comme chez les catholiques ou bénédiction comme chez les protestants.

Mariage « plus vieux, mariage heureux » a proclamé le prêtre après le recueil des consentements et le tonnerre d’applaudissement qui a retenti dans l’Eglise.

Personne n’en doute que ce mariage sera heureux, quoiqu’il advienne dans la vie de ce couple. Qui a encore de longues années à vivre, car même s’il est « plus vieux », le couple vient à peine d’atteindre la quarantaine…Et ils sont l’un comme l’autre, déterminé à faire ce qu’il faut pour s’inscrire dans la durée.

Et vous, vous irez à des mariages cet été ?

Je vous souhaite un bel été à tous, amis lecteurs.

Amicalement comme toujours.

Catherine

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Dimanche 23 juin 2019

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Je n’en croyais pas mes yeux lorsque j’ai vu sur l’écran de mon téléviseur les images de ces vaches « sur l’eau ».

Il s’agissait d’un reportage sur une innovation de l’agriculture hollandaise : une étable flottante d’une trentaine de vaches située dans le port de Rotterdam. La ferme est présentée comme étant à la pointe de la technologie. Elle fonctionne à l'énergie solaire avec des robots qui se chargent de la traite du lait 24 heures sur 24. Les vaches y sont attirées par des friandises (!) et s’y rendent deux à trois fois par jour. Les images montrent des bêtes globalement bien traitées. On en voit une se faire brosser l’arrière train par un rouleau un peu comme celui qui existe dans les tunnels de lavage des voitures.

Seulement il manque à mes yeux l’élément essentiel pour un ruminant : l’herbe !

Certes, vous allez me dire que les vaches ne sont pas toujours au pré, qu’elles passent une partie de leur temps à l’étable. Mais tout de même, il me semble qu’elles sont faites pour vivre, si ce n’est toujours, au moins une grande partie de leur vie dans l’espace qui leur convient à savoir la terre ferme couverte d’herbe si possible. Les bêtes de la ferme flottante, elles, mangent de l’herbe qui provient de la tonte des stades, des granulés et des résidus des brasseries, elles sont bien nourries mais elles ne broutent jamais !

Plus étonnant encore, dans la ferme flottante rien ne se perd : les excréments sont récupérés, filtrés et la partie sèche sert ensuite de litière aux bêtes !

Un bémol dans l’affaire : la production quotidienne de lait n’est que de sept litres. Ce qui est peu pour des vaches laitières. Elles produisent peu explique l’exploitant car elles sont stressées par leur nouvel environnement, ce que je veux bien croire car il y a de quoi !

Si mon grand-père voyait ça, il n’en reviendrait. Il était éleveur et faisait partie de cette lignée de mennonites qui a sélectionné la race montbéliarde, dont le lait donne le fameux comté.

Eh bien, ce sont des montbéliardes justement qui sont installées dans la ferme flottante de Rotterdam, les cousines de celles qui broutent au bout de mon jardin…

Je sais que les hollandais ont des problèmes d’espace et qu’ils ont toujours essayé de gagner du terrain sur la mer. Mais là, mettre des vaches sur l’eau, je trouve que c’est contre nature. Elles sont condamnées à ne jamais arracher un brin d’herbe, or elles sont programmées pour ça, c’est ainsi qu’elles s’alimentent. Non ?

Je ne doute pas un instant que la ferme flottante soit à la pointe de la technologie agroalimentaire.

Je doute par contre qu’elle soit à la pointe de l’écologie, du bien-être animal et d’une exploitation raisonnable de la création. Et je doute de la qualité du lait pour l’alimentation de l’homme.

Qu’en dites-vous ?

Amicalement comme toujours.

Catherine

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Samedi 15 juin 2019

Amis de Murmure, bonjour à tous.

C’est la catastrophe à la maison de retraite. Depuis qu’ Antonin a annoncé sa démission.

Antonin est le professeur de sport. C’est un grand gaillard d’une petite trentaine d’années, élancé et musclé, passionné de Volley. Chaque vendredi matin, depuis 5 ans, il anime l’heure de gymnastique à la maison de retraite, avec un petit groupe de volontaires, motivés et assidus. La moyenne d’âge est de 82 ans et le nombre de participants restreint, 12 personnes, mais la motivation est là.

Le groupe est presque entièrement féminin. Pour beaucoup de participantes, c’était la première fois de leur vie qu’elles participaient à un cours de gymnastique. Antonin a dû expliquer lors de la première séance, le B.A.-BA : porter des chaussures souples (et non des mocassins, pire des escarpins) et des vêtements adaptés (éviter jupes, robes et chemisiers). Le professeur a été entendu, les dames se sont équipées de baskets, tee-shirts et joggings. Il faut dire qu’Antonin a un certain succès auprès des résidentes, sa grande taille et son calme apaisent, et sa force physique rassurent, surtout lors des exercices d’équilibre. Il sera là pour rattraper une éventuelle perte d’équilibre ou chute. Les dames ont confiance en lui.

Du coup, il peut leur faire faire tous les exercices de gymnastiques adaptées possibles : mouvements des bras, des jambes, lancé de balles et ballons, parcours d’équilibre, mémorisation de parcours, exercices pour se relever seul en cas de chute, cardio et même de la boxe ! Tout cela dans une excellente humeur.

Mieux, elles participent aux olympiades annuelles et remportent médailles et trophées qu’elles rapportent fièrement à la maison de retraite. Et les bénéfices sont là : peu de chutes malgré le grand âge, un bon équilibre y compris lorsqu’il faut franchir un obstacle, maintien d’une certaine souplesse : Anne, âgée de 95 ans lève avec aisance les bras au dessus de sa tête, plusieurs fois de suite et sans effort (apparent)… Et Jeanne, 97 ans, fait encore des exercices à la barre, comme une danseuse !

Mais voilà, Antonin a annoncé son départ. Depuis, une déprime s’est installée dans le groupe de gymnastique, plusieurs veulent arrêter. Antonin a beau expliquer que ce n’est pas une bonne idée du tout, les grands-mères rechignent, perdent leur motivation. Sans Antonin, ce ne sera plus pareil…

Voyant cela, Antonin a convié son successeur à assister à la dernière séance. Nouvelle catastrophe : le remplaçant est UNE remplaçante, sportive certes et compétente, mais petite et menue. Les dames doutent de sa capacité à les retenir si elles perdent l’équilibre lors des exercices… En revanche, deux messieurs se sont présentés en vue d’une inscription à la rentrée. Le nouveau professeur ne déplaît pas à tout le monde…

En tout cas, je recommande la gymnastique adaptée. C’est excellent pour la santé et le moral des séniors, hommes et femmes…

Vous ne croyez pas ?

Amicalement comme toujours.

Catherine
 

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Dimanche 2 juin 2019

Amis de Murmure, bonjour à tous ;

Je rentre de Paris où j’ai assisté au baptême de mes deux petits cousins, Gaspard et Auguste, respectivement 3 ans et 1,5 ans.

Le baptême a eu lieu le samedi matin à 11h, en l’Eglise Saint Eugène - Sainte Cécile (là où Jules Verne s’est marié) dans le 9ème arrondissement, en plein cœur de Paris.

Le prêtre nous a accueillis (40 adultes et 20 enfants) sur le parvis de l’Eglise et a commencé par présenter le patrimoine religieux que constitue l’Eglise Saint Eugène, classée aux monuments historiques. J’ai fait le lien avec le regain d’intérêt pour le patrimoine religieux qu’a suscité l’incendie de Notre Dame de Paris ; effectivement, l’assistance était très attentive aux explications architecturales et historiques. L’église Saint-Eugène, qui date du milieu du XIXème siècle, présente en fait la particularité de posséder une ossature en métal, une solution plus économique qu’une construction traditionnelle en pierres.

Une fois tous entrés dans l’Eglise, la célébration a pu débuter. Le prêtre a opté pour une célébration « qui prend son temps ». Non seulement il a accompli les rites, mais il les a tous expliqués un à un en faisant œuvre de pédagogie. Et ça fait du bien, y compris à ceux qui pensent connaître leur signification. Il rejoint en cela l’intuition d’Hélène BRICOUT (la catholique) et de Jérôme COTTIN (le protestant), tous deux professeurs de théologie pratique, pour qui il est urgent de réexpliquer les rites chrétiens, lesquels peuvent constituer une porte d’entrée dans la foi. Il a pris le temps aussi de prêcher longement à partir des textes liturgiques du jour. Et la formule fonctionne plutôt bien. L’assemblée, pas très pratiquante dans l’ensemble, s’est posée, semblait à l’aise et était participative.

Au moment du baptême des deux petits garçons, le célébrant a réuni tous les enfants de l’assistance (une vingtaine) autour du baptistère. A chaque geste accompli (onction avec l’eau puis le saint chrême, remise du vêtement blanc, allumage du cierge) le plus jeune des baptisés applaudissait ! Le frère aîné était lui très sérieux et recueilli.

Puis nous avons quitté St Eugène pour nous rendre à pied, en empruntant les passages couverts, dans un bistrot chic et convivial non loin du Palais Royal où nous avons déjeuné dans une ambiance très joyeuse.

Au menu : tout le raffinement parisien…

Belle Ascension à vous.

Amicalement comme toujours.

Catherine
 

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Mardi 21 mai 2019


 

Amis de Murmure, bonjour à tous.


 

Voilà trois semaines que je n’ai pas écrit. Je n’oublie pas Murmure ; je me remets juste de mes émotions après les grands oraux de licence (de théologie). On a beau anticiper, s’y préparer et relativiser ces épreuves, on en sort tous plus ou moins secoués…

Pour ce qui est de la forme, ça ressemble à « Questions pour un champion ». Vous vous retrouvez face à trois spécialistes d’un domaine, l’Histoire du christianisme par exemple qui à tour de rôle vous questionnent pendant 10 minutes chacun. Vous n’avez aucun temps de préparation ni support.

En Histoire du christianisme justement, sur la période de l’Antiquité, je me suis complètement ramassée sur Constantin, puis sur le gnosticisme ; j’ai fait du Montanisme une gnose, ce qui a agacé le professeur. Je me suis raccrochée aux branches en christianisme du Moyen-Âge (que je redoutais tant) grâce à la Réforme grégorienne que j’ai su expliquer correctement et j’ai assuré (quelques instants) avec la Réforme, grâce à ce cher Zwingli dont j’avais la biographie et la théologie bien en tête depuis que mon fils m’avait demandé de le conduire jusqu’à l’aéroport de Zurich. J’en avais profité pour visiter la ville, parcourir les bords de la Limmat (où avaient été noyés les anabaptistes) ; j’étais allée jusqu’à la Grossmünster, l’église où prêchait le célèbre réformateur suisse.

Mais le plus douloureux fut le grand oral de sciences bibliques. Car j’aime beaucoup ce domaine mais il est si vaste et le programme de lecture était si exigeant (400 versets en grec et en hébreu dont il faut faire l’exégèse) qu’il est difficile d’être à l’aise en la matière. J’avais approfondi les quatre évangiles, les lettres pauliniennes mais manque de chance, j’ai tiré au sort l’Apocalypse ! J’ai su traduire la moitié des versets et évoquer les sept lettres adressées aux églises grâce aux cours de l’École des Ministères (catholique) que j’avais fréquentée autrefois, mais ce ne fut pas glorieux. En Ancien Testament, il a fallu parler « des auteurs deutéronomistes », une hypothèse à laquelle je ne comprends pas grand-chose, mais Dieu merci, ça ne s’est pas trop vu…

Heureusement, j’ai eu une bonne nouvelle durant mon séjour à Strasbourg qui m’a réconfortée : notre professeur d’hébreu nous a annoncé la programmation d’un voyage d’études en Israël à la rentrée prochaine.

Peu importe les résultats aux grands oraux, j’irai.

Vous êtes déjà allé en Israël, vous ?

Amicalement comme toujours ;

Catherine

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Dimanche 28 avril 2019

 

Amis de Murmure, bonjour à tous.

 

Peut-être avez-vous connu la période Disco ?

Si oui, alors vous avez sûrement écouté, et peut-être apprécié, le célèbre tube du groupe Boney M. By the Rivers of Babylone ?

 

Or, j’ai appris cette semaine, non sans surprise, que les paroles de cette chanson étaient tirées du Psaume 137 ! Etonnant non ?

Voici les paroles en français de la chanson qui a fait le tour du monde.

Près des rivières de Babylone

Là nous sommes assis

Oui, nous avons pleuré

En nous souvenant de Sion.

Quand le méchant nous a emmenés en captivité

Il nous a demandé une chanson.

Maintenant comment devons nous chanter

les louanges de Dieu

Dans ce monde étrange.

Laissons les mots de nos bouches

Et la méditations de nos cœur

Etre acceptables en ta présence, ici ce soir.

 

Il y a 40 ans, je suis passée à côté (des paroles). Mais depuis une semaine, j’ai redécouvert cette chanson que j’écoute en boucle.

Vous aimiez Rivers of Babylone ? Alors, il faut la réécouter...

Bonne fête de Pâques (orthodoxe) à vous tous.

Amicalement comme toujours.

Catherine

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Dimanche 14 avril 2019

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Mon fils est parti à l’autre bout du monde (en Nouvelle Zélande) pour faire les vinifs (comprenez les vinifications, c’est l’étape juste après les vendanges). Il a d’abord appris la théorie sur les bancs de l’université, puis la pratique dans les caves de nos voisins suisses. Cette activité saisonnière, intense (comptez 12h de travail par jour) mais brève (quelques semaines) est bien rémunérée et elle permet, si vous êtes organisé, de faire un tour du monde en une année, et trois saisons dont une aux Etats-Unis à condition d’avoir suffisamment économisé pour s’offrir le coûteux visa.

Lors d’un appel en visio, mon fils m’a raconté la rencontre inattendue avec des rabbins israéliens venus dans la cave où il travaille pour presser et vinifier du raisin. A cette occasion, il a découvert l’existence des lois et pratiques alimentaires du judaïsme. Là, il tombait des nues. Il n’avait entendu parler de la cacherout ni à l’école, ni à l’université, ni dans les caves suisses. Alors grande fut sa surprise quand les rabbins lui ont expliqué qu’il ne devait plus toucher aux cuves, pressoirs pneumatiques et filtres, et que c’était eux qui allaient s’en charger et que son rôle à lui serait simplement de leur expliquer le process.

Mon fils s’étonnait de tous ces interdits et rituels. J’ai expliqué qu’il ne s’agissait pas que de commandements archaïques (même s’ils sont anciens) et que l’idée n’était pas comme certains le pensent de suivre un régime alimentaire ou d’ajouter de l’hygiène là où il n’y en aurait pas mais plutôt d’ajouter du sacré dans le quotidien. A la fin du long passage du Lévitique (chapitre 11) consacré à la distinction entre ce qui est pur et impur, il apparaît clairement que l’enjeu est la sainteté (et non la santé ou la moralité). Le respect des interdits et la stricte observance de la loi fait du fidèle un saint. C’est tout l’enjeu du « sacré », de ce que l’on met « à part ». Mon fils, lui a surtout perçu les enjeux identitaires des restrictions. Ce qui n’est pas faut.

Si les catégories du pur et de l’impur lui échappent, il est plus sensible à celles du goût : le vin est bon ou mauvais. Or, il s’avère que le vin « pur » produit ce jour-là par les rabbins n’était pas fameux. Je ne l’aurais pas acheté m’a expliqué mon fils, pour qui ce qui compte avant tout, c’est les qualités gustatives du vin (liées selon lui aux méthode de culture de la vigne, de vinification et d’élevage). Mais en ce domaine, je pense que les références des uns et des autres ne sont pas du tout les mêmes…

Je crains ne pas l’avoir convaincu sur le sens sacré de la cacherout, mais au moins, me suis-je dit, il progressera en anglais auprès des israéliens les jours de production casher car je doute que les rabbins venus d’Israël parlent français, et comme mon fils ne connaît pas un mot d’hébreu, il ne reste que l’anglais.

Mais pour vous, qu’est-ce qui est sacré ?

Amicalement comme toujours.

Shalom !

Catherine

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Samedi 6 avril 2019

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Ça y est !

J’ai passé ce matin l’épreuve (redoutée) de Nouveau Testament de licence. 4 h d’exégèse sur Jean 11, 47-53 (l’épisode dit du complot contre Jésus) après une nuit agitée, où j’avais eu du mal de trouver le sommeil. J’avais amassé tout un tas de documents autour de mon bureau, parce qu’on a droit aux documents et que l’épreuve se passe à domicile (mais en temps limité). Mais je n’ai rien ouvert de ces ressources, pas même le cours du professeur, ni les manuels d’exégèse et encore moins les commentaires sur internet. J’ai tout analysé avec mes ressources personnelles, ce qui n’est pas sans risque et me fait douter à cette heure !

Pour me changer les idées, j’ai participé l’après-midi au ramassage annuel des déchets organisé par ma commune. Il faisait grand beau temps et les participants étaient nombreux (une dizaine de personnes, adultes et enfants). Je me suis retrouvée dans l’équipe « bord de rivière ». Une chance car les bords de Loue sont magnifiques à cette saison et les parcourir est un bonheur. J’étais équipée de gants et de sacs poubelles pour collecter les déchets, verres, canettes, papiers, plastiques et objets divers. Mais à mon grand étonnement, sur les bords de la rivière, eh bien je n’ai rien trouvé ! Et les personnes qui m’accompagnaient non plus. Choux blanc pour tout le monde ! Ce dont on s’est tous réjouit. En fait les riverains sont très respectueux et les pêcheurs nombreux et ils veillent à la préservation de leur espace, exceptionnel il faut dire, car on pêche encore la truite (sauvage) dans cette rivière.

Du coup, on a rejoint l’équipe « bords de chemin ». Là, la collecte a été fructueuse, hélas ! Ce qui m’amuse toujours dans ce genre d’opération, c’est la diversité des objets que l’on peut trouver. Pour ma part, j’ai déniché, hormis les mégots, bouteilles et papiers, des jantes de voiture, un maillot de bain, un porte-couvert, un bidon d’huile, un drap, un ballon…Les messieurs de l’équipe ont hissé des fossés : un matelas, un tapis, un rouleau de linoléum, d’immenses plaques de verre, des bidons, une roue de voiture, des sacs de déchets ménagers…

Ces déchets de bord de route et de chemin augmentent semble-t-il. Les incivilités seraient la cause première de cette augmentation. Soit. Personnellement je crois qu’il faudrait aussi repenser l’aménagement de nos bords de route comme on pense l’aménagement des bords de rivière, pour les rendre « vivables » : aires de stationnement suffisantes et agréables, équipées de toilettes (sèches) propres, et de containers pour le tri sélectif. Ça irait peut-être mieux, non ?

Vous ne croyez pas ?

Amicalement comme toujours.

Catherine

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Samedi 16 mars 2019


 

Amis de Murmure, bonjour à tous


 

Avez-vous manifesté aujourd’hui ?

Avec les gilets jaunes ? Ou pour le climat ?

En ce qui me concerne, j’ai suivi le mot d’ordre de la Fédération protestante de France et j’ai participé à la « Marche du Siècle » pour le Climat. J’avais surtout très envie de soutenir l’initiative de la jeunesse (parfois de très jeunes enfants…) qui cherche à éveiller les consciences et à nous pousser à prendre nos responsabilités en matière d’écologie. Mon amie Marie (une protestante) pense qu’on nous enfume avec cette histoire de réchauffement climatique qui serait dû à l’activité humaine. Elle n’y croit pas. J’essaie de lui faire entendre que même si elle a raison, il faut tout de même qu’on apprenne à vivre plus sobrement, sans polluer notre environnement (à nous en rendre malade) sans accaparer les ressources à notre disposition, sans limite. Des limites, c’est justement ce que les jeunes veulent nous imposer à nous les adultes. C’est un peu le monde à l’envers, mais je pense, contrairement à mon amie Marie, qu’on en a besoin… Et surtout, les jeunes nous mettent en face de nos contradictions : le fait que l’on connaisse les solutions aux problèmes environnementaux et que l’on ne fasse rien (ou insuffisamment). Car c’est la passivité le problème. C’est ce que la jeune militante suédoise Greta Thunberg explique dans ses discours.

Lors de la marche, j’ai retrouvé mon ami Christian (un catholique). Avec Christian, nous avons surtout évoqué le documentaire de la chaine Arte sur « les religieuses abusées, l’autre scandale de l’Eglise » (après la pédophilie) diffusé le 5 mars. Nous avons partagé notre indignation, et surtout notre malaise. Et nous sommes arrivés aux mêmes conclusions : dans l’Église, c’est comme au niveau des Etats en matière de pollution environnementale, c’est la passivité qui gouverne. Or, on connaît les maux (abus de confiance et de pouvoir, exploitation sexuelle de mineurs et de personnes influençables), le mal est donc identifié (puisque je suis capable de le nommer…), des solutions existent (la prévention et la formation, ça existe, et les spécialistes de l’éthique ne manquent pas dans l’Église à ce que je sache !), mais en ce domaine aussi, c’est la passivité qui l’emporte car bon nombre de responsables ecclésiaux n’ont pas pris la mesure de la gravité du mal, « ils n’y croient pas » déplore mon ami Christian (dont les engagements dans l’Eglise sont nombreux). Donc le mal continue à faire son œuvre.

Dès le retour de la manif, mon mari est passé à l’action, il s’est procuré un vélo d’occasion (rose !) qu’il utilise pour les petits trajets du quotidien en remplacement de la voiture. Il a du mérite car le vélo, un ancien modèle (de course) de la marque Mercier est lourd et n’est pas électrifié, or nous habitons une région montagneuse.

De mon côté, j’ai découvert l’existence à la fondation de l’Arche, d’un nouveau Code de conduite validé en décembre 2018 par l’Equipe de Direction Internationale et qui sera présenté aux représentants de la Fédération en Slovénie le mois prochain pour en assurer le déploiement. L’Arche Internationale annonce qu’elle est déterminée à appliquer une politique de tolérance zéro en matière d’exploitation et d’abus sexuels. Bonne nouvelle car il est grand temps d’agir ! Vous ne croyez pas ?

Amicalement comme toujours.

Catherine
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Dimanche 10 mars 2019

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Je rentre de l’aéroport de Zurich, où j’ai accompagné mon fils jusqu’à son avion pour Wellington.

Je ne regrette pas mon escapade en Suisse alémanique. J’ai découvert une ville que je ne connaissais pas et une ambiance différente de la Suisse romande (que je connais mieux). J’ai surtout retrouvé les traces d’un réformateur que j’aime bien, un certain Ulrich ZWINGLI. Bon, je n’ai pas pu visiter la célèbre église Grossmünster où il prêchait car elle était fermée en raison d’un office, alors j’ai tout simplement emprunté le Munsterbrücke, un pont sur la Limmat, pour me rendre à l’église d’en face, tout aussi belle (voire plus), la non moins célèbre Fraumünster qui renferme un trésor : cinq magnifiques et monumentaux vitraux de Chagall. Que j’ai longuement contemplés tout en consultant un cours en ligne du professeur André Gounelle sur les différentes conceptions de la Cène (ou eucharistie), histoire de faire in situ quelques révisions, et en espérant mieux m’en souvenir du fait d’être dans le lieu même où les idées réformatrices sont nées.

En franchissant la Limmat, j’ai vu des hommes grenouilles en train de nettoyer la rivière. Ils étaient nombreux, des hommes et des femmes de tout âge, très bien équipés avec du matériel moderne. C’était extraordinaire tout ce qu’ils sortaient de l’eau : bouteilles et canettes bien-sûr, mais aussi vélo, sièges, pneus, roues, poussettes, plastiques…Ils remplissaient de gros containers installés sur les berges. Les suisses ne font pas dans la demi-mesure. Rien à voir avec la méthode artisanale déployée dans mon village où le nettoyage des bords de la Loue se fait à la main, depuis les berges, avec simplement des gants, des bottes et des sacs en plastique pour collecter les objets. Bon, la méthode est efficace aussi, il faut simplement plus de main d’œuvre et de temps pour arriver au même résultat…

J’ai vu aussi des gens très chics, manger en plein après-midi, à la terrasse d’un café huppé, des saucisses blanches, en les tenant à la main et en mordant dedans. Rien n’a donc changer, me suis-je dit, depuis le temps de la Réforme, où déjà une affaire de saucisse avait mis le feu au poudre : au printemps 1522, des amis de Zwingli mangent des saucisses en plein carême. Ils sont dénoncés aux autorités religieuses, Zwingli prend leur défense au cours de « disputes » organisées par les autorités civiles et religieuses. Zwingli parvient à rallier les autorités civiles contre les autorités religieuses, c’est le coup d’envoi de la Réforme à Zurich, on connait la suite…

En longeant les bords de la Limmat, je me suis souvenu aussi des malheureux anabaptistes qui y ont été noyés au temps de la Réforme toujours, sans que le grand Zwingli ne s’y oppose. Pour cela, je lui en veux beaucoup… Terrible époque que ce XVIème siècle où l’on mourrait pour ses convictions religieuses, et en général d’une mort atroce. Zwingli aussi est mort de mort violente, au champ de bataille.

Dieu merci, Zurich est bien paisible aujourd’hui. On ne risque rien quelles que soient ses convictions religieuses en se promenant au bord de la Limmat…

Amicalement comme toujours.

Catherine

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Jeudi 28 février 2019

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Il arrive qu’un bébé vienne au monde déjà « stressé ». Cela peut être dû à différentes raisons : parce que la naissance a été longue et douloureuse, parce que sa conception a été un parcours du combattant pour ses parents, ou parce que les circonstances de sa venue sont compliquées.

Pour ces bébés là, Sonia a inventé un soin. C’est un bain. Mais pas un bain pour un soin d’hygiène, plutôt une thalassothérapie. Elle recrée dans une petite baignoire, les conditions qui sont celles du ventre maternel : chaleur, eau, position fœtale. Le bébé (tout habillé dans l’eau parfois) est totalement immergé, seul le bout du nez dépasse de l’eau. Sonia lui parle et le maintient dans l’eau et en général, il s’endort, totalement détendu, en tenant le bras ou la main de Sonia.

C’est étonnant à voir. Il faut dire que Sonia maîtrise à la perfection ses gestes et son art du bain au nouveau-né qu’elle pratique depuis plus de 30 ans en tant qu’auxiliaire de puériculture dans une clinique parisienne. Son bain remporte un tel succès qu’elle l’enseigne dorénavant à d’autres professionnels. En ce qui me concerne, c’est en regardant un reportage diffusé au JT de 20h sur TF1 le mois dernier que je l’ai découverte.

Quand j’ai montré le reportage à mon amie Colette, maman de trois enfants et grand-mère pour la quatrième fois depuis quelques jours, elle avait les larmes aux yeux. Car c’est très émouvant de voir des tout- petits si détendus dans les mains de Sonia qui a vraiment un don pour accueillir et mettre en confiance les nouveau-nés.

Vous pouvez voir le reportage à cette adresse ou sur YouTube (le bain de Sonia).

Amicalement comme toujours.

Catherine

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Dimanche 17 février 2019

 

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Je profite du temps de sieste de mes petites filles pour vous écrire.

Je me suis plongée, études obligent, dans la Passion de Perpétue. Mon Dieu ! Je me suis demandé un moment si je pourrais lire ce livre. Il s’agit d’un document historique, très ancien, qui contient le journal d’une jeune chrétienne condamnée à mort en l’an 203, pour avoir refusé de sacrifier au salut de l’empereur romain.

Perpétue avait exactement l’âge de ma fille, 22 ans, lorsqu’elle a été arrêtée (probablement suite à une dénonciation) avec un groupe de catéchumènes de son village proche de Carthage. Le petit groupe est composé d’un couple d’esclaves (elle, est enceinte de huit mois), de deux frères de naissance libre et de Perpétue. Perpétue (qui est issue de la haute bourgeoisie) a tout d’abord été conduite avec ses compagnons d’infortune dans une prison civile. Là, son catéchiste Saturnus les a rejoint, se faisant interner de son plein gré, car il ne voulait pas abandonner ses compagnons arrêtés en raison de leur foi et parce qu’ il voulait achever son initiation en les baptisant. Et c’est dans cette prison, malgré des conditions de vie épouvantables et comme seule perspective une mort certaine, que Perpétue a trouvé la force de consigner par écrit ses dernières pensées. Ce document est extrêmement précieux car il constitue l’un des seuls documents de l’Antiquité rédigé en latin par une femme.

L’écrit est bref, mais étonnant de sincérité et d’authenticité (même s’il a pu faire l’objet comme certains chercheurs le pensent de quelques retouches). Il y a des détails qui ne s’inventent pas. Comme les préoccupations d’une maman qui allaite et qui est séparée de son enfant. Lorsque Perpétue évoque sa situation au début de son journal, son angoisse est palpable. Dieu merci, le temps de son séjour en prison, et grâce à l’intervention d’un diacre, elle pourra s’occuper de son petit garçon et le nourrir.

Une fois son bébé retrouvé, c’est son père que Perpétue évoque, car elle est en conflit avec lui. Lui veut qu’elle sacrifie à l’empereur, qu’elle renonce à la foi et reste auprès de son enfant ce que Perpétue refuse catégoriquement, avec une incroyable détermination, d’autant plus étonnante que dans l’Antiquité il était de coutume qu’une fille obéisse à son père. Une détermination qu’elle manifestera également devant le procureur Hilarianus qui fait tout pour la sauver, mais rien n'y fait, Perpétue réaffirme son identité chrétienne (et son refus de sacrifier). Elle est alors condamnée aux bêtes. Une mort atroce et infamante puisqu’il s’agit de se battre dans les arènes d’un amphithéâtre contre des animaux sauvages après toute une mise en scène destinée à un public voyeuriste, venu se distraire de la souffrance des condamnés.

Dans son journal, Perpétue raconte également quatre songes étonnants qu’elle a faits les jours précédents sa mort et qui donnent un aperçu de ce que pouvait être sa pensée religieuse. Elle dit aussi ses nombreuses prières individuelles et collectives, sa détresse face au malheur qu’elle cause à sa famille, et surtout son désir de vivre son martyre en pleine conscience, dignement et en faisant de ce moment une « victoire ».

Ses actes (ainsi que ceux de ses compagnons dont l’esclave Félicité) et ses écrits (ainsi que ceux du catéchiste Saturnus) ont marqué les esprits, dont celui de deux (très) grands Pères de l’Eglise qui n’avaient pas (du tout) pour habitude de faire référence à des femmes : Tertullien et St Augustin, qui évoquent tous les deux sa Passion.

Je n’ai pas perçu de « désir du martyr » chez Perpétue, mais simplement la volonté totalement folle d’affirmer sa toute nouvelle identité chrétienne, une volonté qui m’a saisie car elle témoigne de nouvelle façon de vivre, de penser et de beaucoup de liberté, à commencer par celle d’oser écrire, un bouleversement de l’ordre social à l’époque où vivait Perpétue.

Amicalement comme toujours.

Catherine


 

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Dimanche 3 février 2019,

Amis de Murmure, bonjour à tous.

J’étais toute contente de retrouver Solange, une amie perdue de vue depuis longtemps. Nous avions été dans la même équipe à l’Ecole des ministères et avions vécu des temps forts ensemble qui avaient créé des liens. Mais la joie des retrouvailles n’a duré que quelques minutes. A peine avions nous repris contact que Solange m’annonçait non pas un cancer, mais deux d’un coup, un à chaque sein ! La maladie venait de lui être annoncée et elle était très éprouvée par la nouvelle et par toute une série d’examens qu’elle venait de subir à l’hôpital. Son anxiété était palpable. Cette nouvelle m’a rendue triste et m’a troublée car elle rappelle à tout un chacun que le cancer est un fléau qui peut vous atteindre à tout moment.

Mon amie a dû sentir mon trouble, alors très vite elle m’a raconté un évènement qui lui avait fait du bien lors de son dernier séjour à l’hôpital : elle y avait reçu le sacrement des malades. Ce souvenir la réjouissait car ce moment avait été une parenthèse heureuse lors de journées éprouvantes physiquement et moralement. Elle m’a confié que ce sacrement lui avait procuré un véritable apaisement, qu’elle avait senti que Dieu s’était fait proche, par l’intermédiaire des mains du prêtre qui appliquaient l’huile sainte, qu’elle avait senti Sa force et Sa présence. Il est vrai que je l’ai sentie un instant réconciliée avec la vie lorsqu’elle me racontait ce sacrement dont elle a témoigné d’ailleurs par un écrit qu’elle a diffusé dans son réseau.

Comme elle s’intéresse aux sacrements, lorsque le documentaire consacré à Jean Vanier intitulé « Le Sacrement de la tendresse » est sorti, je lui ai proposé de m’accompagner pour aller le voir. Nous n’avons pas été déçues ! Car le documentaire, qui allie entretiens avec le fondateur de l’Arche et reportages sur différents foyers de la fondation (à Bethléem, en Inde…), déborde de tendresse (ça change du ton habituel des flux d’actualités). On y découvre la vie en communauté de personnes handicapées mentales avec leurs assistants qui non seulement travaillent dans les foyers mais y vivent ou partagent une expérience communautaire. Le rayonnement des handicapés et de leurs assistants et la tendresse qu’ils se manifestent les uns aux autres sont de vrais miroirs de l’amour de Dieu.

Mais ce qui nous a fait le plus de bien je crois, c’est le débat qui a suivi le film. Car il a été animé par trois jeunes handicapés présents dans la salle. Alors non seulement ils étaient de brillants animateurs, mais ils avaient une joie de vivre et surtout une sincérité dans le propos et une authenticité qui étaient à la fois décapantes et vivifiantes. Car ils n’y vont pas par quatre chemins pour vous expliquer ce qui les fait souffrir (la trisomie par exemple, qui n’est pas « facile à vivre », ce que je veux bien croire) et ce qui les rend heureux : rire, jouer, partager de bons moments ensemble, faire des rencontres, de la musique, profiter de la vie tout simplement.

Profiter de la vie alors qu’on est trisomique, cultiver sa joie de vivre et la faire partager aux autres, n’est-ce pas formidable ? Que demander de plus à la vie…

Amicalement comme toujours.

Catherine

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Samedi 26 janvier 2019

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Ça y est, je viens de poster mon devoir en ligne, j’en ai fini avec le Livre des Juges et mon exégèse du récit de Samson. Quel soulagement ! 20 pages tout de même sur ce juge au comportement bizarre, qui voit venir à lui toutes sortes de malheurs, mais qui n’en fait qu’à sa tête et tout seul, alors qu’il est doté d’une force extraordinaire. Un juge qui paraît limite un peu bête (comme son père l’était déjà), comme s’il avait du mal à comprendre ou qu’il ne voulait pas voir la réalité…alors qu’il est à la tête de tout un peuple tout de même.

Vous avez déjà lu complètement le cycle de Samson ? (et pas que l’épisode avec Dalila)… Franchement, ça vaut le coup de lire ou de relire ce récit qu’on n'entend jamais à l’Eglise car à ma connaissance il ne fait pas partie du cycle de lecture. Il se trouve aux chapitres 13 à 16 du Livre des Juges (dans l’Ancien Testament).

En fait, ce qui m’a le plus étonnée, c’est le burlesque du récit, un style assez inattendu dans la Bible. Avec Samson, on n’est pas loin parfois du style déjanté de la Vie de Brian des Monty Python (ce n’est pas moi qui le dis, mais de très sérieux exégètes). Le burlesque naît en fait d’un détournement du genre épique où en principe la dignité du héros est en harmonie avec le registre littéraire. Or, dans le cas de Samson, il y a bien harmonie, mais entre l’indignité du personnage et les bizarreries du récit, du genre : combattre tout seul une troupe ennemie avec comme arme unique une mâchoire d’âne. Le lecteur s’attend à des actions de la part du héros à la hauteur de la situation à savoir la survie, largement compromise, du peuple d’Israël, or on lui décrit les aventures sentimentales d’un héros solitaire et égocentrique, qui réalise toutes sortes d’exploits physiques improbables (transporter les portes d’une ville à une autre) dans le seul but d’assouvir un désir de vengeance personnelle.

Sans parler du caractère décalé de la fameuse énigme posée aux Philistins, énigme qui n’en est pas une et qui déclenche une série de représailles particulièrement violentes (brûler des récoltes, mettre sur le bucher toute une famille), sans que le lecteur ne soit véritablement atteint par le récit des actes de violence, le récit le « tirant » plutôt vers les rebondissements de la vie sentimentale du héros (avec son épouse, une prostituée, sa maîtresse, toutes issues du clan philistin). Sans parler non plus de l’ironie de la situation, quand les judéens se retrouvent à lier leur frère Samson pour le compte des philistins. Ou des fantasmes sadomasochistes entre Samson et sa maîtresse Dalida. Ou encore de l’apothéose finale de l’attentat suicide.

Le burlesque apparaît comme une antidote contre la désespérance provoquée par l’absurdité du monde et la stupidité. Rien ne va, mais Dieu est là tout de même, même quand tout se décompose, qu’il n’a plus de partenaire pour faire alliance. Il se sert de l’anti-héros Samson pour faire avancer l’histoire.

Le cycle de Samson (une merveille de composition littéraire) sert de soupape dans le livre des Juges, on rit un peu entre une période difficile de l’histoire d’Israël (avant Samson) et le pire qui doit venir encore après avec un crime atroce commis sur une pauvre femme, une guerre civile et le rapt des filles de Silo.

Samson s’amuse durant tout le récit, et amuse les autres jusqu’au jour de sa mort où il fait le clown devant la cour philistine. Et tout laisse à penser que probablement, « Celui qui siège aux cieux rit » (Ps 2,4) aussi car le rire sauve...

Amicalement comme toujours.

Catherine.

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Vendredi 11 janvier 2019

 

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Un bref message aujourd’hui pour vous parler d’une vidéo qui fait le buzz sur les réseaux sociaux depuis quelques jours : celui du groupe de musique TRAF à la Cathédrale de Reims (230 000 vues sur Facebook).

A la demande de l'office de tourisme, trois Rémois ont réalisé un clip depuis la cathédrale de Reims et le marché de Noël avec de belles images de drones et une musique électro spécialement composée en hommage à la cité des Sacres.

Vous pouvez le voir à cette adresse

Ou vous rendre sur la page Facebook de Léo GINAILHAC Photo Vidéo.

Personnellement, j’aime beaucoup.

Belle contemplation et bonne semaine à vous.

Amicalement comme toujours.

Catherine

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Vendredi 4 janvier 2019

Amis de Murmure bonjour à tous.

J’ai fini l’année 2018 dans la tristesse puisque le 31 décembre, j’ai perdu ma tatie Jeannette. Elle était très âgée et affaiblie mais avait gardé toute sa tête comme on dit. Elle n’oubliait jamais de me téléphoner le jour de la Sainte Catherine pour me souhaiter ma fête, un prétexte pour faire la causette et se donner des nouvelles.

Les derniers temps, je redoutais un peu ses appels car son humeur avait considérablement changé. Elle était non seulement triste, mais aussi dépressive depuis la mort de son époux avec qui elle avait été unie 60 ans. En effet, elle ne s’était pas remise de son décès et elle aurait souhaité partir en même temps que lui. Elle enviait presque un couple de son entourage qui avait fait le choix, une fois parvenu à un âge très avancé, de se suicider ensemble. Je lui avais tout même fait remarquer que pour l’entourage (elle avait 4 filles et 16 petits et arrière-petits enfants), perdre les deux parents le même jour par suicide, c’était tout de même très rude, ce qu’elle avait volontiers admis. Mais voilà, dès qu’elle évoquait son époux, invariablement, elle se mettait à pleurer.

Je dois dire que Jeannette et Pierre formait un couple très uni, qui faisait envie. Ils ont été pour moi une référence en matière de vie conjugale, tout du moins à partir de ce que j’ai perçu de leur vie de couple (qui est forcément partiel). Oh, ça n’était pas toujours tout rose, loin s’en faut. C’était même parfois très tendu quand on passait chez eux à l’improviste parce que la moisson battait son plein, que Pierre était épuisé par les nuits sans sommeil, qu’elle avait couru toute la journée dans les champs pour apporter le ravitaillement et aidé à décharger les bottes de paille. Ou qu’il avait fallu régler des affaires familiales compliquées. Mais cette ambiance ne durait pas, et toujours, ils s’entraidaient l’un l’autre, se soutenaient mutuellement et restaient attentifs et attentionnés. S’ils se faisaient des reproches, ce n’était jamais méchant, et après une dispute, l’un ou l’autre avait une intention affectueuse pour manifester son attachement. Ils se pardonnaient mutuellement leurs maladresses, et « quand quelque chose entre eux était cassé, on réparait » m’avaient-ils expliqué.

Je garde toujours présent à l’esprit cette idée qu’une réparation possible dans une relation (pas uniquement conjugale d’ailleurs), c’est très important.

Et puis ils étaient très croyants et pratiquants. Il y avait un plus dans leur vie de couple, un rayonnement. Leur foyer était chaleureux et accueillant.

Mais voilà ce foyer n’est plus, maintenant il faut tourner la page, et passer en 2019.

A ce propos, je vous adresse tous mes meilleurs vœux, que 2019 vous garde en bonne santé, en paix et le cœur joyeux tout au long de l’année à venir.

Amicalement comme toujours.

Catherine

 

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