Oikoumene

 

 

Dimanche 3 février 2019,

Amis de Murmure, bonjour à tous.

J’étais toute contente de retrouver Solange, une amie perdue de vue depuis longtemps. Nous avions été dans la même équipe à l’Ecole des ministères et avions vécu des temps forts ensemble qui avaient créé des liens. Mais la joie des retrouvailles n’a duré que quelques minutes. A peine avions nous repris contact que Solange m’annonçait non pas un cancer, mais deux d’un coup, un à chaque sein ! La maladie venait de lui être annoncée et elle était très éprouvée par la nouvelle et par toute une série d’examens qu’elle venait de subir à l’hôpital. Son anxiété était palpable. Cette nouvelle m’a rendue triste et m’a troublée car elle rappelle à tout un chacun que le cancer est un fléau qui peut vous atteindre à tout moment.

Mon amie a dû sentir mon trouble, alors très vite elle m’a raconté un évènement qui lui avait fait du bien lors de son dernier séjour à l’hôpital : elle y avait reçu le sacrement des malades. Ce souvenir la réjouissait car ce moment avait été une parenthèse heureuse lors de journées éprouvantes physiquement et moralement. Elle m’a confié que ce sacrement lui avait procuré un véritable apaisement, qu’elle avait senti que Dieu s’était fait proche, par l’intermédiaire des mains du prêtre qui appliquaient l’huile sainte, qu’elle avait senti Sa force et Sa présence. Il est vrai que je l’ai sentie un instant réconciliée avec la vie lorsqu’elle me racontait ce sacrement dont elle a témoigné d’ailleurs par un écrit qu’elle a diffusé dans son réseau.

Comme elle s’intéresse aux sacrements, lorsque le documentaire consacré à Jean Vanier intitulé « Le Sacrement de la tendresse » est sorti, je lui ai proposé de m’accompagner pour aller le voir. Nous n’avons pas été déçues ! Car le documentaire, qui allie entretiens avec le fondateur de l’Arche et reportages sur différents foyers de la fondation (à Bethléem, en Inde…), déborde de tendresse (ça change du ton habituel des flux d’actualités). On y découvre la vie en communauté de personnes handicapées mentales avec leurs assistants qui non seulement travaillent dans les foyers mais y vivent ou partagent une expérience communautaire. Le rayonnement des handicapés et de leurs assistants et la tendresse qu’ils se manifestent les uns aux autres sont de vrais miroirs de l’amour de Dieu.

Mais ce qui nous a fait le plus de bien je crois, c’est le débat qui a suivi le film. Car il a été animé par trois jeunes handicapés présents dans la salle. Alors non seulement ils étaient de brillants animateurs, mais ils avaient une joie de vivre et surtout une sincérité dans le propos et une authenticité qui étaient à la fois décapantes et vivifiantes. Car ils n’y vont pas par quatre chemins pour vous expliquer ce qui les fait souffrir (la trisomie par exemple, qui n’est pas « facile à vivre », ce que je veux bien croire) et ce qui les rend heureux : rire, jouer, partager de bons moments ensemble, faire des rencontres, de la musique, profiter de la vie tout simplement.

Profiter de la vie alors qu’on est trisomique, cultiver sa joie de vivre et la faire partager aux autres, n’est-ce pas formidable ? Que demander de plus à la vie…

Amicalement comme toujours.

Catherine

* * * * * *

Samedi 26 janvier 2019

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Ça y est, je viens de poster mon devoir en ligne, j’en ai fini avec le Livre des Juges et mon exégèse du récit de Samson. Quel soulagement ! 20 pages tout de même sur ce juge au comportement bizarre, qui voit venir à lui toutes sortes de malheurs, mais qui n’en fait qu’à sa tête et tout seul, alors qu’il est doté d’une force extraordinaire. Un juge qui paraît limite un peu bête (comme son père l’était déjà), comme s’il avait du mal à comprendre ou qu’il ne voulait pas voir la réalité…alors qu’il est à la tête de tout un peuple tout de même.

Vous avez déjà lu complètement le cycle de Samson ? (et pas que l’épisode avec Dalila)… Franchement, ça vaut le coup de lire ou de relire ce récit qu’on n'entend jamais à l’Eglise car à ma connaissance il ne fait pas partie du cycle de lecture. Il se trouve aux chapitres 13 à 16 du Livre des Juges (dans l’Ancien Testament).

En fait, ce qui m’a le plus étonnée, c’est le burlesque du récit, un style assez inattendu dans la Bible. Avec Samson, on n’est pas loin parfois du style déjanté de la Vie de Brian des Monty Python (ce n’est pas moi qui le dis, mais de très sérieux exégètes). Le burlesque naît en fait d’un détournement du genre épique où en principe la dignité du héros est en harmonie avec le registre littéraire. Or, dans le cas de Samson, il y a bien harmonie, mais entre l’indignité du personnage et les bizarreries du récit, du genre : combattre tout seul une troupe ennemie avec comme arme unique une mâchoire d’âne. Le lecteur s’attend à des actions de la part du héros à la hauteur de la situation à savoir la survie, largement compromise, du peuple d’Israël, or on lui décrit les aventures sentimentales d’un héros solitaire et égocentrique, qui réalise toutes sortes d’exploits physiques improbables (transporter les portes d’une ville à une autre) dans le seul but d’assouvir un désir de vengeance personnelle.

Sans parler du caractère décalé de la fameuse énigme posée aux Philistins, énigme qui n’en est pas une et qui déclenche une série de représailles particulièrement violentes (brûler des récoltes, mettre sur le bucher toute une famille), sans que le lecteur ne soit véritablement atteint par le récit des actes de violence, le récit le « tirant » plutôt vers les rebondissements de la vie sentimentale du héros (avec son épouse, une prostituée, sa maîtresse, toutes issues du clan philistin). Sans parler non plus de l’ironie de la situation, quand les judéens se retrouvent à lier leur frère Samson pour le compte des philistins. Ou des fantasmes sadomasochistes entre Samson et sa maîtresse Dalida. Ou encore de l’apothéose finale de l’attentat suicide.

Le burlesque apparaît comme une antidote contre la désespérance provoquée par l’absurdité du monde et la stupidité. Rien ne va, mais Dieu est là tout de même, même quand tout se décompose, qu’il n’a plus de partenaire pour faire alliance. Il se sert de l’anti-héros Samson pour faire avancer l’histoire.

Le cycle de Samson (une merveille de composition littéraire) sert de soupape dans le livre des Juges, on rit un peu entre une période difficile de l’histoire d’Israël (avant Samson) et le pire qui doit venir encore après avec un crime atroce commis sur une pauvre femme, une guerre civile et le rapt des filles de Silo.

Samson s’amuse durant tout le récit, et amuse les autres jusqu’au jour de sa mort où il fait le clown devant la cour philistine. Et tout laisse à penser que probablement, « Celui qui siège aux cieux rit » (Ps 2,4) aussi car le rire sauve...

Amicalement comme toujours.

Catherine.

* * * * * *

Vendredi 11 janvier 2019

 

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Un bref message aujourd’hui pour vous parler d’une vidéo qui fait le buzz sur les réseaux sociaux depuis quelques jours : celui du groupe de musique TRAF à la Cathédrale de Reims (230 000 vues sur Facebook).

A la demande de l'office de tourisme, trois Rémois ont réalisé un clip depuis la cathédrale de Reims et le marché de Noël avec de belles images de drones et une musique électro spécialement composée en hommage à la cité des Sacres.

Vous pouvez le voir à cette adresse

Ou vous rendre sur la page Facebook de Léo GINAILHAC Photo Vidéo.

Personnellement, j’aime beaucoup.

Belle contemplation et bonne semaine à vous.

Amicalement comme toujours.

Catherine

* * * * * *

Vendredi 4 janvier 2019

Amis de Murmure bonjour à tous.

J’ai fini l’année 2018 dans la tristesse puisque le 31 décembre, j’ai perdu ma tatie Jeannette. Elle était très âgée et affaiblie mais avait gardé toute sa tête comme on dit. Elle n’oubliait jamais de me téléphoner le jour de la Sainte Catherine pour me souhaiter ma fête, un prétexte pour faire la causette et se donner des nouvelles.

Les derniers temps, je redoutais un peu ses appels car son humeur avait considérablement changé. Elle était non seulement triste, mais aussi dépressive depuis la mort de son époux avec qui elle avait été unie 60 ans. En effet, elle ne s’était pas remise de son décès et elle aurait souhaité partir en même temps que lui. Elle enviait presque un couple de son entourage qui avait fait le choix, une fois parvenu à un âge très avancé, de se suicider ensemble. Je lui avais tout même fait remarquer que pour l’entourage (elle avait 4 filles et 16 petits et arrière-petits enfants), perdre les deux parents le même jour par suicide, c’était tout de même très rude, ce qu’elle avait volontiers admis. Mais voilà, dès qu’elle évoquait son époux, invariablement, elle se mettait à pleurer.

Je dois dire que Jeannette et Pierre formait un couple très uni, qui faisait envie. Ils ont été pour moi une référence en matière de vie conjugale, tout du moins à partir de ce que j’ai perçu de leur vie de couple (qui est forcément partiel). Oh, ça n’était pas toujours tout rose, loin s’en faut. C’était même parfois très tendu quand on passait chez eux à l’improviste parce que la moisson battait son plein, que Pierre était épuisé par les nuits sans sommeil, qu’elle avait couru toute la journée dans les champs pour apporter le ravitaillement et aidé à décharger les bottes de paille. Ou qu’il avait fallu régler des affaires familiales compliquées. Mais cette ambiance ne durait pas, et toujours, ils s’entraidaient l’un l’autre, se soutenaient mutuellement et restaient attentifs et attentionnés. S’ils se faisaient des reproches, ce n’était jamais méchant, et après une dispute, l’un ou l’autre avait une intention affectueuse pour manifester son attachement. Ils se pardonnaient mutuellement leurs maladresses, et « quand quelque chose entre eux était cassé, on réparait » m’avaient-ils expliqué.

Je garde toujours présent à l’esprit cette idée qu’une réparation possible dans une relation (pas uniquement conjugale d’ailleurs), c’est très important.

Et puis ils étaient très croyants et pratiquants. Il y avait un plus dans leur vie de couple, un rayonnement. Leur foyer était chaleureux et accueillant.

Mais voilà ce foyer n’est plus, maintenant il faut tourner la page, et passer en 2019.

A ce propos, je vous adresse tous mes meilleurs vœux, que 2019 vous garde en bonne santé, en paix et le cœur joyeux tout au long de l’année à venir.

Amicalement comme toujours.

Catherine

 

Vous êtes le 34915ème visiteur