Les étonnements de Catherine

Mercredi, 10 juillet 2019

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Je suis invitée à deux mariages cet été.

J’ai déjà assisté au premier, celui de Séverine et François qui a eu lieu samedi dernier. J’ai fait la connaissance de ce couple lors d’une session de préparation au mariage que j’ai animée à l’automne dernier.

J’ai particulièrement apprécié la célébration de mariage à l’Eglise. Tous les composants étaient réunis : un couple amoureux, deux petits enfants adorables, une famille attentionnée, une église lumineuse, un temps sec et chaud (mais pas trop), une assemblée recueillie qui a chanté et porté les mariés, un prêtre chaleureux et plein d’humour.

A ma grande surprise, il y a même eu une messe. C’est de plus en plus rare les « messes de mariage ». Du coup, la célébration a duré 1h30, mais je n’ai pas vu le temps passé.

J’ai apprécié les chants, ceux que l’on aimait chanter à l’école des ministères, soutenus par une belle chorale.

Le couple qui se mariait avait déjà une longue vie commune, 19 ans, et un parcours de vie qui n’a pas toujours été facile a rappelé le prêtre. Mais après avoir fondé une famille, et fait baptiser leurs enfants, ils ont décidé de s’engager plus avant dans leur vie de couple et de celer une alliance durable entre eux, et devant Dieu ; c’est le sens même du mariage chrétien quelque soit d’ailleurs la confession chrétienne, qu’il y ait sacrement comme chez les catholiques ou bénédiction comme chez les protestants.

Mariage « plus vieux, mariage heureux » a proclamé le prêtre après le recueil des consentements et le tonnerre d’applaudissement qui a retenti dans l’Eglise.

Personne n’en doute que ce mariage sera heureux, quoiqu’il advienne dans la vie de ce couple. Qui a encore de longues années à vivre, car même s’il est « plus vieux », le couple vient à peine d’atteindre la quarantaine…Et ils sont l’un comme l’autre, déterminé à faire ce qu’il faut pour s’inscrire dans la durée.

Et vous, vous irez à des mariages cet été ?

Je vous souhaite un bel été à tous, amis lecteurs.

Amicalement comme toujours.

Catherine

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Dimanche 23 juin 2019

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Je n’en croyais pas mes yeux lorsque j’ai vu sur l’écran de mon téléviseur les images de ces vaches « sur l’eau ».

Il s’agissait d’un reportage sur une innovation de l’agriculture hollandaise : une étable flottante d’une trentaine de vaches située dans le port de Rotterdam. La ferme est présentée comme étant à la pointe de la technologie. Elle fonctionne à l'énergie solaire avec des robots qui se chargent de la traite du lait 24 heures sur 24. Les vaches y sont attirées par des friandises (!) et s’y rendent deux à trois fois par jour. Les images montrent des bêtes globalement bien traitées. On en voit une se faire brosser l’arrière train par un rouleau un peu comme celui qui existe dans les tunnels de lavage des voitures.

Seulement il manque à mes yeux l’élément essentiel pour un ruminant : l’herbe !

Certes, vous allez me dire que les vaches ne sont pas toujours au pré, qu’elles passent une partie de leur temps à l’étable. Mais tout de même, il me semble qu’elles sont faites pour vivre, si ce n’est toujours, au moins une grande partie de leur vie dans l’espace qui leur convient à savoir la terre ferme couverte d’herbe si possible. Les bêtes de la ferme flottante, elles, mangent de l’herbe qui provient de la tonte des stades, des granulés et des résidus des brasseries, elles sont bien nourries mais elles ne broutent jamais !

Plus étonnant encore, dans la ferme flottante rien ne se perd : les excréments sont récupérés, filtrés et la partie sèche sert ensuite de litière aux bêtes !

Un bémol dans l’affaire : la production quotidienne de lait n’est que de sept litres. Ce qui est peu pour des vaches laitières. Elles produisent peu explique l’exploitant car elles sont stressées par leur nouvel environnement, ce que je veux bien croire car il y a de quoi !

Si mon grand-père voyait ça, il n’en reviendrait. Il était éleveur et faisait partie de cette lignée de mennonites qui a sélectionné la race montbéliarde, dont le lait donne le fameux comté.

Eh bien, ce sont des montbéliardes justement qui sont installées dans la ferme flottante de Rotterdam, les cousines de celles qui broutent au bout de mon jardin…

Je sais que les hollandais ont des problèmes d’espace et qu’ils ont toujours essayé de gagner du terrain sur la mer. Mais là, mettre des vaches sur l’eau, je trouve que c’est contre nature. Elles sont condamnées à ne jamais arracher un brin d’herbe, or elles sont programmées pour ça, c’est ainsi qu’elles s’alimentent. Non ?

Je ne doute pas un instant que la ferme flottante soit à la pointe de la technologie agroalimentaire.

Je doute par contre qu’elle soit à la pointe de l’écologie, du bien-être animal et d’une exploitation raisonnable de la création. Et je doute de la qualité du lait pour l’alimentation de l’homme.

Qu’en dites-vous ?

Amicalement comme toujours.

Catherine

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Samedi 15 juin 2019

Amis de Murmure, bonjour à tous.

C’est la catastrophe à la maison de retraite. Depuis qu’ Antonin a annoncé sa démission.

Antonin est le professeur de sport. C’est un grand gaillard d’une petite trentaine d’années, élancé et musclé, passionné de Volley. Chaque vendredi matin, depuis 5 ans, il anime l’heure de gymnastique à la maison de retraite, avec un petit groupe de volontaires, motivés et assidus. La moyenne d’âge est de 82 ans et le nombre de participants restreint, 12 personnes, mais la motivation est là.

Le groupe est presque entièrement féminin. Pour beaucoup de participantes, c’était la première fois de leur vie qu’elles participaient à un cours de gymnastique. Antonin a dû expliquer lors de la première séance, le B.A.-BA : porter des chaussures souples (et non des mocassins, pire des escarpins) et des vêtements adaptés (éviter jupes, robes et chemisiers). Le professeur a été entendu, les dames se sont équipées de baskets, tee-shirts et joggings. Il faut dire qu’Antonin a un certain succès auprès des résidentes, sa grande taille et son calme apaisent, et sa force physique rassurent, surtout lors des exercices d’équilibre. Il sera là pour rattraper une éventuelle perte d’équilibre ou chute. Les dames ont confiance en lui.

Du coup, il peut leur faire faire tous les exercices de gymnastiques adaptées possibles : mouvements des bras, des jambes, lancé de balles et ballons, parcours d’équilibre, mémorisation de parcours, exercices pour se relever seul en cas de chute, cardio et même de la boxe ! Tout cela dans une excellente humeur.

Mieux, elles participent aux olympiades annuelles et remportent médailles et trophées qu’elles rapportent fièrement à la maison de retraite. Et les bénéfices sont là : peu de chutes malgré le grand âge, un bon équilibre y compris lorsqu’il faut franchir un obstacle, maintien d’une certaine souplesse : Anne, âgée de 95 ans lève avec aisance les bras au dessus de sa tête, plusieurs fois de suite et sans effort (apparent)… Et Jeanne, 97 ans, fait encore des exercices à la barre, comme une danseuse !

Mais voilà, Antonin a annoncé son départ. Depuis, une déprime s’est installée dans le groupe de gymnastique, plusieurs veulent arrêter. Antonin a beau expliquer que ce n’est pas une bonne idée du tout, les grands-mères rechignent, perdent leur motivation. Sans Antonin, ce ne sera plus pareil…

Voyant cela, Antonin a convié son successeur à assister à la dernière séance. Nouvelle catastrophe : le remplaçant est UNE remplaçante, sportive certes et compétente, mais petite et menue. Les dames doutent de sa capacité à les retenir si elles perdent l’équilibre lors des exercices… En revanche, deux messieurs se sont présentés en vue d’une inscription à la rentrée. Le nouveau professeur ne déplaît pas à tout le monde…

En tout cas, je recommande la gymnastique adaptée. C’est excellent pour la santé et le moral des séniors, hommes et femmes…

Vous ne croyez pas ?

Amicalement comme toujours.

Catherine
 

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Dimanche 2 juin 2019

Amis de Murmure, bonjour à tous ;

Je rentre de Paris où j’ai assisté au baptême de mes deux petits cousins, Gaspard et Auguste, respectivement 3 ans et 1,5 ans.

Le baptême a eu lieu le samedi matin à 11h, en l’Eglise Saint Eugène - Sainte Cécile (là où Jules Verne s’est marié) dans le 9ème arrondissement, en plein cœur de Paris.

Le prêtre nous a accueillis (40 adultes et 20 enfants) sur le parvis de l’Eglise et a commencé par présenter le patrimoine religieux que constitue l’Eglise Saint Eugène, classée aux monuments historiques. J’ai fait le lien avec le regain d’intérêt pour le patrimoine religieux qu’a suscité l’incendie de Notre Dame de Paris ; effectivement, l’assistance était très attentive aux explications architecturales et historiques. L’église Saint-Eugène, qui date du milieu du XIXème siècle, présente en fait la particularité de posséder une ossature en métal, une solution plus économique qu’une construction traditionnelle en pierres.

Une fois tous entrés dans l’Eglise, la célébration a pu débuter. Le prêtre a opté pour une célébration « qui prend son temps ». Non seulement il a accompli les rites, mais il les a tous expliqués un à un en faisant œuvre de pédagogie. Et ça fait du bien, y compris à ceux qui pensent connaître leur signification. Il rejoint en cela l’intuition d’Hélène BRICOUT (la catholique) et de Jérôme COTTIN (le protestant), tous deux professeurs de théologie pratique, pour qui il est urgent de réexpliquer les rites chrétiens, lesquels peuvent constituer une porte d’entrée dans la foi. Il a pris le temps aussi de prêcher longement à partir des textes liturgiques du jour. Et la formule fonctionne plutôt bien. L’assemblée, pas très pratiquante dans l’ensemble, s’est posée, semblait à l’aise et était participative.

Au moment du baptême des deux petits garçons, le célébrant a réuni tous les enfants de l’assistance (une vingtaine) autour du baptistère. A chaque geste accompli (onction avec l’eau puis le saint chrême, remise du vêtement blanc, allumage du cierge) le plus jeune des baptisés applaudissait ! Le frère aîné était lui très sérieux et recueilli.

Puis nous avons quitté St Eugène pour nous rendre à pied, en empruntant les passages couverts, dans un bistrot chic et convivial non loin du Palais Royal où nous avons déjeuné dans une ambiance très joyeuse.

Au menu : tout le raffinement parisien…

Belle Ascension à vous.

Amicalement comme toujours.

Catherine
 

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Mardi 21 mai 2019


 

Amis de Murmure, bonjour à tous.


 

Voilà trois semaines que je n’ai pas écrit. Je n’oublie pas Murmure ; je me remets juste de mes émotions après les grands oraux de licence (de théologie). On a beau anticiper, s’y préparer et relativiser ces épreuves, on en sort tous plus ou moins secoués…

Pour ce qui est de la forme, ça ressemble à « Questions pour un champion ». Vous vous retrouvez face à trois spécialistes d’un domaine, l’Histoire du christianisme par exemple qui à tour de rôle vous questionnent pendant 10 minutes chacun. Vous n’avez aucun temps de préparation ni support.

En Histoire du christianisme justement, sur la période de l’Antiquité, je me suis complètement ramassée sur Constantin, puis sur le gnosticisme ; j’ai fait du Montanisme une gnose, ce qui a agacé le professeur. Je me suis raccrochée aux branches en christianisme du Moyen-Âge (que je redoutais tant) grâce à la Réforme grégorienne que j’ai su expliquer correctement et j’ai assuré (quelques instants) avec la Réforme, grâce à ce cher Zwingli dont j’avais la biographie et la théologie bien en tête depuis que mon fils m’avait demandé de le conduire jusqu’à l’aéroport de Zurich. J’en avais profité pour visiter la ville, parcourir les bords de la Limmat (où avaient été noyés les anabaptistes) ; j’étais allée jusqu’à la Grossmünster, l’église où prêchait le célèbre réformateur suisse.

Mais le plus douloureux fut le grand oral de sciences bibliques. Car j’aime beaucoup ce domaine mais il est si vaste et le programme de lecture était si exigeant (400 versets en grec et en hébreu dont il faut faire l’exégèse) qu’il est difficile d’être à l’aise en la matière. J’avais approfondi les quatre évangiles, les lettres pauliniennes mais manque de chance, j’ai tiré au sort l’Apocalypse ! J’ai su traduire la moitié des versets et évoquer les sept lettres adressées aux églises grâce aux cours de l’École des Ministères (catholique) que j’avais fréquentée autrefois, mais ce ne fut pas glorieux. En Ancien Testament, il a fallu parler « des auteurs deutéronomistes », une hypothèse à laquelle je ne comprends pas grand-chose, mais Dieu merci, ça ne s’est pas trop vu…

Heureusement, j’ai eu une bonne nouvelle durant mon séjour à Strasbourg qui m’a réconfortée : notre professeur d’hébreu nous a annoncé la programmation d’un voyage d’études en Israël à la rentrée prochaine.

Peu importe les résultats aux grands oraux, j’irai.

Vous êtes déjà allé en Israël, vous ?

Amicalement comme toujours ;

Catherine

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Dimanche 28 avril 2019

 

Amis de Murmure, bonjour à tous.

 

Peut-être avez-vous connu la période Disco ?

Si oui, alors vous avez sûrement écouté, et peut-être apprécié, le célèbre tube du groupe Boney M. By the Rivers of Babylone ?

 

Or, j’ai appris cette semaine, non sans surprise, que les paroles de cette chanson étaient tirées du Psaume 137 ! Etonnant non ?

Voici les paroles en français de la chanson qui a fait le tour du monde.

Près des rivières de Babylone

Là nous sommes assis

Oui, nous avons pleuré

En nous souvenant de Sion.

Quand le méchant nous a emmenés en captivité

Il nous a demandé une chanson.

Maintenant comment devons nous chanter

les louanges de Dieu

Dans ce monde étrange.

Laissons les mots de nos bouches

Et la méditations de nos cœur

Etre acceptables en ta présence, ici ce soir.

 

Il y a 40 ans, je suis passée à côté (des paroles). Mais depuis une semaine, j’ai redécouvert cette chanson que j’écoute en boucle.

Vous aimiez Rivers of Babylone ? Alors, il faut la réécouter...

Bonne fête de Pâques (orthodoxe) à vous tous.

Amicalement comme toujours.

Catherine

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Dimanche 14 avril 2019

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Mon fils est parti à l’autre bout du monde (en Nouvelle Zélande) pour faire les vinifs (comprenez les vinifications, c’est l’étape juste après les vendanges). Il a d’abord appris la théorie sur les bancs de l’université, puis la pratique dans les caves de nos voisins suisses. Cette activité saisonnière, intense (comptez 12h de travail par jour) mais brève (quelques semaines) est bien rémunérée et elle permet, si vous êtes organisé, de faire un tour du monde en une année, et trois saisons dont une aux Etats-Unis à condition d’avoir suffisamment économisé pour s’offrir le coûteux visa.

Lors d’un appel en visio, mon fils m’a raconté la rencontre inattendue avec des rabbins israéliens venus dans la cave où il travaille pour presser et vinifier du raisin. A cette occasion, il a découvert l’existence des lois et pratiques alimentaires du judaïsme. Là, il tombait des nues. Il n’avait entendu parler de la cacherout ni à l’école, ni à l’université, ni dans les caves suisses. Alors grande fut sa surprise quand les rabbins lui ont expliqué qu’il ne devait plus toucher aux cuves, pressoirs pneumatiques et filtres, et que c’était eux qui allaient s’en charger et que son rôle à lui serait simplement de leur expliquer le process.

Mon fils s’étonnait de tous ces interdits et rituels. J’ai expliqué qu’il ne s’agissait pas que de commandements archaïques (même s’ils sont anciens) et que l’idée n’était pas comme certains le pensent de suivre un régime alimentaire ou d’ajouter de l’hygiène là où il n’y en aurait pas mais plutôt d’ajouter du sacré dans le quotidien. A la fin du long passage du Lévitique (chapitre 11) consacré à la distinction entre ce qui est pur et impur, il apparaît clairement que l’enjeu est la sainteté (et non la santé ou la moralité). Le respect des interdits et la stricte observance de la loi fait du fidèle un saint. C’est tout l’enjeu du « sacré », de ce que l’on met « à part ». Mon fils, lui a surtout perçu les enjeux identitaires des restrictions. Ce qui n’est pas faut.

Si les catégories du pur et de l’impur lui échappent, il est plus sensible à celles du goût : le vin est bon ou mauvais. Or, il s’avère que le vin « pur » produit ce jour-là par les rabbins n’était pas fameux. Je ne l’aurais pas acheté m’a expliqué mon fils, pour qui ce qui compte avant tout, c’est les qualités gustatives du vin (liées selon lui aux méthode de culture de la vigne, de vinification et d’élevage). Mais en ce domaine, je pense que les références des uns et des autres ne sont pas du tout les mêmes…

Je crains ne pas l’avoir convaincu sur le sens sacré de la cacherout, mais au moins, me suis-je dit, il progressera en anglais auprès des israéliens les jours de production casher car je doute que les rabbins venus d’Israël parlent français, et comme mon fils ne connaît pas un mot d’hébreu, il ne reste que l’anglais.

Mais pour vous, qu’est-ce qui est sacré ?

Amicalement comme toujours.

Shalom !

Catherine

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Samedi 6 avril 2019

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Ça y est !

J’ai passé ce matin l’épreuve (redoutée) de Nouveau Testament de licence. 4 h d’exégèse sur Jean 11, 47-53 (l’épisode dit du complot contre Jésus) après une nuit agitée, où j’avais eu du mal de trouver le sommeil. J’avais amassé tout un tas de documents autour de mon bureau, parce qu’on a droit aux documents et que l’épreuve se passe à domicile (mais en temps limité). Mais je n’ai rien ouvert de ces ressources, pas même le cours du professeur, ni les manuels d’exégèse et encore moins les commentaires sur internet. J’ai tout analysé avec mes ressources personnelles, ce qui n’est pas sans risque et me fait douter à cette heure !

Pour me changer les idées, j’ai participé l’après-midi au ramassage annuel des déchets organisé par ma commune. Il faisait grand beau temps et les participants étaient nombreux (une dizaine de personnes, adultes et enfants). Je me suis retrouvée dans l’équipe « bord de rivière ». Une chance car les bords de Loue sont magnifiques à cette saison et les parcourir est un bonheur. J’étais équipée de gants et de sacs poubelles pour collecter les déchets, verres, canettes, papiers, plastiques et objets divers. Mais à mon grand étonnement, sur les bords de la rivière, eh bien je n’ai rien trouvé ! Et les personnes qui m’accompagnaient non plus. Choux blanc pour tout le monde ! Ce dont on s’est tous réjouit. En fait les riverains sont très respectueux et les pêcheurs nombreux et ils veillent à la préservation de leur espace, exceptionnel il faut dire, car on pêche encore la truite (sauvage) dans cette rivière.

Du coup, on a rejoint l’équipe « bords de chemin ». Là, la collecte a été fructueuse, hélas ! Ce qui m’amuse toujours dans ce genre d’opération, c’est la diversité des objets que l’on peut trouver. Pour ma part, j’ai déniché, hormis les mégots, bouteilles et papiers, des jantes de voiture, un maillot de bain, un porte-couvert, un bidon d’huile, un drap, un ballon…Les messieurs de l’équipe ont hissé des fossés : un matelas, un tapis, un rouleau de linoléum, d’immenses plaques de verre, des bidons, une roue de voiture, des sacs de déchets ménagers…

Ces déchets de bord de route et de chemin augmentent semble-t-il. Les incivilités seraient la cause première de cette augmentation. Soit. Personnellement je crois qu’il faudrait aussi repenser l’aménagement de nos bords de route comme on pense l’aménagement des bords de rivière, pour les rendre « vivables » : aires de stationnement suffisantes et agréables, équipées de toilettes (sèches) propres, et de containers pour le tri sélectif. Ça irait peut-être mieux, non ?

Vous ne croyez pas ?

Amicalement comme toujours.

Catherine

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Samedi 16 mars 2019


 

Amis de Murmure, bonjour à tous


 

Avez-vous manifesté aujourd’hui ?

Avec les gilets jaunes ? Ou pour le climat ?

En ce qui me concerne, j’ai suivi le mot d’ordre de la Fédération protestante de France et j’ai participé à la « Marche du Siècle » pour le Climat. J’avais surtout très envie de soutenir l’initiative de la jeunesse (parfois de très jeunes enfants…) qui cherche à éveiller les consciences et à nous pousser à prendre nos responsabilités en matière d’écologie. Mon amie Marie (une protestante) pense qu’on nous enfume avec cette histoire de réchauffement climatique qui serait dû à l’activité humaine. Elle n’y croit pas. J’essaie de lui faire entendre que même si elle a raison, il faut tout de même qu’on apprenne à vivre plus sobrement, sans polluer notre environnement (à nous en rendre malade) sans accaparer les ressources à notre disposition, sans limite. Des limites, c’est justement ce que les jeunes veulent nous imposer à nous les adultes. C’est un peu le monde à l’envers, mais je pense, contrairement à mon amie Marie, qu’on en a besoin… Et surtout, les jeunes nous mettent en face de nos contradictions : le fait que l’on connaisse les solutions aux problèmes environnementaux et que l’on ne fasse rien (ou insuffisamment). Car c’est la passivité le problème. C’est ce que la jeune militante suédoise Greta Thunberg explique dans ses discours.

Lors de la marche, j’ai retrouvé mon ami Christian (un catholique). Avec Christian, nous avons surtout évoqué le documentaire de la chaine Arte sur « les religieuses abusées, l’autre scandale de l’Eglise » (après la pédophilie) diffusé le 5 mars. Nous avons partagé notre indignation, et surtout notre malaise. Et nous sommes arrivés aux mêmes conclusions : dans l’Église, c’est comme au niveau des Etats en matière de pollution environnementale, c’est la passivité qui gouverne. Or, on connaît les maux (abus de confiance et de pouvoir, exploitation sexuelle de mineurs et de personnes influençables), le mal est donc identifié (puisque je suis capable de le nommer…), des solutions existent (la prévention et la formation, ça existe, et les spécialistes de l’éthique ne manquent pas dans l’Église à ce que je sache !), mais en ce domaine aussi, c’est la passivité qui l’emporte car bon nombre de responsables ecclésiaux n’ont pas pris la mesure de la gravité du mal, « ils n’y croient pas » déplore mon ami Christian (dont les engagements dans l’Eglise sont nombreux). Donc le mal continue à faire son œuvre.

Dès le retour de la manif, mon mari est passé à l’action, il s’est procuré un vélo d’occasion (rose !) qu’il utilise pour les petits trajets du quotidien en remplacement de la voiture. Il a du mérite car le vélo, un ancien modèle (de course) de la marque Mercier est lourd et n’est pas électrifié, or nous habitons une région montagneuse.

De mon côté, j’ai découvert l’existence à la fondation de l’Arche, d’un nouveau Code de conduite validé en décembre 2018 par l’Equipe de Direction Internationale et qui sera présenté aux représentants de la Fédération en Slovénie le mois prochain pour en assurer le déploiement. L’Arche Internationale annonce qu’elle est déterminée à appliquer une politique de tolérance zéro en matière d’exploitation et d’abus sexuels. Bonne nouvelle car il est grand temps d’agir ! Vous ne croyez pas ?

Amicalement comme toujours.

Catherine
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Dimanche 10 mars 2019

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Je rentre de l’aéroport de Zurich, où j’ai accompagné mon fils jusqu’à son avion pour Wellington.

Je ne regrette pas mon escapade en Suisse alémanique. J’ai découvert une ville que je ne connaissais pas et une ambiance différente de la Suisse romande (que je connais mieux). J’ai surtout retrouvé les traces d’un réformateur que j’aime bien, un certain Ulrich ZWINGLI. Bon, je n’ai pas pu visiter la célèbre église Grossmünster où il prêchait car elle était fermée en raison d’un office, alors j’ai tout simplement emprunté le Munsterbrücke, un pont sur la Limmat, pour me rendre à l’église d’en face, tout aussi belle (voire plus), la non moins célèbre Fraumünster qui renferme un trésor : cinq magnifiques et monumentaux vitraux de Chagall. Que j’ai longuement contemplés tout en consultant un cours en ligne du professeur André Gounelle sur les différentes conceptions de la Cène (ou eucharistie), histoire de faire in situ quelques révisions, et en espérant mieux m’en souvenir du fait d’être dans le lieu même où les idées réformatrices sont nées.

En franchissant la Limmat, j’ai vu des hommes grenouilles en train de nettoyer la rivière. Ils étaient nombreux, des hommes et des femmes de tout âge, très bien équipés avec du matériel moderne. C’était extraordinaire tout ce qu’ils sortaient de l’eau : bouteilles et canettes bien-sûr, mais aussi vélo, sièges, pneus, roues, poussettes, plastiques…Ils remplissaient de gros containers installés sur les berges. Les suisses ne font pas dans la demi-mesure. Rien à voir avec la méthode artisanale déployée dans mon village où le nettoyage des bords de la Loue se fait à la main, depuis les berges, avec simplement des gants, des bottes et des sacs en plastique pour collecter les objets. Bon, la méthode est efficace aussi, il faut simplement plus de main d’œuvre et de temps pour arriver au même résultat…

J’ai vu aussi des gens très chics, manger en plein après-midi, à la terrasse d’un café huppé, des saucisses blanches, en les tenant à la main et en mordant dedans. Rien n’a donc changer, me suis-je dit, depuis le temps de la Réforme, où déjà une affaire de saucisse avait mis le feu au poudre : au printemps 1522, des amis de Zwingli mangent des saucisses en plein carême. Ils sont dénoncés aux autorités religieuses, Zwingli prend leur défense au cours de « disputes » organisées par les autorités civiles et religieuses. Zwingli parvient à rallier les autorités civiles contre les autorités religieuses, c’est le coup d’envoi de la Réforme à Zurich, on connait la suite…

En longeant les bords de la Limmat, je me suis souvenu aussi des malheureux anabaptistes qui y ont été noyés au temps de la Réforme toujours, sans que le grand Zwingli ne s’y oppose. Pour cela, je lui en veux beaucoup… Terrible époque que ce XVIème siècle où l’on mourrait pour ses convictions religieuses, et en général d’une mort atroce. Zwingli aussi est mort de mort violente, au champ de bataille.

Dieu merci, Zurich est bien paisible aujourd’hui. On ne risque rien quelles que soient ses convictions religieuses en se promenant au bord de la Limmat…

Amicalement comme toujours.

Catherine

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Jeudi 28 février 2019

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Il arrive qu’un bébé vienne au monde déjà « stressé ». Cela peut être dû à différentes raisons : parce que la naissance a été longue et douloureuse, parce que sa conception a été un parcours du combattant pour ses parents, ou parce que les circonstances de sa venue sont compliquées.

Pour ces bébés là, Sonia a inventé un soin. C’est un bain. Mais pas un bain pour un soin d’hygiène, plutôt une thalassothérapie. Elle recrée dans une petite baignoire, les conditions qui sont celles du ventre maternel : chaleur, eau, position fœtale. Le bébé (tout habillé dans l’eau parfois) est totalement immergé, seul le bout du nez dépasse de l’eau. Sonia lui parle et le maintient dans l’eau et en général, il s’endort, totalement détendu, en tenant le bras ou la main de Sonia.

C’est étonnant à voir. Il faut dire que Sonia maîtrise à la perfection ses gestes et son art du bain au nouveau-né qu’elle pratique depuis plus de 30 ans en tant qu’auxiliaire de puériculture dans une clinique parisienne. Son bain remporte un tel succès qu’elle l’enseigne dorénavant à d’autres professionnels. En ce qui me concerne, c’est en regardant un reportage diffusé au JT de 20h sur TF1 le mois dernier que je l’ai découverte.

Quand j’ai montré le reportage à mon amie Colette, maman de trois enfants et grand-mère pour la quatrième fois depuis quelques jours, elle avait les larmes aux yeux. Car c’est très émouvant de voir des tout- petits si détendus dans les mains de Sonia qui a vraiment un don pour accueillir et mettre en confiance les nouveau-nés.

Vous pouvez voir le reportage à cette adresse ou sur YouTube (le bain de Sonia).

Amicalement comme toujours.

Catherine

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Dimanche 17 février 2019

 

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Je profite du temps de sieste de mes petites filles pour vous écrire.

Je me suis plongée, études obligent, dans la Passion de Perpétue. Mon Dieu ! Je me suis demandé un moment si je pourrais lire ce livre. Il s’agit d’un document historique, très ancien, qui contient le journal d’une jeune chrétienne condamnée à mort en l’an 203, pour avoir refusé de sacrifier au salut de l’empereur romain.

Perpétue avait exactement l’âge de ma fille, 22 ans, lorsqu’elle a été arrêtée (probablement suite à une dénonciation) avec un groupe de catéchumènes de son village proche de Carthage. Le petit groupe est composé d’un couple d’esclaves (elle, est enceinte de huit mois), de deux frères de naissance libre et de Perpétue. Perpétue (qui est issue de la haute bourgeoisie) a tout d’abord été conduite avec ses compagnons d’infortune dans une prison civile. Là, son catéchiste Saturnus les a rejoint, se faisant interner de son plein gré, car il ne voulait pas abandonner ses compagnons arrêtés en raison de leur foi et parce qu’ il voulait achever son initiation en les baptisant. Et c’est dans cette prison, malgré des conditions de vie épouvantables et comme seule perspective une mort certaine, que Perpétue a trouvé la force de consigner par écrit ses dernières pensées. Ce document est extrêmement précieux car il constitue l’un des seuls documents de l’Antiquité rédigé en latin par une femme.

L’écrit est bref, mais étonnant de sincérité et d’authenticité (même s’il a pu faire l’objet comme certains chercheurs le pensent de quelques retouches). Il y a des détails qui ne s’inventent pas. Comme les préoccupations d’une maman qui allaite et qui est séparée de son enfant. Lorsque Perpétue évoque sa situation au début de son journal, son angoisse est palpable. Dieu merci, le temps de son séjour en prison, et grâce à l’intervention d’un diacre, elle pourra s’occuper de son petit garçon et le nourrir.

Une fois son bébé retrouvé, c’est son père que Perpétue évoque, car elle est en conflit avec lui. Lui veut qu’elle sacrifie à l’empereur, qu’elle renonce à la foi et reste auprès de son enfant ce que Perpétue refuse catégoriquement, avec une incroyable détermination, d’autant plus étonnante que dans l’Antiquité il était de coutume qu’une fille obéisse à son père. Une détermination qu’elle manifestera également devant le procureur Hilarianus qui fait tout pour la sauver, mais rien n'y fait, Perpétue réaffirme son identité chrétienne (et son refus de sacrifier). Elle est alors condamnée aux bêtes. Une mort atroce et infamante puisqu’il s’agit de se battre dans les arènes d’un amphithéâtre contre des animaux sauvages après toute une mise en scène destinée à un public voyeuriste, venu se distraire de la souffrance des condamnés.

Dans son journal, Perpétue raconte également quatre songes étonnants qu’elle a faits les jours précédents sa mort et qui donnent un aperçu de ce que pouvait être sa pensée religieuse. Elle dit aussi ses nombreuses prières individuelles et collectives, sa détresse face au malheur qu’elle cause à sa famille, et surtout son désir de vivre son martyre en pleine conscience, dignement et en faisant de ce moment une « victoire ».

Ses actes (ainsi que ceux de ses compagnons dont l’esclave Félicité) et ses écrits (ainsi que ceux du catéchiste Saturnus) ont marqué les esprits, dont celui de deux (très) grands Pères de l’Eglise qui n’avaient pas (du tout) pour habitude de faire référence à des femmes : Tertullien et St Augustin, qui évoquent tous les deux sa Passion.

Je n’ai pas perçu de « désir du martyr » chez Perpétue, mais simplement la volonté totalement folle d’affirmer sa toute nouvelle identité chrétienne, une volonté qui m’a saisie car elle témoigne de nouvelle façon de vivre, de penser et de beaucoup de liberté, à commencer par celle d’oser écrire, un bouleversement de l’ordre social à l’époque où vivait Perpétue.

Amicalement comme toujours.

Catherine


 

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Dimanche 3 février 2019,

Amis de Murmure, bonjour à tous.

J’étais toute contente de retrouver Solange, une amie perdue de vue depuis longtemps. Nous avions été dans la même équipe à l’Ecole des ministères et avions vécu des temps forts ensemble qui avaient créé des liens. Mais la joie des retrouvailles n’a duré que quelques minutes. A peine avions nous repris contact que Solange m’annonçait non pas un cancer, mais deux d’un coup, un à chaque sein ! La maladie venait de lui être annoncée et elle était très éprouvée par la nouvelle et par toute une série d’examens qu’elle venait de subir à l’hôpital. Son anxiété était palpable. Cette nouvelle m’a rendue triste et m’a troublée car elle rappelle à tout un chacun que le cancer est un fléau qui peut vous atteindre à tout moment.

Mon amie a dû sentir mon trouble, alors très vite elle m’a raconté un évènement qui lui avait fait du bien lors de son dernier séjour à l’hôpital : elle y avait reçu le sacrement des malades. Ce souvenir la réjouissait car ce moment avait été une parenthèse heureuse lors de journées éprouvantes physiquement et moralement. Elle m’a confié que ce sacrement lui avait procuré un véritable apaisement, qu’elle avait senti que Dieu s’était fait proche, par l’intermédiaire des mains du prêtre qui appliquaient l’huile sainte, qu’elle avait senti Sa force et Sa présence. Il est vrai que je l’ai sentie un instant réconciliée avec la vie lorsqu’elle me racontait ce sacrement dont elle a témoigné d’ailleurs par un écrit qu’elle a diffusé dans son réseau.

Comme elle s’intéresse aux sacrements, lorsque le documentaire consacré à Jean Vanier intitulé « Le Sacrement de la tendresse » est sorti, je lui ai proposé de m’accompagner pour aller le voir. Nous n’avons pas été déçues ! Car le documentaire, qui allie entretiens avec le fondateur de l’Arche et reportages sur différents foyers de la fondation (à Bethléem, en Inde…), déborde de tendresse (ça change du ton habituel des flux d’actualités). On y découvre la vie en communauté de personnes handicapées mentales avec leurs assistants qui non seulement travaillent dans les foyers mais y vivent ou partagent une expérience communautaire. Le rayonnement des handicapés et de leurs assistants et la tendresse qu’ils se manifestent les uns aux autres sont de vrais miroirs de l’amour de Dieu.

Mais ce qui nous a fait le plus de bien je crois, c’est le débat qui a suivi le film. Car il a été animé par trois jeunes handicapés présents dans la salle. Alors non seulement ils étaient de brillants animateurs, mais ils avaient une joie de vivre et surtout une sincérité dans le propos et une authenticité qui étaient à la fois décapantes et vivifiantes. Car ils n’y vont pas par quatre chemins pour vous expliquer ce qui les fait souffrir (la trisomie par exemple, qui n’est pas « facile à vivre », ce que je veux bien croire) et ce qui les rend heureux : rire, jouer, partager de bons moments ensemble, faire des rencontres, de la musique, profiter de la vie tout simplement.

Profiter de la vie alors qu’on est trisomique, cultiver sa joie de vivre et la faire partager aux autres, n’est-ce pas formidable ? Que demander de plus à la vie…

Amicalement comme toujours.

Catherine

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Samedi 26 janvier 2019

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Ça y est, je viens de poster mon devoir en ligne, j’en ai fini avec le Livre des Juges et mon exégèse du récit de Samson. Quel soulagement ! 20 pages tout de même sur ce juge au comportement bizarre, qui voit venir à lui toutes sortes de malheurs, mais qui n’en fait qu’à sa tête et tout seul, alors qu’il est doté d’une force extraordinaire. Un juge qui paraît limite un peu bête (comme son père l’était déjà), comme s’il avait du mal à comprendre ou qu’il ne voulait pas voir la réalité…alors qu’il est à la tête de tout un peuple tout de même.

Vous avez déjà lu complètement le cycle de Samson ? (et pas que l’épisode avec Dalila)… Franchement, ça vaut le coup de lire ou de relire ce récit qu’on n'entend jamais à l’Eglise car à ma connaissance il ne fait pas partie du cycle de lecture. Il se trouve aux chapitres 13 à 16 du Livre des Juges (dans l’Ancien Testament).

En fait, ce qui m’a le plus étonnée, c’est le burlesque du récit, un style assez inattendu dans la Bible. Avec Samson, on n’est pas loin parfois du style déjanté de la Vie de Brian des Monty Python (ce n’est pas moi qui le dis, mais de très sérieux exégètes). Le burlesque naît en fait d’un détournement du genre épique où en principe la dignité du héros est en harmonie avec le registre littéraire. Or, dans le cas de Samson, il y a bien harmonie, mais entre l’indignité du personnage et les bizarreries du récit, du genre : combattre tout seul une troupe ennemie avec comme arme unique une mâchoire d’âne. Le lecteur s’attend à des actions de la part du héros à la hauteur de la situation à savoir la survie, largement compromise, du peuple d’Israël, or on lui décrit les aventures sentimentales d’un héros solitaire et égocentrique, qui réalise toutes sortes d’exploits physiques improbables (transporter les portes d’une ville à une autre) dans le seul but d’assouvir un désir de vengeance personnelle.

Sans parler du caractère décalé de la fameuse énigme posée aux Philistins, énigme qui n’en est pas une et qui déclenche une série de représailles particulièrement violentes (brûler des récoltes, mettre sur le bucher toute une famille), sans que le lecteur ne soit véritablement atteint par le récit des actes de violence, le récit le « tirant » plutôt vers les rebondissements de la vie sentimentale du héros (avec son épouse, une prostituée, sa maîtresse, toutes issues du clan philistin). Sans parler non plus de l’ironie de la situation, quand les judéens se retrouvent à lier leur frère Samson pour le compte des philistins. Ou des fantasmes sadomasochistes entre Samson et sa maîtresse Dalida. Ou encore de l’apothéose finale de l’attentat suicide.

Le burlesque apparaît comme une antidote contre la désespérance provoquée par l’absurdité du monde et la stupidité. Rien ne va, mais Dieu est là tout de même, même quand tout se décompose, qu’il n’a plus de partenaire pour faire alliance. Il se sert de l’anti-héros Samson pour faire avancer l’histoire.

Le cycle de Samson (une merveille de composition littéraire) sert de soupape dans le livre des Juges, on rit un peu entre une période difficile de l’histoire d’Israël (avant Samson) et le pire qui doit venir encore après avec un crime atroce commis sur une pauvre femme, une guerre civile et le rapt des filles de Silo.

Samson s’amuse durant tout le récit, et amuse les autres jusqu’au jour de sa mort où il fait le clown devant la cour philistine. Et tout laisse à penser que probablement, « Celui qui siège aux cieux rit » (Ps 2,4) aussi car le rire sauve...

Amicalement comme toujours.

Catherine.

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Vendredi 11 janvier 2019

 

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Un bref message aujourd’hui pour vous parler d’une vidéo qui fait le buzz sur les réseaux sociaux depuis quelques jours : celui du groupe de musique TRAF à la Cathédrale de Reims (230 000 vues sur Facebook).

A la demande de l'office de tourisme, trois Rémois ont réalisé un clip depuis la cathédrale de Reims et le marché de Noël avec de belles images de drones et une musique électro spécialement composée en hommage à la cité des Sacres.

Vous pouvez le voir à cette adresse

Ou vous rendre sur la page Facebook de Léo GINAILHAC Photo Vidéo.

Personnellement, j’aime beaucoup.

Belle contemplation et bonne semaine à vous.

Amicalement comme toujours.

Catherine

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Vendredi 4 janvier 2019

Amis de Murmure bonjour à tous.

J’ai fini l’année 2018 dans la tristesse puisque le 31 décembre, j’ai perdu ma tatie Jeannette. Elle était très âgée et affaiblie mais avait gardé toute sa tête comme on dit. Elle n’oubliait jamais de me téléphoner le jour de la Sainte Catherine pour me souhaiter ma fête, un prétexte pour faire la causette et se donner des nouvelles.

Les derniers temps, je redoutais un peu ses appels car son humeur avait considérablement changé. Elle était non seulement triste, mais aussi dépressive depuis la mort de son époux avec qui elle avait été unie 60 ans. En effet, elle ne s’était pas remise de son décès et elle aurait souhaité partir en même temps que lui. Elle enviait presque un couple de son entourage qui avait fait le choix, une fois parvenu à un âge très avancé, de se suicider ensemble. Je lui avais tout même fait remarquer que pour l’entourage (elle avait 4 filles et 16 petits et arrière-petits enfants), perdre les deux parents le même jour par suicide, c’était tout de même très rude, ce qu’elle avait volontiers admis. Mais voilà, dès qu’elle évoquait son époux, invariablement, elle se mettait à pleurer.

Je dois dire que Jeannette et Pierre formait un couple très uni, qui faisait envie. Ils ont été pour moi une référence en matière de vie conjugale, tout du moins à partir de ce que j’ai perçu de leur vie de couple (qui est forcément partiel). Oh, ça n’était pas toujours tout rose, loin s’en faut. C’était même parfois très tendu quand on passait chez eux à l’improviste parce que la moisson battait son plein, que Pierre était épuisé par les nuits sans sommeil, qu’elle avait couru toute la journée dans les champs pour apporter le ravitaillement et aidé à décharger les bottes de paille. Ou qu’il avait fallu régler des affaires familiales compliquées. Mais cette ambiance ne durait pas, et toujours, ils s’entraidaient l’un l’autre, se soutenaient mutuellement et restaient attentifs et attentionnés. S’ils se faisaient des reproches, ce n’était jamais méchant, et après une dispute, l’un ou l’autre avait une intention affectueuse pour manifester son attachement. Ils se pardonnaient mutuellement leurs maladresses, et « quand quelque chose entre eux était cassé, on réparait » m’avaient-ils expliqué.

Je garde toujours présent à l’esprit cette idée qu’une réparation possible dans une relation (pas uniquement conjugale d’ailleurs), c’est très important.

Et puis ils étaient très croyants et pratiquants. Il y avait un plus dans leur vie de couple, un rayonnement. Leur foyer était chaleureux et accueillant.

Mais voilà ce foyer n’est plus, maintenant il faut tourner la page, et passer en 2019.

A ce propos, je vous adresse tous mes meilleurs vœux, que 2019 vous garde en bonne santé, en paix et le cœur joyeux tout au long de l’année à venir.

Amicalement comme toujours.

Catherine

 

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