Oikoumene 

 

LES ETONNEMENTS DE CATHERINE

 

Catherine, protestante d'origine, s'est mariée avec un catholique.
Depuis, elle est membre active de sa paroisse catholique.

 

Mercredi 17 janvier 2018

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Ça y est, je me suis fait avoir. Ça s’est passé samedi dernier. Poussée par mon époux, je me suis rendue en sa compagnie à une journée de formation organisée par le Diocèse et destinée aux acteurs de la préparation au mariage. J’avais bien des choses à faire mais j’ai dit « oui » car le sujet m’intéressait, ou plutôt l’intervenante, Hélène BRICOUT, une théologienne de l’Institut catholique de Paris, spécialiste du mariage. Oui, car j’ai fait un devoir en théologie pratique sur l’accompagnement pastoral des couples qui se préparent au mariage (et je fais aussi de la préparation au mariage avec mon mari et un couple d’amis). Or, j’avais très envie d’entendre le son de cloche catholique sur le sujet.

C’est donc pleine de curiosité que je me suis rendue à la maison diocésaine et que j’ai retrouvé mes amis catholiques. Je n’ai pas été déçue. Grâce à l’enseignement (de haut niveau) d’Hélène Bricout, j’ai fait plein de découvertes : l’exhortation apostolique Amoris Laetitia tout d’abord, qui est pleine de bon sens évangélique et de pragmatisme ; j’ai découvert aussi, au plan pédagogique, tout l’intérêt d’utiliser le rituel du mariage (la liturgie) comme support d’initiation des couples. Je me suis imprégnée de l’art du dialogue que pratique Hélène (à la suite de Jésus qui était un maître en la matière). Par exemple : ne pas demander à un couple de fiancés « pourquoi  voulez-vous vous marier à l’église » mais plutôt : « pourquoi est-ce important pour vous de vous marier à l’église ». Enfin, je suis repartie avec un diaporama présentant le sacrement du mariage. Plus toute une série de fiches pour animer des séquences avec les couples. Si j’ajoute à ces outils le manuel de préparation au mariage que m’a donné Gabriel, mon professeur de théologie pratique (un adventiste) de 189 pages, je suis en mesure d’animer un séminaire de préparation au mariage de 15 jours au moins (je plaisante…). Bon, je me contenterai de combiner les supports des deux bords et d’en faire mon miel.

Seulement voilà, il y a eu le temps du repas. Un moment convivial, opportun pour les retrouvailles et les discussions. On en était au dessert, où nous a été servie une galette des Rois. J’ai eu la fève, un sujet en céramique plutôt joli qui représentait un hibou. Un convive m’a tendu une couronne que j’ai posée sur ma tête et qui a dû servir de signal. Alors que je contemplais mon hibou, hypnotisée par ses gros yeux, Gilles (encore un…) s’est accroupi entre mon mari et moi et nous a magnifiquement vendu l’idée de rejoindre l’équipe diocésaine de préparation au mariage. Bref, on s’est fait recruter… Et nous voilà avec une nouvelle mission. Donc du travail en plus.

C’est étonnant tout de même, jamais je n’aurais imaginé en démarrant mes études de théologie, m’intéresser au sujet du mariage. C’est les autres qui m’y poussent, à commencer par mon mari, puis mon professeur de théologie protestante et maintenant les cathos…

Amicalement comme toujours.

Catherine

oOo

Mardi 9 janvier 2018

Amis de Murmure, bonjour à tous.

Rions un peu si vous voulez bien. Même (ou surtout) Dieu rit. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est l’auteur des psaumes (2,4) et le Pape François aussi. Donc ça doit être vrai.

J’ai reçu dernièrement sur ma page Facebook, les « perles » du libraire Jean-Baptiste Mus. Or, ce genre de cocasseries me fait beaucoup rire en général. J’adore les bricolages verbaux que les gens peuvent inventer à partir d’un titre d’ouvrage qu’ils ont entendu (et non lu…). Jean-Baptiste Mus, qui en plus d’être libraire a un excellent coup de crayon, a illustré ses perles. Vous pourrez en retrouver certaines sur son site jbMus , rubrique « libraire et fier de lettre ».

Mais on peut tout à faire rire de ses perles de librairie sans voir les illustrations. Une perle commence toujours par « vous avez… ? ». Ça donne :

- d’une jeune femme BCBG : vous avez Les gens heureux boivent de la bière et se droguent ? pour "Les gens heureux lisent et boivent du café" d'Agnès Martin-Lugand,

- d’une dame en manteau de fourrure : vous avez le livre qui a un rapport avec la musique bien que ce soit un livre, le Stravinsky code ? Pour « Da Vinci Code » de Dan Brown,

- d’une ado : vous avez Liliane va au lycée avec Homère ? Pour « L'Iliade et l'Odyssée » d’Homère,

- d’un ado avec un skate sous le bras : vous avez Le pare-pierre de Civil de Bon Marché ? Pour « Le barbier de Séville » de Beaumarchais,

- d’un jeune homme : vous avez On the road de Jacques Quezac ? Pour « Sur la route » de Jack Kerouac,

- d’une dame d’un certain âge : jeune homme, vous avez Fantômette se fait sauter ? Pour « Fantômette fait tout sauter » de Georges Chaulet,

- d’un lycéen : vous avez Le copain perdu de Paul Newman ? Pour « L’ami retrouvé » de Fred Uhlman,

- de sa copine : vous avez L’écume des jours de Boris Evian ? Pour « L’écume des jours » de Boris Vian,

- une dernière qui fait un peu mal au cœur : vous avez La suite du Journal d’Anne Franck » ?

C’est amusant non ? Et ce n’est pas méchant…

Amicalement comme toujours.

Catherine

 



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Mercredi 3 janvier 2018,

 

Amis de Murmure, bonjour à tous.,

 

Heureuse de vous retrouver sur un Murmure tout neuf en ces premiers jours de l’année. C’est tout de même une bonne nouvelle que le site fonctionne à nouveau.

Je ne sais pas vous, mais moi, j’ai passé un Noël totalement inattendu. Le 24 à midi, je me rendais au CHU voisin pour accompagner un proche qui se plaignait de troubles de la vision survenus soudainement (une barre noire dans le champ de vision !). Séance tenante, et après avoir appelé le médecin de garde, j’ai abandonné ma cuisine pour conduire mon parent aux urgences. Le malade serait bien resté couché, mais j’ai tenu bon, il fallait se mettre debout, et se rendre en vitesse à l’hôpital.

Et là, j’ai redécouvert les urgences médicales. Je m’y étais déjà rendu à plusieurs reprises, dans le passé, quand mes enfants étaient petits. Or les choses ont bien changé. En bien.

Le gardien à l’entrée de l’hôpital était informé de ma venue par le service de secours et m’a immédiatement ouvert la barrière. Des pompiers m’ont donné un coup de main à l’arrivée pour me procurer un fauteuil roulant et conduire le malade aux urgences pendant que je garais mon véhicule. Un infirmier coordonnateur a pris le malade en charge sur le champ pour une orientation aux urgences ophtalmiques. Dans la demi-heure qui a suivi, le temps que la pupille se dilate, le diagnostic était posé : une NOIA. Un joli nom pour une atteinte redoutable du nerf optique (due à un problème vasculaire) qui peut entraîner une cécité. S’en est suivi une longue série d’examens médicaux qui ont duré jusqu’à minuit, examens neurologiques, cardiaques, sanguins en vue de déterminer la cause de la NOIA. A 23h30, le neurologue m’appelait pour me confirmer le diagnostic et m’informer de la mise en place rapide du protocole de soin : de la cortisone à haute dose.

J’ai apprécié ce soir-là, la disponibilité des personnels des urgences, de l’aide-soignant au chef de service en passant par la flopée d’internes (très détendus, limite joyeux parfois) qui se préoccupaient tout autant de l’électrocardiogramme que du bassin. J’ai apprécié aussi l’organisation de la communication : la « salle de dialogue » où les échanges entre soignants et famille ou malade sont confidentiels et intimes, la présence d’un infirmier coordonnateur, très pédagogue, qui explique au malade le diagnostic et le traitement administré.

Seules une ou deux guirlandes accrochées par-ci par-là rappelaient qu’on était la veille de Noël. Pour les soignants, cette soirée était semblable à toutes les autres. Ils travaillaient et veillaient sur leurs patients alors que d’autres réveillonnaient. Ça s’appelle du dévouement je crois. Même s’il est organisé institutionnellement, on le ressentait. Peut-être un peu plus ce soir-là, qu’un autre soir…

C’était réconfortant.

Amicalement comme toujours.

Catherine

PS : Je vous adresse tous mes voeux pour 2018. Que cette nouvelle année vous apporte sérénité et épanouissement sous le regard bienveillant de Dieu, comme nous l’a écrit Gabriel, mon professeur de théologie pratique.

 

oOo

 

Samedi 18 novembre 2017

 

Amis de Murmure, bonjour à tous.

 

Heureuse de vous retrouver sur Murmure après cette longue interruption.

Il faut que je vous raconte la visite que j’ai eue dernièrement d’une famille tibétaine. La pastorale des migrants nous a signalé un jour la présence d’un couple de réfugiés arrivés depuis peu et nous a sollicités pour qu’on les rencontre. Nous nous sommes donc empressés de prendre contact et de les inviter à déjeuner un dimanche à midi.

A partir de là, nous sommes allés de surprise en surprise (eux aussi je pense).

Nous avons tout d’abord eu un peu de mal à discerner dans leur identité ce qui était leur nom et prénom. Ils ne signaient pas toujours leur message avec le même nom et nous avons cru nous être trompés à plusieurs reprises, et pour cause, les tibétains n’ont qu’un nom, ils n’ont pas de prénom. En arrivant en France, ils ont donc bricolé leur nom, qu’ils ont découpé pour en faire un composé nom+ prénom, en choisissant comme prénom les syllabes les plus faciles à comprendre par les français. Oui, parce qu’ils ont bien l’intention de rester en France, lui étant réfugié politique. Il risque la mort s’il retourne au Tibet en raison de ses activités d’opposant à la Chine. Donc il a l’intention de demander la naturalisation dès qu’il aura le fameux niveau B2 en français. Ce qu’il ne devrait pas tarder à obtenir. Après 300h de formation, lui et elle parlent déjà bien le français. On pouvait assez bien se comprendre. Lui avait recours à l’anglais qu’il parle couramment lorsque le français était insuffisant. Il faut préciser que notre ami tibétain est traducteur de métier, et qu’il parle et lit couramment le chinois, en plus de l’anglais, d’où une certaine facilité dans l’apprentissage des langues étrangères. J’imaginais, en raison de la proximité avec la Chine, que le tibétain était une langue proche du chinois or pas du tout, le tibétain se rapproche de l’hindi.

Mais le plus étonnant je crois, est le prénom que le couple a donné à son petit garçon né en France. Ils l’ont prénommé Emmanuel. J’en avais conclu un peu trop rapidement que le couple était chrétien. Or ils sont bouddhistes, mais peu pratiquants nous ont-ils précisé. Mais alors pourquoi ce prénom ? A cause du nouveau président de la République française qui venait d’être élu lorsque le bébé est né ! Ils voulaient même appeler le bébé Emmanuelmacron. Mais là, l’assistante sociale leur a expliqué que Emmanuel seul, c’était parfait, mais qu’ajouter « macron » en plus, ce n’était pas une bonne idée…

Il faut savoir que le petit Emmanuel a un second prénom tibétain que j’ai été incapable de répéter mais dont j’ai retenu la signification : Prince du Tibet. Emmanuelmacron-Prince-du-Tibet : quel beau programme ! Du coup, je n’ai pas osé dire aux jeunes parents qu’Emmanuel signifiait « Dieu parmi nous »…

J’aurais peut-être dû ?

 

Amicalement comme toujours.

 

Catherine

 

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