Dimanche 20 septembre 2020

Dsc0033 copie 1 5

Allez à ma vigne, vous aussi.’


 

25e dimanche dans l'année A


 

Lecture du livre du prophète Isaïe(Is 55, 6-9)

Cherchez le Seigneur tant qu’il se laisse trouver ;
invoquez-le tant qu’il est proche.
    Que le méchant abandonne son chemin,
et l’homme perfide, ses pensées !
Qu’il revienne vers le Seigneur
qui lui montrera sa miséricorde,
vers notre Dieu
qui est riche en pardon.
    Car mes pensées ne sont pas vos pensées,
et vos chemins ne sont pas mes chemins,
– oracle du Seigneur.
    Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre,
autant mes chemins sont élevés au-dessus de vos chemins,
et mes pensées, au-dessus de vos pensées.

* * * * * *

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu(Mt 20, 1-16)

En ce temps-là,
Jésus disait cette parabole à ses disciples :
    « Le royaume des Cieux est comparable
au maître d’un domaine qui sortit dès le matin
afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne.
    Il se mit d’accord avec eux sur le salaire de la journée :
un denier, c’est-à-dire une pièce d’argent,
et il les envoya à sa vigne.
    Sorti vers neuf heures,
il en vit d’autres qui étaient là, sur la place, sans rien faire.
    Et à ceux-là, il dit :
‘Allez à ma vigne, vous aussi,
et je vous donnerai ce qui est juste.’
    Ils y allèrent.
Il sortit de nouveau vers midi, puis vers trois heures,
et fit de même.
    Vers cinq heures, il sortit encore,
en trouva d’autres qui étaient là et leur dit :
‘Pourquoi êtes-vous restés là,
toute la journée, sans rien faire ?’
    Ils lui répondirent :
‘Parce que personne ne nous a embauchés.’
Il leur dit :
‘Allez à ma vigne, vous aussi.’

    Le soir venu,
le maître de la vigne dit à son intendant :
‘Appelle les ouvriers et distribue le salaire,
en commençant par les derniers
pour finir par les premiers.’
 Ceux qui avaient commencé à cinq heures s’avancèrent
et reçurent chacun une pièce d’un denier.
 Quand vint le tour des premiers,
ils pensaient recevoir davantage,
mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d’un denier.
    En la recevant,
ils récriminaient contre le maître du domaine :
    ‘Ceux-là, les derniers venus, n’ont fait qu’une heure,
et tu les traites à l’égal de nous,
qui avons enduré le poids du jour et la chaleur !’
    Mais le maître répondit à l’un d’entre eux :
‘Mon ami, je ne suis pas injuste envers toi.
N’as-tu pas été d’accord avec moi pour un denier ?
    Prends ce qui te revient, et va-t’en.
Je veux donner au dernier venu autant qu’à toi :

n’ai-je pas le droit de faire ce que je veux de mes biens ?
Ou alors ton regard est-il mauvais
parce que moi, je suis bon ?’

    C’est ainsi que les derniers seront premiers,
et les premiers seront derniers. »

* * * * * * 

Homélie

Rarement la dernière phrase de la 1ere lecture n’aura si bien illustré l’Evangile que nous venons d’entendre : « Autant le ciel est élevé au-dessus de la terre, autant mes chemins sont élevés au-dessus de vos chemins, et mes pensées, au-dessus de vos pensées. » Cette phrase qu’Isaïe prête à Dieu s’applique parfaitement à cette parabole des ouvriers de la 11ème heure, car ce n’est vraiment pas la logique humaine que de rétribuer également ceux qui travaillent une heure comme ceux qui travaillent toute une journée. Mais il ne s’agit pas de demander à Dieu de nous ressembler au contraire, c’est bien à nous d’essayer d’épouser les mœurs de Dieu. Pour ce faire, essayons de ben comprendre cette parabole.  

La première bonne nouvelle de cet Evangile, c’est que Dieu (représenté pas le Maître du domaine dans la parabole) a besoin de tout le monde, à tout moment, pour travailler à sa vigne. Oui Dieu sort tout le temps à la recherche de l’Homme, comme dans la parabole de la brebis perdue, Il a soif d’entrer en relation avec l’Homme, et (pour paraphraser St Augustin) il est sans repos tant qu’il ne demeure dans le cœur de l’Homme.

Seconde bonne nouvelle : si la rétribution du travail représenté par le denier est le symbole de l’amour de Dieu, alors cet amour est le même pour tous, qui que nous soyons et quoi que nous ayons fait !  La bonté de Dieu ne fait pas de tri entre les humains, comme Jésus le dit très bien dans un autre passage de l’Evangile de Matthieu : « il fait briller son soleil sur les bons comme sur les méchants » (Mt 5, 45). Mais si l’on veut être honnêtes, est-ce pour nous une si bonne nouvelle que cela ? Est-ce si évident pour moi d’accepter que Dieu soit bon avec tous, quoi que nous ayons fait ? Est-ce qu’au fond ça ne me gêne pas un peu que celui qui en fait moins que moi soit autant aimé que moi ? Allez soyons francs : ce n’est pas si facile d’accepter que celui qui fait du mal ou qui ne fait aucun effort ait la même rétribution que moi ! Non ? Finalement, cet Evangile est dérangeant, il vient bousculer notre conception de la justice.

Il faut bien avouer que cette notion de rétribution au mérite est toujours présente quelque part en arrière plan quand nous pensons à Dieu : intuitivement, nous pensons qu’il devrait répondre à la hauteur de nos efforts et selon notre mérite. C’est le Dieu du contrat dont parle Marion Muller Collard dans son livre « L’autre Dieu ». En ce sens, nous ressemblons au fils aîné dans la parabole de l’enfant prodigue, qui a bien du mal à accueillir l’amour que son père porte à son frère qui a dilapidé l’héritage dans une vie de désordre. Mais comment Dieu peut-il aimer une telle personne ? Cela dépasse notre entendement. Oui cette parabole nous invite à penser autrement, à dépasser notre entendement. En fait, tant que nous sommes dans une logique comptable avec Dieu, nous serons gênés par cette parabole. Notre gêne est un bon indice pour savoir quelle relation nous entretenons avec Dieu !

Pour opérer ce dépassement, pour tendre vers ce regard que Dieu pose sur chacun et chacune d’entre nous, je vous invite à vous intéresser quelques instants aux ouvriers qui attendent : qu’attendent-ils ? sont-ils forcément des fainéants ? Je ne pense pas, pour moi ces ouvriers sont des personnes qui souhaitent être embauchées mais qui ne trouvent pas de travail. Peut-être ont-ils peiné toute la journée à la recherche d'un employeur ? On ne sait pas ce qu'ils faisaient avant d’être embauchés et rien ne nous dit qu'ils tiraient au flanc. Peut-être sont-ils fatigués et découragés par cette journée sans succès, lorsqu’ils rencontrent ce maître qui leur propose enfin d’œuvrer dans sa vigne, se disant intérieurement : "s'il nous embauche, ne serait-ce qu’une heure, ce sera toujours mieux que rien, au moins on n'aura pas trimé toute une journée pour rien".

Il peut nous arriver à nous aussi, de nous sentir inutiles, sans possibilité de donner le meilleur de nous-même parce que personne ne veut de nous et ne croit en nous ! Or là, enfin quelqu’un croit en eux, quelqu’un leur fait confiance, il leur offre l’opportunité de donner le meilleur d’eux même ; alors ils foncent, ils ne rechignement pas, ils disent oui tout de suite, sans même prendre le temps de parler salaire, tellement ils sont heureux de trouver enfin du travail, même s'ils savent qu'ils ne gagneront pas suffisamment pour nourrir leur famille aujourd'hui.

Le maître sait tout cela, il sait qu'ils n'ont travaillés qu'une heure et que ce qu'il leur donne correspond au travail d'une journée entière, mais comment pourrait-il les renvoyer sans un minimum pour manger ? Vous voyez le cœur de Dieu ? Vous le sentez battre amoureusement pour tous les humains ? Le maître prend en compte la fatigue due à la journée de recherche et le besoin de chacun de pouvoir vivre de leur travail. Voilà la logique de Dieu, voilà les mœurs de Dieu. Nous sommes invités à imiter Dieu dans sa façon d'aimer sans compter et sans calculer, d’aimer en ayant un regard large sur les autres, et sur nous-même.

C’est la rentrée, après ce temps de vacances, un nouveau temps commence. Beaucoup d'entre nous repartent avec des soucis, avec une certaine inquiétude. Il y a des raisons pour cela, je le sais. Mais voilà que Dieu, par la bouche de Jésus, nous redit aujourd’hui que rien n’est perdu pour Lui, qu’il est capable de ressusciter nos temps mort et de recycler nos temps apparemment perdus, car tout sert à quelque chose pour Dieu, toute notre vie est utile, même les moments noirs, les moments difficiles, tout est précieux pour Dieu, tout a du prix à ses yeux : l’actif comme l’inactif, le travailleur comme celui qui est cloué sur son lit d’hôpital, la jeunesse comme le grand âge, que nous œuvrions pour lui à la première comme à la 11ème heure, tout a du prix aux yeux de Dieu.

Puissions-nous nous regarder ainsi les uns les autres.

Amen

Gilles Brocard

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

mme, comment peut-il demander à Dieu la guérison ? S’il n’a pas de pitié pour un homme, son semblable, comment peut-il supplier pour ses péchés à lui ? Lui qui est un pauvre mortel, il garde rancune ; qui donc lui pardonnera ses péchés ? Pense à ton sort final et renonce à toute haine, pense à ton déclin et à ta mort, et demeure fidèle aux commandements. Pense aux commandements et ne garde pas de rancune envers le prochain, pense à l’Alliance du Très-Haut et sois indulgent pour qui ne sait pas.

    – Parole du Seigneur.

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Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains (Rm 14, 7-9)

Frères, aucun d’entre nous ne vit pour soi-même, et aucun ne meurt pour soi-même : si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur ; si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Ainsi, dans notre vie comme dans notre mort, nous appartenons au Seigneur. Car, si le Christ a connu la mort, puis la vie, c’est pour devenir le Seigneur et des morts et des vivants.

    – Parole du Seigneur.

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Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu Mt 18, 21-35)

En ce temps-là, Pierre s’approcha de Jésus pour lui demander : « Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner ? Jusqu’à sept fois ? »   Jésus lui répondit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à 70 fois sept fois.  Ainsi, le royaume des Cieux est comparable à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. Il commençait, quand on lui amena quelqu’un qui lui devait dix mille talents (c’est-à-dire soixante millions de pièces d’argent). Comme cet homme n’avait pas de quoi rembourser, le maître ordonna de le vendre, avec sa femme, ses enfants et tous ses biens, en remboursement de sa dette. Alors, tombant à ses pieds, le serviteur demeurait prosterné et disait : ‘Prends patience envers moi, et je te rembourserai tout.’  Saisi de compassion, le maître de ce serviteur le laissa partir et lui remit sa dette. Mais, en sortant, ce serviteur trouva un de ses compagnons qui lui devait cent pièces d’argent. Il se jeta sur lui pour l’étrangler, en disant : ‘Rembourse ta dette !’  Alors, tombant à ses pieds, son compagnon le suppliait : ‘Prends patience envers moi, et je te rembourserai.’ Mais l’autre refusa et le fit jeter en prison jusqu’à ce qu’il ait remboursé ce qu’il devait. Ses compagnons, voyant cela, furent profondément attristés et allèrent raconter à leur maître tout ce qui s’était passé. Alors celui-ci le fit appeler et lui dit : ‘Serviteur mauvais ! Je t’avais remis toute cette dette parce que tu m’avais supplié. Ne devais-tu pas, à ton tour, avoir pitié de ton compagnon, comme moi-même j’avais eu pitié de toi ?’ Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux jusqu’à ce qu’il eût remboursé tout ce qu’il devait. C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du cœur. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

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Homélie

Vengeance !

Il faut bien le reconnaître, un des comportements les plus naturels de tous les humains, c'est de se venger : tu m'as fait cela, je t'en fais autant. Cette loi est inscrite au fond du cœur de tous les hommes. Elle est même formulée dans les codes civils de toute l'humanité. Et même dans la Bible, où l'on trouve cette disposition : "Œil pour œil, dent pour dent." Remarquez que c'est déjà un progrès par rapport à ce qui se passait avant : il y a limitation, réglementation de la vengeance. Avant la loi, la vengeance était illimitée : tu me crèves un oeil, j'ai le droit de te faire n'importe quoi, et même de te tuer. Je pense au vieux chant de guerre de Lamek, au chapitre 4 de la Genèse : "Caïn est vengé sept fois, mais Lamek soixante-dix sept fois." La loi de Moïse dit : Non, la vengeance doit être limitée. Tu as le droit de rendre le mal qu'on t'a fait, mais pas plus. Ce qui constitue un progrès.

A cette conception humaine, très humaine, de la vengeance (et encore une fois, cette idée est inscrite dans nos cœurs, dans nos esprits) correspondait, dans la Bible, au moins dans les premiers siècles de l'histoire d'Israël, l'idée d'un Dieu de vengeance. Un Dieu qui se vengeait et qui vengeait son peuple du mal qu'on lui faisait, et un Dieu qui punissait le mal. Et cela pendant des siècles : cette idée d'un Dieu-vengeur a prédominé. Puis, petit à petit, sous l'influence des prophètes, il y a eu tout un progrès dans la connaissance de Dieu et dans la conscience de l'homme. Dans la connaissance de Dieu d'abord : on trouve des textes que vous connaissez bien. Ils nous disent un Dieu "lent à la colère et plein d'amour, plein de miséricorde et de bonté." Ah, c'est tout autre chose, cela ! Et en retour, on dit aux gens : "Attention, il ne s'agit pas de se venger aveuglément." Et les rabbins, au temps de Jésus, disaient qu'il faut pardonner. Il faut pardonner même jusqu'à quatre fois. Aussi Pierre pense aller très loin quand il demande à Jésus : "Faudra-t-il pardonner jusqu'à sept fois ?" Jésus lui répond : Non, ce n'est pas cela. Vous n'avez rien compris, ni à Dieu, ni au pardon. D'abord, Dieu, ce n'est pas celui que vous croyez. C'est celui qui remet largement, totalement, toutes nos dettes, sans calcul. Pas quelquefois, mais d'une façon incommensurable. Parce que notre dette est incommensurable.

Une dette incalculable

Pour bien nous faire comprendre cela, Jésus nous raconte une histoire où tous les chiffres sont incroyablement exagérés, démesurés. L'histoire de cet homme qui doit dix-mille talents : une telle somme ne peut même pas se compter, à l'époque. Le revenu annuel du roi Hérode, qui était l'homme le plus riche du pays, n'était pas de mille talents. Les impôts, pour toute la Galilée au temps de Jésus, rapportaient deux-cents talents par an. Vous voyez donc : une dette incommensurable. C'est notre dette envers Dieu. Et cela, on ne le sait pas. On ne le croit pas. Est-ce que j'ai des dettes envers Dieu ? Oui. Pas mes petits péchés. Une dette bien plus importante. Tout. Je lui dois tout. Ma vie, mon intelligence, les dons que j'ai reçus à la naissance, mon caractère, mon histoire personnelle, mon environnement familial, mon environnement social. Le fait que je sois né ici, que je vive dans cette région, que j'aie telle profession. Je lui dois tout. Et je ne m'en rends pas compte. Et le péché, c'est uniquement de retenir pour moi ce que j'ai reçu gratuitement. De fermer le robinet. Je pense : tout cela, c'est à moi. Je ne dois de comptes à personne. C'est cela, mon péché. L'amour, au contraire, que Dieu exige de moi, c'est d'ouvrir le robinet. Et d'être comme Dieu : celui qui donne et qui pardonne. Largement. Dans les grandes choses et les petites. Les cent deniers que doit le camarade, c'est environ six-cent mille fois moins que ce que le premier avait reçu.

Difficile !

Et cela, c'est difficile. C'est difficile, non pas à comprendre : je comprends très facilement que j'ai tout reçu, que j'ai des dettes envers Dieu et que je n'ai pas à retenir quelque chose pour moi. Mais c'est difficile à réaliser dans ma vie. C'est difficile de donner et de pardonner. Parce que, encore une fois, c'est inscrit dans mes gènes, dans ma nature humaine, de me venger. Je pense à Charles Péguy, ce grand poète converti du début du siècle dernier, qui disait : "Moi, je dis facilement les prières. Le "Je vous salue, Marie", ça va tout seul. Mais je n'arrive pas à dire le "Notre Père". Je n'arrive pas à dire : "Pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés". Et au fond, si nous faisons attention à ce que nous disons lorsque nous prions le Notre Père, ne croyez-vous pas qu'on doit se sentir souvent terriblement gênés, en pensant à toutes nos rancunes d'ordre familial, ou de voisinage, ou dans la communauté paroissiale, ou au travail. Ne croyez-vous pas qu'on doit se sentir gênés ?

C'est possible

Alors, on a envie de tout envoyer promener en se disant : Mais, ce n'est pas réalisable, ce que nous demande Jésus. C'est utopique, c'est surhumain ! On en reste à la loi de l'humanité toute ordinaire, celle qui produit les guerres. Or voilà que Jésus nous invite, une fois de plus, à nous dépasser. Il nous dit : Allez, les enfants, ne vous découragez pas. Vous pouvez y arriver. Vous pouvez sortir de la routine de l'humanité ordinaire pour accéder un peu à cette humanité nouvelle que je viens instaurer.

C'est possible. Je vous cite un simple fait, pour terminer. Il y a quelques années, dans une petite ville de notre région, il y a eu un drame affreux : un homme a tué six personnes, avant de se donner la mort. Pendant plusieurs jours, les journaux ne nous ont épargné aucun détail de l'horrible massacre. Ce qu'ils n'ont pas dit, les journaux, c'est ceci : le samedi matin avaient lieu les obsèques du meurtrier dans l'église de ce bourg. Il y avait trois cents à quatre cents personnes à cet enterrement, et parmi l'assistance, des membres des familles des victimes. Et l'on a vu le frère d'une des victimes s'approcher des frères du meurtrier et les embrasser. Après cela, ne venez pas dire que le pardon, c'est impossible.

Frères, je vous souhaite, je nous souhaite d'accéder à cette humanité nouvelle inaugurée par le Christ, et dans laquelle il nous invite à engager notre vie.